Selon la Haute Autorité de santé (HAS), plus de 100 000 personnes font un infarctus du myocarde chaque année. Après la phase aiguë, quand le risque vital est écarté, une nouvelle vie commence pour le patient. Il s’agit de prévenir les récidives et d’assurer le bon fonctionnement du cœur. Activité physique, alimentation, profession… tout doit être réadapté.

 

 

Il ne s’agit pas de faire du sensationnel mais les chiffres sont alarmants. L’infarctus touche plus de 100 000 français par an. , Il il est la cause d’un décès sur 10 (60 000 décès par an) et même d’un sur cinq après 65 ans. Chez les patients qui survivent, il induit des complications invalidantes.

On pense généralement que l'infarctus du myocarde est une maladie uniquement masculine. Il s’agit d’un préjugé tenace mais faux puisque les femmes, certes sont moins touchées que les hommes, mais le sont de plus en plus au fur et à mesure de leur vieillissement et de l’augmentation des facteurs de risque comme le tabagisme dans la population féminine.

 

Faire un bilan cardiaque régulier

Pendant la première année suivant l’infarctus, le suivi médical doit être très strict : une consultation mensuelle chez le médecin généraliste et tous les trois mois chez le cardiologue. Ensuite, des consultations trimestrielles chez le généraliste et annuelles chez le cardiologue sont recommandées.

Ceux-ci définiront les examens complémentaires à pratiquer. Pas de panique, ce n’est pas parce que les médecins prescrivent des examens que la situation est grave. Mais ceux-ci font partie d’un suivi sérieux et efficace afin de détecter d’éventuelles complications le plus tôt possible et de suivre les progrès de la récupération.

L’électrocardiogramme (ECG) et l’échographie sont effectués systématiquement au cours de la consultation du cardiologue. La coronarographie (radio des coronaires), la scintigraphie (examen du muscle cardiaque à l’aide de produits faiblement radioactifs) ou l’épreuve d’effort (observation de l’ECG durant un effort musculaire) sont les examens les plus pratiqués.

 

Premier objectif, favoriser la récupération des capacités cardiaques

Au cours de l’hospitalisation, les différents traitements pratiqués auront aidé à désobstruer les artères bouchées. Immédiatement après, un traitement anticoagulant permettra d’éviter de nouveaux caillots. Éventuellement, une intervention chirurgicale assurera une réperméabilisation des artères grâce à des stents (petits ressorts qui dilatent les coronaires) ou à un pontage (remplacement de la coronaire bouchée par un autre vaisseau).

Après la sortie de l’hôpital, la réadaptation cardiovasculaire a pour but de favoriser la récupération des capacités du muscle cardiaque et d’aider à la réinsertion socioprofessionnelle.

 

La réadaptation cardio vasculaire

Un programme individualisé sera défini pour chaque patient en fonction de sa pathologie et de l’état de son cœur. Celui-ci pourra comprendre des exercices ergométriques (vélo, tapis roulant, manivelle,...) ou des exercices musculaires, des séances de relaxation, de la balnéothérapie (des exercices en piscine, plus doux car l’eau soutient le patient) .

On le voit, il ne s’agit pas de faire du sport mais de faire pratiquer une activité physique contrôlée afin de faire travailler le cœur. N’oublions pas que le cœur est un muscle et qu’il se renforce en travaillant.

Plus tard, quand l’état du cœur le permettra, on accompagnera le patient dans la reprise d’une activité physique normale.

 

Deuxième objectif, prévenir les complications

Les soins post-infarctus consistent à mettre en place des mesures d’hygiène de vie pour prévenir les complications de manière durable.

Les complications possibles suite à un infarctus du myocarde sont malheureusement nombreuses : accident vasculaire cérébral, insuffisance cardiaque chronique (c'est-à-dire impossibilité pour le cœur d’assurer son travail), récidives (nouvel épisode d’infarctus) et artériopathie oblitérante des membres inférieurs (artères des jambes qui se bouchent).

 

Les conseils d’hygiène de vie

Ceux-ci sont connus et devraient être suivis par toute la population afin d’éviter les accidents cardiovasculaires, le cancer, le vieillissement…

Rappelons les : arrêter de fumer, perdre du poids, manger équilibré (diminuer les sucres et les graisses), avoir une activité physique régulière (voir plus haut), éviter le stress, corriger l’hypertension artérielle…

 

Le cœur, une pompe qui ne peut pas s’arrêter

Le cœur est un organe musculaire formant quatre cavités : deux oreillettes et deux ventricules. Il propulse dans le corps environ 5 litres de sang par minute pour oxygéner l’ensemble de l’organisme. Mais sait-on que 10 % de l’oxygène du sang est consommé par le cœur lui-même ? Les performances du cœur sont telles, en effet, que chaque cellule de ce muscle ne peut se passer de l’oxygène et de l’énergie apportées par le sang.

À cette fin, le cœur utilise les artères coronaires. Celles-ci enveloppent tout le cœur en un réseau dense d’artères de plus en plus fines, irriguant chaque partie du muscle cardiaque. Qu’une coronaire, même petite, voit son diamètre diminuer ou a fortiori se boucher, la partie du cœur irriguée par celle-ci subit alors des lésions irréversibles. C’est l’infarctus du myocarde.

 

L’infarctus, une urgence médicale

La crise d’infarctus est souvent brutale et imprévisible. Elle se manifeste par une douleur très intense en pleine poitrine où se mêlent sensations de serrement et vive brûlure. Le sujet est pâle, en sueur, silencieux, angoissé. Il peut perdre connaissance.

Il n’y a alors pas une minute à perdre. Il faut appeler immédiatement les secours d’urgence (15 ou 18).

En cas de perte de connaissance avec état de mort apparente, selon les conseils d’un cardiologue, « les proches qui en ont la capacité doivent pratiquer un massage cardiaque en attendant les secours. Il est conseillé à l’entourage d’une personne à "hauts risques" d’apprendre ce geste de première urgence. »

 

Le mieux, tout faire pour éviter l’infarctus

Si les sujets en bonne santé et les malades cardiaques suivaient une bonne hygiène de vie, le nombre d’infarctus diminuerait considérablement. Car on sait faire diminuer ce nombre. Or, selon les études, plus de 20 % des malades ayant déjà eu des accidents coronariens sont fumeurs, 60 % ont un excès de cholestérol, plus de 80 % un excès de poids et 60 % ne font aucun exercice physique.

Rappelons les points essentiels d’une bonne prévention de l’infarctus. Il faut traiter l’hypertension et maintenir les chiffres tensionnels en dessous de 140-90 mm de mercure. De même, le cholestérol doit être maintenu dans des limites bien précises, définies en fonction des différentes situations cliniques et des antécédents mais de toute façon en dessous de 2 g/litre. Le diabète doit bien évidemment être équilibré. Et surtout, surtout… il faut lutter inlassablement contre l’obésité et l’excès de poids en général et faire au moins 20 minutes d’exercice physique par jour (marche rapide).

 

L’infarctus, une conséquence de l’athérosclérose

L'athérosclérose est une maladie dans laquelle les artères sont plus ou moins obstruées par des plaques (athéromes) qui contiennent du cholestérol, des lipides et des débris des cellules du sang. Cette lésion des artères induit un épaississement de la paroi artérielle dans laquelle se dépose le cholestérol en excès. Petit à petit, le diamètre artériel diminue et l’obstruction peut être complète. La formation des plaques d’athérome se fait préférentiellement dans les coudes artériels, là où le flux sanguin produit des turbulences, favorisant d’autant l’obstruction. Bien évidemment, plus l’artère est fine, comme les coronaires, plus l’obstruction sera précoce.

 

Photos Phovoir/Atelier Frantz Lecrapentier

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