Le développement de la santé connectée ne fait aucun doute. L’idée vise à mieux suivre les indicateurs de santé ce qui permettrait un diagnostic précoce des maladies d’où un meilleur traitement. Certains de ces objets apparaissent déjà, pour autant il est indispensable de bien savoir s’en servir et d’être accompagné dans le suivi des données collectées. Pour cela, le pharmacien est tout indiqué pour vous conseiller dans cette évolution de la prise en charge de votre santé.

 

 

Après les traqueurs d’activité, comme les podomètres, des objets connectés sont maintenant proposés avec pour finalité, le suivi de la santé du patient. Il s’agit de tensiomètres sans fil, de glucomètre, de balances calculant l’IMC (indice de masse corporelle), de thermomètre ou encore de fourchette connectée. Pour en savoir plus sur le véritable intérêt de ces nouveautés, j’ai interrogé mon pharmacien.

« C’est encore un phénomène émergeant, remarque-t-il. Et comme souvent, dans ces cas-là, il y a à prendre et à laisser. Les objets connectés peuvent s’avérer de formidables outils de prévention santé. Mais, actuellement tous ne sont pas aussi fiables et utiles. Il convient donc de faire la part des choses. Surtout, il sera important que les patients s’en servent correctement et ne tombent pas dans une sorte de frénésie de l’auto-observation continuelle. »

 

Revenons sur la définition, il s’agit d’objets composés de capteurs qui envoient des informations vers une application mobile ou un service web. Certains ont un usage purement personnel pour évaluer sa forme, pour progresser dans un sport ou encore pour suivre la perte de poids au cours d’un régime d’amaigrissement. « Il existe ainsi des balances d’analyse corporelle connectée qui mesure le poids, l’IMC, les masses grasse, maigre, musculaire, osseuse, hydrique et viscérale, complète mon pharmacien. Toutes les données sont enregistrées et il est possible ainsi de suivre l’évolution notamment pendant un régime alimentaire. Je peux citer aussi l’exemple de bracelet connecté pour mesurer ses pas, les minutes d’activité, la distance parcourue, les calories brulées. Le temps de sommeil peut aussi être enregistré. Toutes ces données permettent à une personne de suivre une évolution sans que l'on ait besoin ni de les saisir, ni de les analyser. En fait, l’intérêt réside dans le fait que les calculs et les courbes sont directement réalisés via l'outil, il n’y a plus besoin de calculettes. »

D’autres objets connectés vont plus s'intégrer dans une stratégie de prise en charge globale du patient. Ils vont alors permettre de vérifier qu’une personne prend bien son traitement, de contrôler la tension, la fréquence cardiaque ou encore de mesurer la glycémie. « Un tensiomètre connecté mesure la tension artérielle et le pouls, note mon pharmacien, mais il peut aussi détecter les arythmies, programmer des rappels, détecter si l’appareil est bien positionné. Avec un lecteur de glycémie connecté, un patient diabétique va pouvoir mesurer sa glycémie, visualiser les résultats directement sur son smartphone, indiquer aussi la prise de ses repas et de ses médicaments par exemple. Ces données seront utiles ensuite pour son médecin. »

L’objectif poursuivi consiste bien à surveiller et améliorer sa santé. Le pharmacien et son équipe officinale sont bien placés pour devenir de véritables conseils quel que soit l’objet connecté. D’autant que devant la multiplicité des objets et du coût, les personnes vont avoir besoin de conseils, ne serait-ce que pour faire le tri entre les vrais objets et les gadgets. « Ce conseil va renforcer le lien avec le patient, pense mon pharmacien, car il va demander à être accompagné. De plus, certains des objets vont avoir pour conséquence de contrôler l’observance, c’est à dire le fait qu’un patient prend bien son traitement. Le pharmacien pourra intervenir en cas de mauvais suivi de la part du patient et même alerter le médecin qui ne sais pas toujours si son patient suit le traitement tel qu’il l’a prescrit. »


L’observance et la prévention sont deux leviers importants de demain pour une réelle diminution du coût de la santé. Votre pharmacien y jouera un rôle de première importance.

 

Théodore Crosnier

Photo Phovoir/Atelier Frantz Lecarpentier

 

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