Très régulièrement, une affiche dans ma pharmacie me rappelle que je dois rapporter les médicaments que je n’ai pas utilisés. Je le sais, nous le savons mais, nous l’oublions souvent. En triant régulièrement, nous évitons de stocker des produits qui, s’ils ne sont pas bien mis à l’abri, s’ils ne sont pas pris à bon escient, peuvent se révéler plus dangereux qu’utiles.

 

Fort heureusement, des campagnes d’affichages et des rappels dans le journal de mon pharmacien me font penser à vérifier si les médicaments stockés dans mon armoire à pharmacie sont toujours valables et que leur date de péremption n’est pas dépassée. Je prépare alors un petit sac à déposer chez mon pharmacien. Ensuite, la pharmacie transmet tous ces médicaments non utilisés à Cyclamed, la structure chargée de leur collecte.

 

Il y a quelques jours, alors que je dépose le résultat de mon tri à la pharmacie et que mon pharmacien me remercie, il ajoute : « Super, je vois que vous avez bien travaillé, avez-vous pensé aussi aux médicaments que vous n’avez pas utilisés ? » . « Je vous ai mis tous les produits qui sont périmés et ceux qui se périment dans les 2 mois qui viennent », lui dis-je.

 

Et mon pharmacien de m’expliquer qu’en fait dès la fin de leur traitement, les patients doivent rapporter tous les médicaments qu’ils n’ont pas utilisés  même s’il ne reste qu’un comprimé ou une gélule.

L’objectif de Cyclamed est de collecter tous les Médicaments Non Utilisés (MNU) des particuliers, qu’ils soient périmés ou non, entamés ou non. Cela concerne tous les Médicaments à usage humain. « Par contre, m’explique mon pharmacien, vous ne devez pas nous rapporter les aiguilles et les seringues qu’elles soient usagées ou non, ni les produits chimiques et les produits vétérinaires. Cyclamed ne récupère pas non plus, les cosmétiques, la parapharmacie, les lunettes, les thermomètres et les radiographies. Quant aux conditionnements totalement vides, vous devez les mettre dans la poubelle recyclable de votre domicile ! »

 

Aujourd’hui, la récupération des médicaments fait bien partie des missions du pharmacien. Ainsi en 2016, 63 % des « pilules » et autres « cachets » ont ainsi été transmis à Cylcamed. Une fois récupérées, les plaquettes entamées ou non sont incinérées. « On ne peut pas réutiliser une boîte de médicaments car même si elle paraît intacte on ne sait pas comment elle a été entreposée, me précise mon pharmacien. Elle peut très bien avoir été stockée au-dessus d’un radiateur. Son contenu a pu alors se dégrader ».

 

Toujours pendant l’année 2016, 15 874 tonnes ont été valorisées par les pharmacies françaises. Pour autant, on estime à 7 116 tonnes, la quantité de médicaments non utilisés qui dorment dans les armoires des Français. Or, garder des médicaments chez soi, après la fin de son traitement et les utiliser plus tard, peut s’avérer dangereux pour la santé, en raison d’une utilisation en automédication de traitements contre-indiqués.

Par ailleurs, il est formellement déconseillé de les jeter dans les poubelles ou les verser dans l’évier ? Cela va entraîner une pollution des eaux et des sols et alimenter éventuellement le trafic de médicaments.

 

Voilà pourquoi, en me conseillant de réaliser un nouveau tri chez moi, mon pharmacien conclut, « rapporter à votre pharmacie les quelques comprimés ou fin de sirop d’un traitement terminé est donc indispensable et une vraie mesure de sécurité ». Avoir le « réflexe Cyclamed » doit constituer de plus en plus un geste naturel en faveur de la protection de l’environnement et de la santé publique.

 

Iconographie © Atelier Frantz Lecarpentier

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