L’endométriose

Maladie spécifiquement féminine, l’endométriose peut occasionner des douleurs importantes et nécessiter un traitement médical ou chirurgical. Voici les réponses aux principales questions fréquemment posées.

 

Qu’est-ce que l’endométriose ?

L’endométriose est une maladie gynécologique assez fréquente puisqu’elle concerne une femme sur dix. Elle se caractérise par une présence anormale de fragments d'endomètre localisés à l'extérieur de l'utérus. Différents organes peuvent être touchés. La maladie peut être asymptomatique. Mais dans certains cas, elle provoque des douleurs fortes (notamment au moment des règles) et/ou une infertilité.

L'endométriose est une maladie gynécologique évolutive qui touche environ 2 % des femmes.

 

 

Quel en est le mécanisme ?

L'endomètre correspond aux tissus qui tapissent la cavité utérine. Lorsque l'ovule n'est pas fécondé, l'endomètre se nécrose, est éliminé durant les règles puis renouvelé. Lorsque ces tissus se développent à l'extérieur de l'utérus, lors d'une endométriose, ils ne peuvent être évacués et provoquent les manifestations de la maladie. Les lésions vont donc proliférer, saigner et laisser des cicatrices fibreuses à chaque cycle menstruel.

 

Comment se manifeste-t-elle ?

Le symptôme majeur est une douleur pelvienne récurrente parfois très aiguë, notamment au moment des règles. Ce caractère cyclique est évocateur de la maladie.

En dehors de la période des règles, les patientes peuvent également souffrir lors des rapports sexuels (dyspareunie), ou encore au moment de la défécation ou de la miction.

La maladie peut aussi être totalement asymptomatique. Dans ce cas, elle est généralement découverte de façon fortuite alors que la patiente consulte en raison d’une difficulté à concevoir un enfant.

L’endométriose peut-elle expliquer une infertilité ?

Oui assurément. Une proportion importante des patientes endométriotiques est effectivement infertile. L’explication scientifique de ce lien n’est pas entièrement élucidée. La présence d’amas de tissus, et notamment celle de kystes ovariens, peut créer une barrière mécanique à la fécondation dans le cas de lésions graves. Des études récentes montrent également que les femmes souffrant d’endométriose présentent des profils hormonaux spécifiques en lien avec des modifications génétiques.

 

Quelles sont les localisations les plus fréquentes ?

Les organes le plus souvent touchés en cas d’endométriose profonde sont les ovaires, les ligaments utéro-sacrés, le rectum, la vessie et le vagin. Plusieurs organes peuvent être touchés chez une même patiente.

Dans de rares cas, des lésions d’endométriose peuvent même apparaître au niveau d’organes localisés à distance de l’utérus, par exemple dans les poumons ou le cerveau.

 

L’endométriose favorise-t-elle le cancer ?

Les lésions d’endométriose peuvent se définir comme des "métastases bénignes". Le risque de développer un cancer (le plus souvent de l’ovaire) est en effet inférieur à 1 %.

 

Comment fait-on le diagnostic ?

L’examen clinique est généralement très évocateur. Pour le confirmer, échographie, voire IRM seront demandées par le médecin. Le diagnostic définitif sera apporté par l’analyse du tissu endométrial prélevé au cours d’une endoscopie.

 

Quel est le traitement médical ?

Une endométriose asymptomatique, non douloureuse et qui ne pose pas de problèmes de fertilité n’est en général pas détectée et donc pas traitée. Lorsque le diagnostic est posé et en cas de douleurs, un traitement hormonal destiné à provoquer une aménorrhée (contraceptifs œstroprogestatifs monophasiques en continu, progestatifs,…) est proposé. Mais ce dernier ne permet pas la suppression des lésions.

 

Faut-il toujours opérer ?

Le seul moyen d’éliminer les lésions est la chirurgie. On obtient une rémission des douleurs pendant de nombreuses années, voire totalement. La difficulté chirurgicale est cependant amplifiée dans le cas de petites lésions disséminées ou quand l’intervention induit un rapport risque/bénéfice défavorable, avec par exemple un risque d’incontinence.

Parmi les nouvelles techniques de chirurgie, on peut citer  la destruction partielle au laser. Une étude qui a comparé le laser à l’ablation des lésions classiques a démontré que la récidive était presque la même dans les deux cas (environ 20 %), mais que la fertilité était mieux préservée par la technique au laser.

 

Quelle est l’origine de l’endométriose ?

Les mécanismes qui conduisent à l’endométriose restent mal connus et probablement multiples. L’hypothèse principale est celle de l’implantation de matériel utérin provenant de menstruations rétrogrades. Au cours des règles, du sang peut passer par les trompes et parvenir dans l’abdomen. Les cellules de l’endomètre vont alors se fixer sur d’autres organes de la cavité abdominale.

Les cliniciens estiment que 90 % des femmes présentent des saignements rétrogrades, or seules 10 % développent des lésions d’endométriose. Des facteurs de susceptibilité individuelle doivent donc intervenir.

 

Peut-on définir des groupes à risque ?

Les chercheurs travaillent à l’identification de gènes de susceptibilité. Deux grandes études ont permis l’analyse génétique systématique de cohortes de femmes atteintes d’endométriose ou non. Dans les deux cas, les auteurs sont parvenus à identifier des variations génétiques significativement associées à la maladie. Cependant, ces variations n’augmentent que faiblement le risque relatif de développer la maladie. On ne peut donc pas dire qu’il s’agit d’une maladie d’origine génétique. Et cette piste ne permet pas de définir des groupes de femmes à risque.

 

Photo Phovoir/Atelier Frantz Lecarpentier

 

 

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