#Mois Sans Tabac, 5ème édition


2 novembre2020

Alors que la 5ème édition de #MoisSansTabac s’apprête à démarrer, Santé publique France publie de nouvelles données sur le tabagisme en France issues du Baromètre de Santé publique France 2018. Quels sont les différents types de tabac fumés par les Français ? Quelle est l’opinion des citoyens quant à l’augmentation des taxes sur le tabac ? Les augmentations de tarifs successives ont-elles eu un impact sur la motivation à l’arrêt auprès des Français ? Ces données sont essentielles pour mesurer les effets des actions menées par le gourvernement dans la lutte contre le tabagisme et mieux adapter les futures actions de prévention.

 

En 2018, près de la moitié des Français (48,3 %) estiment que les augmentations des taxes sur le tabac sont justifiées [1].

43,6 % des fumeurs déclarent que les augmentations des taxes les motivent à arrêter de fumer. Et parmi les anciens fumeurs quotidiens, 39,8 % affirment même que ce motif a été une motivation à leur arrêt du tabagisme [1].

Les trois quarts des fumeurs de 18‑75 ans consomment des cigarettes manufacturées (74,0 %), plus d’un tiers fument du tabac à rouler (35,7 %) et un fumeur sur dix déclarent fumer la chicha (9,4 %) [2].

La part des fumeurs de cigarettes ne consommant que du tabac à rouler a plus que doublé au cours des dernières années (8,1 % en 2010, 15,2 % en 2014, 20,5 % en 2018) [2].

Perception des Français sur l’augmentation du prix du tabac et conséquences sur la motivation à l’arrêt

 

Mise en place dans le cadre du Programme national de lutte contre le tabac 2018-2022, l’augmentation des taxes sur le tabac est une des principales mesures efficaces pour réduire la consommation[3] et protéger la santé publique. La France figure parmi les pays européens proposant les prix les plus élevés pour un paquet de cigarettes. Pour les fumeurs, le prix est un élément important dans le choix du type de tabac consommé mais peut être également un véritable élément déclencheur pour arrêter de fumer.

 

Les augmentations des taxes sur le tabac considérées comme justifiées par près de la moitié des Français

En 2018, près de la moitié (48,3 %) des Français estiment que les augmentations des taxes sur le tabac sont justifiées. Les opinions des répondants varient selon leur statut tabagique. Les fumeurs sont seulement 28,0 % à trouver que les augmentations sont justifiées (26,1 % parmi les fumeurs quotidiens). Les ex-fumeurs sont, quant à eux, 51,9 % à les trouver justifiées et les non-fumeurs, 62,4 %[1].

 

L’augmentation des prix : véritable motivation à l’arrêt du tabac

En 2018, les fumeurs (occasionnels et quotidiens), alors qu’ils ne sont que 28 % à considérer que les augmentations de taxes du tabac sont justifiées, sont toutefois 43,6 % à admettre qu’il s’agit d’une mesure motivante pour arrêter de fumer. Il n’existe pas d’écart entre les réponses des hommes et des femmes mais les jeunes fumeurs sont plus nombreux que les tranches d’âges supérieures à trouver que le prix du tabac est une motivation à l’arrêt. Les fumeurs socio-économiquement moins favorisés se déclarent aussi motivés par l’augmentation des taxes pour arrêter que les plus favorisés[1].

Parmi les ex-fumeurs quotidiens en 2018 ayant arrêté de fumer dans les 5 dernières années, 39,8 % affirment que les augmentations de prix du tabac les ont motivés dans leur arrêt[1].

Les augmentations de prix du tabac incitent donc un grand nombre de fumeurs à se sevrer. Ces mesures se montrent légitimes et efficaces dans le cadre d’une politique intégrée de lutte contre le tabac comprenant aussi des mesures d’aide à l’arrêt du tabac.

 

Décrypter les habitudes de consommation pour améliorer la lutte contre le tabagisme

Selon le Baromètre de Santé publique France, en 2018, 74,0 % des fumeurs occasionnels ou quotidiens déclarent consommer des cigarettes manufacturées (51,6 % exclusivement), 35,7 % du tabac à rouler (16,2 % exclusivement), 6,6 % des cigarillos (1,3 % exclusivement), 6,1 % des cigares (0,8 % exclusivement), 1,8 % fument la pipe (0,2 % exclusivement) et 9,4 % se tournent vers la chicha ne serait‑ce qu’occasionnellement (4,1 % exclusivement)[2].

 

La proportion de fumeurs consommant des cigarettes manufacturées baisse depuis une dizaine d’années et est passée de 88,2 % en 2010 à 74,0 % en 2018. Parallèlement, la proportion de fumeurs de tabac à rouler a fortement augmenté entre 2010 (24,0 %) et 2014 (35,2 %) et reste depuis relativement stable. En 2018, les fumeurs de cigarettes (quotidiens et occasionnels) fument en moyenne 6,9 cigarettes manufacturées par jour et 3,9 cigarettes roulées par jour contre respectivement 10,9 et 2,7 en 2005[2].

 

En 2018, les fumeurs de tabac à rouler, par rapport aux fumeurs ne consommant que des cigarettes manufacturées, sont plus souvent des hommes (58 % vs 49 %) et des personnes jeunes (44 % avaient moins de 35 ans vs 34 %). Par ailleurs, l’usage du tabac à rouler est plus fréquent chez les personnes socio-économiquement plus défavorisées : 58 % ont un niveau de diplôme inferieur au baccalauréat ou n’ont aucun diplôme, 49 % font partie de la tranche des plus bas revenus (vs respectivement 48 %, et 29 % des fumeurs exclusifs de cigarettes manufacturées)[2].

 

Le tabac à rouler est, de façon générale, meilleur marché que les cigarettes manufacturées en France5. Plusieurs études soulignent le fait que le prix est souvent mis en avant par les fumeurs pour justifier le choix de fumer du tabac à rouler. Ainsi, les augmentations de taxes qui ont historiquement été plus importantes pour les cigarettes manufacturées pourraient avoir incité une partie des fumeurs à se tourner vers le tabac à rouler au cours de la dernière décennie en France[6,7,8]. Depuis 2016, dans le cadre des hausses de prix du PNLT, l’écart de prix entre cigarettes manufacturées et tabac à rouler s’est nettement réduit : le prix du paquet de cigarettes de la marque la plus vendue a augmenté de 13 % entre 2016 et 2018 tandis que, sur la même période, le prix du paquet de tabac à rouler de la marque la plus vendue a augmenté de 42 %. Les prochaines enquêtes Baromètres de Santé publique France permettront d’observer d’éventuels changements de tendance dans le comportement des fumeurs.



[1].Baromètre de Santé publique France 2018 « Opinions vis-à-vis de l’augmentation des taxes sur le tabac et conséquences sur la motivation à l’arrêt ».

[2].Baromètre de Santé publique France 2018 «  types de tabac fumés, évolutions et facteurs associés : résultat des baromètres de santé publique france 2017 et 2018 ».

[3].Chaloupka FJ, Yurekli A, Fong GT. Tobacco taxes as a tobacco control strategy. Tob Control. 2012 ; 21[2] :172-80.

[4]. Andler R, Richard JB, Guignard R, Quatremere G, Verrier F, Gane J, et al. Baisse de la prevalence du tabagisme quotidien parmi les adultes : resultats du Barometre de Sante publique France 2018. Bull Epidemiol Hebd. 2019;(15):271‑7.
[5]. Lermenier‑Jeannet A. Tabagisme et arret du tabac en 2018. Paris: OFDT ; 2019.

[6].Gallopel‑Morvan K, Hoek J, Bue A‑F, Rey Miguel J.Perceptions et consommation du tabac à rouler par des jeunes Francais : etude exploratoire. Bull Epidemiol Hebd. 2018;(14‑15):291‑6.

[7].Brown AK, Nagelhout GE, van den Putte B, Willemsen MC, Mons U, Guignard R, et al. Trends and socioeconomic differences in roll‑your‑own tobacco use: findings from the ITC Europe Surveys. Tob control. 2015 ;    24(Suppl 3):iii11‑iii6.[8].Peretti‑Watel P, L’Haridon O, Seror V. Responses to increasing cigarette prices in France : how did persistent smokers react? Health policy.2012;106(2):169‑7

Rappel du dispositif #MoisSansTabac

Santé publique France, en partenariat avec le Ministère des Solidarités et de la Santé et l’Assurance Maladie, lance la 5ème édition de #MoisSans
Tabac. Les éditions précédentes ont comptabilisé 784 000 inscriptions à ce grand défi collectif. Devenue incontournable, cette opération accompagne toutes les personnes ayant la volonté d’arrêter de fumer. Ce rendez-vous annuel débute dès le mois d’octobre pour les fumeurs, invités à s’inscrire via la plateforme dédiée Tabac info service et à se préparer avant de se lancer dans le défi de l’arrêt du tabac. Puis tout au long du mois de novembre, Tabac info service encourage et soutient quotidiennement les participants pour qu’ils restent motivés. Dès aujourd’hui, Santé publique France déploie cette campagne nationale avec de nombreux nouveaux outils, créés pour inciter les fumeurs à faire partie de l’aventure #MoisSansTabac et les accompagner efficacement.

 

Source Santé publique France

Photo Phovoir