Les cancers de l'utérus

L'utérus peut être à l'origine de 2 types distincts de cancers : le cancer de l'endomètre (corps) et le cancer du col. Ces deux cancers doivent être considérés comme deux maladies différentes. Les mesures actuelles de dépistage permettent de poser un diagnostic précoce des lésions. On ne saurait trop insister sur l'importance d'un suivi gynécologique régulier pour toutes les femmes dès 30 ans.

 

L’utérus est composé de deux parties : le corps et le col. Le corps de l’utérus est le lieu de développement du foetus après la fécondation. Le corps de l'utérus est un muscle, capable de se dilater pour accueillir le fœtus. Sa paroi intérieure est recouverte d'une muqueuse, appelée endomètre. Sous l’effet des hormones, elle s’épaissit au cours de la première moitié du cycle menstruel. S’il n’y a pas eu fécondation de l’ovule, une partie de l’endomètre est alors évacuée : ce sont les menstruations ou règles.

 

Le col de l’utérus met en communication le corps de l’utérus avec le vagin et assure la fermeture de la cavité utérine durant la grossesse. La muqueuse le long du conduit est de nature proche de celle tapissant le corps. Par contre, la partie externe du col (exocol) est recouverte d'une muqueuse spécifique. Au moment de l'accouchement, le col s'efface complètement pour laisser passer le bébé et permettre la naissance.

 

Le cancer de l’endomètre doit être diagnostiqué précocement

Le cancer de l’endomètre, aussi appelé cancer du corps de l’utérus survient généralement après la ménopause. Ce sont des cellules de l’endomètre qui se multiplient de façon anormale. La tumeur peut se répandre dans le muscle de l’utérus et dans les organes environnants. Ce cancer de l'endomètre est souvent diagnostiqué au début de son développement, si la femme consulte régulièrement son médecin ou son gynécologue. Ceci est très important car lorsque le cancer est traité à son stade précoce (le stade I), le taux de guérison est de plus de 95 %.

 

Un suivi gynécologique régulier est indispensable

Le diagnostic est posé en observant au microscope un échantillon de tissu endométrial. Le prélèvement de ce petit morceau (biopsie) est généralement fait au cabinet du médecin lorsque le médecin est alerté par certains signes.

D'une façon générale, chez la femme qui a encore ses règles, elle doit signaler des pertes vaginales sanguines entre les périodes menstruelles ou des menstruations abondantes ou prolongées, inhabituelles. Ces dérèglements peuvent avoir de multiples causes, hormonales en particulier, mais peuvent révéler un cancer. De même, chez les femmes ménopausées, toute perte sanguine vaginale doit être considérée comme anormale.

De même, il ne faut pas hésiter à signaler des sécrétions vaginales anormales (non sanguines), des crampes ou des douleurs au bas-ventre, des douleurs au moment d'uriner ou pendant les relations sexuelles.

 

Cancer du corps, probablement une origine hormonale

Le suivi gynécologique est important car on attribue une proportion importante des cancers de l’endomètre à un surplus d'oestrogènes.

Ces hormones, produites par les ovaires, stimulent la croissance de l'endomètre, puis son élimination au moment des règles. Un surplus d’hormones œstrogèniques créerait un déséquilibre propice à la croissance incontrôlée de cellules de l’endomètre.

Il est important de savoir que plusieurs facteurs augmentent le taux d’œstrogènes, au premier rang desquels se situent l’obésité et la consommation excessive de graisse. Maîtriser son poids, corriger son alimentation, c'est aussi prévenir les cancers. De même, on évitera une hormonothérapie aux œstrogènes seuls (ce type d’hormonothérapie est d’ailleurs réservé aux femmes ayant subi l’ablation de l’utérus ou hystérectomie).

Pour certaines femmes cependant, le cancer de l’endomètre ne semble pas en relation avec un taux plus élevé d’oestrogènes. Une prédisposition héréditaire pourrait être impliquée.

 

Le cancer du col de l'utérus est la conséquence d'une infection

Après un rapport sexuel, le sperme remonte vers le corps de l'utérus en passant dans le col. Si celui-ci est contaminé par des microbes ou des virus, les organes génitaux féminins, du vagin jusqu'aux trompes, en passant par le col de l'utérus, pourront être infectés. On sait maintenant que le cancer du col de l'utérus est un cancer sexuellement transmissible impliquant un virus: le virus HPV (Human Papilloma Virus). En effet les virus sont retrouvés dans pratiquement 100 % des cas de cancer du col.

Mais heureusement, trois quarts des infections à HPV sont transitoires, le virus est alors éliminé par le système immunitaire, dans les 8 mois suivant l'infection. Par contre, si l'infection devient persistante, la tumeur peut alors se développer.

 

D'abord prévenir l'infection aux papillomavirus (HPV)

L’utilisation du préservatif limite la transmission des papillomavirus humains mais ne permet pas de l’éviter complètement. En effet, ce virus est présent sur l'ensemble des muqueuses et de la peau de la région génitale.

Depuis peu, nous disposons de vaccins spécifiques. Il a été démontré que la vaccination augmentait les défenses spécifiques et empêchait le développement de l'infection. Comme l’exposition aux virus est réelle dès les tous premiers rapports, la vaccination doit être pratiquée avant les premiers rapports ou au tout début de la vie sexuelle des jeunes femmes. Le conseil est de vacciner les jeunes filles dès 14 ans et également, en rattrapage pour les jeunes filles et jeunes femmes de 15 à 23 ans qui n'auraient pas eu de rapports sexuels, ou au plus tard dans l'année suivant le début de leur vie sexuelle.

 

Le dépistage des lésions du col doit être systématique dès 20 ans

La meilleure mesure est le dépistage régulier des lésions précancéreuses du col  dès 20 à 25 ans et jusqu'à 65 ans, pratiqué par frottis. Les experts et les autorités sanitaires recommandent un frottis cervico-vaginal tous les 3 ans après deux frottis normaux à un an d’intervalle chez les femmes ayant une activité sexuelle et âgées de 20/25 à 65 ans.

Le frottis cervico-vaginal est un examen simple, pratiqué au cabinet. Il consiste à recueillir des cellules de la muqueuse du col et des les analyser sous microscope. Le stade de cancer est précédé de quelques années d'un stade de lésions précancéreuses, dit dysplasie. Si le frottis est réalisé régulièrement, on est sûr de détecter les lésions précancéreuses avant le stade de cancer. Le traitement est alors simple et radical. Plusieurs techniques sont possibles : destruction par laser des zones dysplasiques, ou par chirurgie : une conisation (ablation de l'endocol en forme de cône). Dans certains cas rares, une ablation de l'utérus sera nécessaire mais, et c'est cela qui est important, avant le stade de cancer. On peut donc dire que les patientes ainsi traitées seront guéries définitivement.

 

 

 

 

 

 

Retour en haut de la page