Le déclin cognitif et sensoriel

 

Avec l'âge, il est normal que de légers troubles de la mémoire ou de l’attention apparaissent ; ils ne signent pas pour autant la maladie d'Alzheimer. Ces troubles traduisent le vieillissement des structures du cerveau. Mais des moyens existent pour retarder ce vieillissement.

 

 

La perte progressive de l’agilité mentale au fur et à mesure que l’on avance en âge est une réalité bien connue et qui relève du sens commun. De nombreux travaux de recherche scientifique et clinique permettent de bien définir ce qui relève du vieillissement normal, de ce que l’on appelle maintenant le déclin cognitif léger.

Ainsi, il ressort que plus de 6 % des personnes de plus de soixante ans, 15 % des personnes de plus de 75 ans et 30 % des personnes de plus de 85 ans manifestent un déclin des fonctions cognitives susceptible d’entraîner une perte d’autonomie allant jusqu’à la dépendance dans leurs activités quotidiennes.

 

Au début, le déclin des fonctions sensorielles

Selon les résultats d’une grande étude américaine, après 57 ans, 94 % des adultes sont atteints de déclin sensoriel. Plus précisément, 94 % des participants âgés de 57 à 85 ans présentent au moins un déficit sensoriel, 38 % deux déficits sensoriels, et 28 % au moins trois.

Certains sens apparaissent particulièrement vulnérables au premier rang desquels le goût. La réduction du goût apparait comme le déficit sensoriel le plus répandu, affectant jusqu’à 74 % des sujets de l’étude. Ainsi, seuls 26 % ont conservé un goût intact, 48 % un goût « médiocre ». Le toucher est également très affecté avec l’âge : seuls 30 % des sujets de l'étude conservent un sens normal du toucher, mais chez 38 % il n’est que passager, et très réduit chez 32 %.

Le déficit sensoriel, rappellent les auteurs, peut avoir des répercussions inquiétantes, comme des brûlures liées à la perte de la sensibilité au toucher, des intoxications alimentaires liées à la perte du goût ou une intoxication par inhalation de fumée liée à la perte de l'odorat.

Mais, surtout, le déclin sensoriel annonce le déclin cognitif. En effet, les sens servent à mettre l’individu en contact avec son environnement. La perte de communication va distendre le lien social, amoindrir les plaisirs de la vie : écouter de la musique, regarder un film, répondre au sourire de son petit fils ou petite fille, dessiner, lire, admirer un tableau, feuilleter un album photo, jouer, bricoler, jardiner…

De plus, toute altération de la quantité et de la qualité des informations va biaiser la reconstitution du réel et induire des réponses inappropriées aux différentes situations. Le déclin sensoriel est un facteur de risque vers le déficit cognitif.

 

Le « déficit cognitif léger », une situation clinique très répandue

La plupart des personnes, au fur et à mesure qu’elles vieillissent, subissent un déclin progressif de leurs fonctions cognitives.

La majorité de ces sujets présentent un état qualifié de « déficit cognitif léger ». « Celui-ci se définit comme une baisse de l’efficience mentale allant au-delà du simple déclin physiologique attribuable au vieillissement, mais ne répondant pas aux critères nécessaires pour diagnostiquer une démence sénile. » Il s’agit donc d’un état intermédiaire entre le vieillissement normal et la démence.

Chez le sujet présentant un déficit cognitif léger, on note une dégradation cognitive objectivable (perte de mémoire, de l’attention...). Les témoignages des proches ou de la personne elle-même rapportent des oublis, une désorientation, des difficultés de concentration ou d’autres difficultés cognitives.

Mais, et c’est fondamental, la capacité à effectuer les activités de la vie quotidienne ou à utiliser des instruments est préservée ou n’est que très légèrement altérée.

Même si l’évolution vers la démence ne concerne qu’une minorité des cas, il convient de diagnostiquer ce déficit afin d’en ralentir l’évolution, car pour la plupart des sujets, il est à l’origine d’une dégradation de la qualité de vie.

 

Le déficit cognitif léger, une réalité établie scientifique

Les techniques de neuro-imagerie permettent de différencier les personnes âgées indemnes de celles ayant un déficit cognitif léger. L’IRM peut mettre en évidence, deux ans avant les premiers troubles cliniques, une perte neuronale de certaines zones cérébrales, en particulier celles impliquées dans la mémorisation.

 

Corriger les facteurs favorisant le déficit cognitif léger

En dehors de l’âge et des prédispositions génétiques sur lesquels il est impossible d’agir, les principaux facteurs de risque de déficit cognitif léger peuvent et doivent être corrigés. Il convient tout d’abord de stimuler la vie sociale du sujet dont on sait l’importance et de prendre en charge une éventuelle dépression. Et surtout, on s’attachera à compenser les facteurs ayant un impact sur la vascularisation du cerveau : diabète, tabagisme, HTA, hypercholestérolémie…

En effet, les travaux récents font de plus en plus ressortir l’importance des facteurs vasculaires et de leurs impacts sur le stress oxydatif prépondérant dans l’ensemble des mécanismes physiopathologiques à l’origine du déficit cognitif léger.

L’ensemble des spécialistes s’accordent à dire que, pour bien vieillir, il faut « doper » son cerveau. Pour cela trois axes.

D’abord, s’activer les neurones. Tout ce qui stimule le cerveau est bon. À chacun de choisir selon ses goûts et ses aptitudes : mots croisés, lecture, cinéma. Mais pourquoi pas plus ambitieux : apprendre à jouer d’un instrument de musique ou prendre des responsabilités dans une association…

 

Ensuite, se bouger. Les chercheurs ont découvert récemment que l’exercice physique stimulait aussi le cerveau. En effet, en augmentant la circulation cérébrale, celui-ci augmente également l’oxygénation des neurones. Il s’agit de pratiquer une activité physique soutenue (marche, natation, danse…) au moins une demi-heure par jour.

 

Enfin avoir une vie saine. Ne pas sauter des repas, car ceci peut entraîner des hypoglycémies préjudiciables pour le cerveau. Manger correctement le matin et à midi. Manger léger le soir, ce qui favorisera le sommeil.

Manger équilibré avec un bon apport en vitamines, en particulier la vitamine E qui stimule la mémoire.

 

 

 

Le cerveau, un organe qui évolue

Contrairement à ce que l’on croyait dans le passé, le cerveau n’est pas un organe immuable. Il évolue constamment tout au long de la vie sous l’influence des stimuli. Stimuli positifs comme l’apprentissage, les informations reçues de l’environnement, les relations sociales… Mais aussi, stimuli négatifs comme les facteurs toxiques de l’environnement, les maladies chroniques, en particulier vasculaires, ou l’absence de stimuli comme l’inactivité.

Quand faut-il consulter ?

Si les troubles de mémoire ou d’attention deviennent gênants, il est conseillé de consulter. En particulier, si leur fréquence augmente ou s’ils gênent pour effectuer les tâches quotidiennes, en cas de difficultés à lire ou à tenir une conversation, à jouer aux cartes, à calculer de tête…

 

Les 10 règles pour une bonne mémoire

Stimuler son cerveau chaque jour

Mener une vie active et riche en relations sociales

Pratiquer une activité physique soutenue et quotidienne

Mettre en place de bonnes conditions de sommeil

S’alimenter de façon équilibrée

Supprimer ou limiter les toxiques : thé, café, alcool et surtout tabac

Corriger les facteurs de risques cardiovasculaires : HTA, cholestérol, diabète

Consulter en cas d’aggravation des troubles ou gêne dans la vie courante

Suivre assidument les traitements prescrits par le médecin traitant

Respecter la durée de traitement car le bénéfice suppose un délai

 

 

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