Que signifie une VS élevée ?

 

Examen très fréquemment demandé par les médecins, la VS ou vitesse de sédimentation est, toutefois, d’interprétation difficile. Ce n’est pas un examen de dépistage à faire systématiquement, mais il est très utile pour confirmer une suspicion d’un syndrome inflammatoire.

Qu’est-ce que la VS ?


Le sang est constitué d’un liquide (le plasma) dans lequel baignent des cellules (globules rouges, globules blancs, plaquettes). Si l’on met un échantillon de sang dans un tube, les cellules vont sédimenter au fond du tube, sous réserve que le sang ait été préparé avec un anticoagulant. En effet, normalement le sang au repos coagule, pour former un caillot.

La vitesse de sédimentation est le temps nécessaire aux éléments cellulaires sanguins pour sédimenter librement. La VS représente la hauteur en mm du culot de cellules sédimentées, après 1 heure et 2 heures. Classiquement, une VS est dite normale lorsqu’elle est inférieure à 10 mm à la première heure et 20 mm à la deuxième heure.

 

Quels sont les facteurs qui influencent la VS ?


La VS dépend de la capacité d’agrégation des hématies, laquelle est liée aux caractéristiques des globules rouges, à la viscosité du plasma. Son élévation est, en particulier, liée à l’augmentation du taux des protéines de l’inflammation ou des immunoglobulines dans le plasma. Le fibrinogène (protéine précurseur de la fibrine qui forme le caillot sanguin) influence, également fortement la VS. On voit, tout de suite, qu’une élévation de la VS peut traduire la présence d’une inflammation dans l’organisme.

Toutefois, il faut savoir que les conditions de réalisation de la manipulation influent très largement sur les résultats. La température de la pièce, le diamètre du tube, la qualité de l’anticoagulation, la présence de vibrations, la verticalité du tube… sont donc des sources d’erreurs nombreuses. C’est pour ces raisons, que les conditions de réalisation de l’examen sont très codifiées.

 

 

 

 

 

Vitesse de sédimentation

normale

Chez l’homme

Chez la femme

A la première heure

3 mm

6 mm

A la deuxième heure

8 mm

16 mm

A 24 heures

50 mm

70 mm

 

 

Qu’appelle-t-on syndrome inflammatoire ?


Face à une agression, l’organisme réagit en enclenchant un processus inflammatoire. Cette agression peut être infectieuse, physique (brûlure, gelure, plaie…) ou provoquée par un conflit avec une molécule ou une variété de cellules fabriquées par l’organisme lui-même, comme dans le cas de maladies rhumatismales ou le cancer.

Le syndrome inflammatoire biologique désigne les anomalies biologiques accompagnant la réaction inflammatoire. Il comporte une élévation de la VS et des protéines de l’inflammation, ainsi qu’une anémie parfois sévère et une thrombo­cytose (diminution des plaquettes), lorsqu’il est intense ou prolongé.

 

Existe-t-il des conditions physiologiques pouvant expliquer une VS élevée ?

Oui. Les causes d’élévation physiologique de la VS sont le sexe féminin, l’âge et la grossesse (au cours des deux derniers trimestres et un mois après l’accouchement). La température corporelle n’influence pas la VS, tout comme la prise d’aspirine ou d’anti-inflammatoires non stéroïdiens. Mais, il est préférable d’effectuer la mesure à jeun.

 

Que faut-il faire face à une VS élevée ?

Le médecin va rechercher une infection, car cette origine est en cause dans plus de 50 % à 70 % des cas. Au cours des syndromes inflammatoires persistants, sans causes infectieuses, il faut évaluer soigneusement certaines données du patients, en précisant bien sûr les antécédents familiaux et personnels, l’origine ethnique, le mode de vie, la présence d’animaux dans l’entourage immédiat ou professionnel, les voyages récents et en consignant soigneusement les prises médicamenteuses.

 

 

Sur quelles bases interprète-t-on une VS élevée ?


L’élévation de la VS ne peut pas être interprétée sans tenir compte de nombreux autres paramètres. En premier, le contexte clinique est fondamental. La VS n’est pas un examen de dépistage, mais d’orientation. En deuxième lieu, les données biologiques complémentaires comme la formule sanguine et surtout le dosage des protéines de l’inflammation ou l’électrophorèse des protides sanguins seront pris en compte.

Quelles sont les étapes du raisonnement médical en cas de VS élevée ?


Premièrement, l’interrogatoire recherche des signes associés : asthénie, amaigrissement, fièvre, sueurs nocturnes, des signes fonctionnels urinaires, digestifs, ORL… qui pourrait faire suspecter une infection, passée inaperçue. La notion de voyage (maladie tropicale) ou d’écarts alimentaires (contamination alimentaire) devra être écartée. Une attention particulière devra être apportée aux traitements médicamenteux pris par le patient, car certaines molécules peuvent augmenter la VS (diminution avec les anti-inflammatoires, augmentation avec les œstrogènes).

Ensuite l’examen clinique complet devra s’attacher à découvrir le moindre signe pouvant évoquer une infection ou un syndrome inflammatoire. Ainsi, le médecin examinera minutieusement les plis de la peau, la dentition, les zones ganglionnaires… toutes explorations non systématiquement effectuées en routine. Enfin, le médecin écartera les fausses augmentations : grossesse, anémie, obésité, hyperlipidémie…

Au terme de cette double exploration, deux possibilités : des signes orientent vers une cause possible ou l’examen est normal. Dans le premier cas, l’exploration s’orientera vers la pathologie ciblée. Dans le second, une exploration biologique complémentaire du syndrome inflammatoire devra être entreprise.

 

Quelles sont les maladies pouvant être évoquées ?


Au premier rang il faut d’abord penser aux infections bactériennes, certaines parasitoses et aux inflammations rhumatismales : rhumatisme articulaire aigu, polyarthrite rhumatoïde… Ces trois types d’affections représentent l’immense majorité des causes de VS élevée.

D’autres causes rares peuvent être évoquées chez des patients déjà suivis pour une pathologie Chez un patient cardiaque les causes possibles sont : les péricardites, endocardites, artérites, thromboses vasculaires. Une augmentation de la VS est systématique dans les maladies de systèmes : lupus, sclérodermie... Bien sûr, penser aux processus cancéreux et aux maladies sanguines : polyglobulies, mais aussi anémie hémolytiques, hyperleucocytoses (leucémies) ou maladie de Kahler, maladie de Waldenström, maladie de Hodgkin… Sur le plan digestif : les cirrhoses et affections hépatiques, maladies de Crohn…

 

Faut-il s’inquiéter tout de suite ?


Certainement pas. La première des choses à faire si les résultats transmis par un laboratoire d’analyse montrent une VS élevée est de garder son calme et sa sérénité. Le médecin demande cet examen avec d’autres dosages et il a déjà généralement une orientation diagnostique. Donc pas de panique. La VS n’est pas un examen de dépistage dans une population non sélectionnée. Le plus souvent, l’existence d’un syndrome inflammatoire modéré, sans cause identifiée et sans signes cliniques de gravité, ne doit pas faire entreprendre d’explorations invasives. Il faut, simplement, instaurer une surveillance clinique et biologique régulière.


Retour en haut de la page