Insuffisance cardiaque, mieux informer pour mieux la détecter


Le 20 septembre 2022

L’Assurance Maladie lance une campagne de sensibilisation en faveur d’un diagnostic précoce de l’insuffisance cardiaque

En France, 1,5 million de personnes souffrent d’insuffisance cardiaque. Cette maladie touche plus particulièrement les personnes âgées de plus de 60 ans(1). Avec le vieillissement de la population, ce chiffre pourrait croître de 25% tous les 4 ans(1).
Malgré sa prévalence et sa progression dynamique, l’insuffisance cardiaque est peu connue de la population. Ses 4 signes et symptômes (fatigue, essoufflement, gonflement des pieds et des chevilles, prise de poids rapide), peuvent être attribués à tort par les malades au vieillissement, ou à d’autres causes, ce qui entraîne un retard de diagnostic préjudiciable pour leur qualité de vie.
Un diagnostic trop tardif peut ainsi conduire àune décompensation de l’insuffisance cardiaque nécessitant une hospitalisation, parfois en soins intensifs.
À l’inverse, un diagnostic précoce, suivi d’une prise en charge médicale adaptée et du respect de recommandations hygiéno-diététiques permettent de mieux vivre son insuffisance cardiaque et de limiter les hospitalisations en urgence.
Il apparaît donc nécessaire d’informer davantage le grand public sur cette maladie, afin de la détecter plus tôt et de prévenir son aggravation.

 

 

 

 

 

L’INSUFFISANCE CARDIAQUE,UN RISQUE VITAL SI ELLEN’EST PAS TRAITÉE 

QUAND LE COEUR RÉPOND MOINS BIENAUX BESOINS DE L’ORGANISME

On parle d’insuffisance cardiaque lorsque le coeur perd sa force musculaire et sa capacité de contraction normale ; il ne pompe plus suffisamment de sang pour permettre aux organes de recevoir assez d’oxygène et d’éléments nutritifs, essentiels à leur bon fonctionnement. L’insuffisance cardiaque est donc l’incapacité du muscle cardiaque à assurer normalement son rôle de propulsion du sang dans l’organisme. 

Cette maladie se manifeste d’abord à l’effort lorsque le coeur doit s’adapter en augmentant sa fréquence de contraction et le débit d’éjection du sang, puis au repos. En effet, dans un premier temps, le coeur tente de s’adapter à la perte de sa force de contraction en accélérant ses battements (augmentation de la fréquence cardiaque), puis il augmente de volume (épaississement des parois ou dilatation des cavités cardiaques). Ce surcroît de travail pour le coeur finit par aggraver l’insuffisance cardiaque.

Les conséquences de l’insuffisance cardiaque perturbent l’équilibre en eau et électrolytes de l’organisme. Le ralentissement de la circulation entraîne une stagnation et une accumulation du sang dans les vaisseaux. Ceci augmente la pression sur leurs parois et provoque un passage de liquide vers les tissus. C’est ainsi que des oedèmes apparaissent au niveau des membres inférieurs. Les reins, moins bien irrigués par le sang oxygéné, éliminent moins de sel et d’eau dans les urines, majorant ces oedèmes. C’est cette rétention d’eau qui explique aussi la prise de poids rapide.

 

UNE MALADIE POTENTIELLEMENT SÉVÈRE, AVEC UN FORT RETENTISSEMENT SUR LA QUALITÉ DE VIE SI LA PRISE EN CHARGE N’EST PAS OPTIMALE

Si elle n’est pas prise en charge précocement, cette pathologie chronique et évolutive s’aggrave et provoque une dégradation importante de la qualité de vie, avec une altération des capacités fonctionnelles, susceptible d’être source d’anxiété, voire de dépression.

En effet, d’une part le patient ne peut plus accomplir aisément des tâches élémentaires de la vie quotidienne (se promener, transporter des objets légers, etc.) car sa tolérance à l’effort est limitée ; d’autre part, il connaît des hospitalisations répétées à chaque décompensation qui se définit par une amplification des signes de la maladie. 

Dans l’ensemble, l’insuffisance cardiaque est à l’origine de 200 000 hospitalisations par an et provoque un décès toutes les 7 minutes(1).

Après une hospitalisation, 45% des patients seront ré-hospitalisés dans l’année dont 25% à trois mois et 29% décéderont dans l’année(1).

 

(1) Livre blanc pour une prise en charge de l’insuffisance cardiaque et des cardiomyopathies, Société Française de Cardiologie (SFC) – Groupe Insuffisance Cardiaque et Cardiomyopathies (GICC), 27 septembre 2021.
(2) Source : Santé publique France.
(3) Data pathologies Cnam, site internet consulté en août 2022.

 

 

DES SYMPTÔMES QUI DOIVENTALERTER ET AMENER À CONSULTER SON MÉDECIN

UNE MALADIE MAL CONNUE DU GRAND PUBLIC, Y COMPRIS DES MALADES EUX-MÊMES

 

Si la douleur dans la poitrine est bien identifiée comme un symptôme possible de maladie cardiovasculaire par 72% des Français âgés de 18 à 75 ans, ce n’est pas le cas des 4 signes d’alerte de l’insuffisance cardiaque(1)

Essoufflement à l’effort (cité dans 44% des cas)

Prise de poids rapide (6%)

OEdèmes des pieds et chevilles, jambes (6%)

Fatigue importante (22%)(1)

Quant aux séniors âgés de plus de 60 ans, chez qui la maladie est pourtant plus fréquente, une étude de BVA menée pour l’Assurance Maladie en juin 2022 met en évidence qu’ils en ont une perception partielle. Quand on les interroge sur les maladies cardiovasculaires qu’ils connaissent, seulement 1 sur 10 cite spontanément l’insuffisance cardiaque(2).

 

Fait marquant : les séniors atteints de cette maladie ne sont pas plus nombreux à la mentionner de manière spontanée(2)

Ils sont également peu à pouvoir la caractériser spontanément : pour 1 sénior sur 2 (49%), l’insuffisance cardiaque est synonyme de dysfonctionnement du coeur. Seuls 19% en citent spontanément au moins l’un des symptômes(2).

Cependant, ils sont plus de 8 sur 10 à reconnaître que l’essoufflement (83%) et la fatigue (82%) sont des symptômes de l’insuffisance cardiaque. Les oedèmes (62%) et la prise de poids rapide (26%) sont en revanche nettement moins identifiés(2).

Signe que cette maladie est difficile à appréhender, cette méconnaissance peut perdurer chez les patients hospitalisés pour décompensation cardiaque : un quart d’entre eux n’intègrent pas qu’ils souffrent de cette affection. Et plus de la moitié (56%) ne savent pas qu’ils ont été hospitalisés pour des symptômes liés à leur insuffisance cardiaque(3)

(1) Étude « Connaissance des symptômes des maladies cardiovasculaires », GICC - juin 2018.
(2) Étude « Les séniors et l’insuffisance cardiaque » conduite auprès de 1 733 personnes âgées de 60 ans et plus ainsi que de 300 médecins généralistes libéraux ou mixtes - BVA pour l’Assurance Maladie - juin 2022.
(3) Étude ICPS2 « Insuffisance cardiaque. Premiers symptômes - Parcours de soins : parcours de soins et perception du patient insuffisant cardiaque en France » - septembre 2018.

 

 

SAVOIR RECONNAÎTRE LES SIGNES DE LA MALADIE

La difficulté à reprendre son souffle doit être prise au sérieux. Elle est due à une augmentation de la pression sanguine dans les vaisseaux pulmonaires, empêchant le bon fonctionnement des poumons. Cette gêne se manifeste d’abord à l’effort, puis pour des efforts de plus en plus petits et enfin au repos, en position assise. Une toux en position allongée, survenant surtout la nuit, peut y être associée.

À noter : l’apparition d’un essoufflement en position allongée est un symptôme d’aggravation nécessitant une consultation médicale urgente.

Autre signe évocateur de l’insuffisance cardiaque, l’apparition d’oedèmes sur certaines parties du corps (pieds, chevilles). On reconnaît facilement un oedème cutané, lorsqu’après avoir exercé une pression avec le doigt, la marque reste visible quelques instants. Ces oedèmes peuvent aussi se traduire par une prise de poids extrêmement rapide et inexpliquée (deux à trois kilos en quelques jours), liée à de la rétention d’eau par l’organisme.

De la fatigue est également ressentie lors des efforts de la vie quotidienne. Elle est en partie liée au manque d’apport d’oxygène et de nutriments aux muscles.

 

 

Présents isolément, ces 4 symptômes ne sont pas spécifiques de la maladie mais leur association ou leur récente survenue sont évocatrices d’une insuffisance cardiaque. 
Qu’il s’agisse d’une découverte de l’insuffisance cardiaque OU d’une décompensation d’une insuffisance cardiaque connue, ces quatre signes et symptômes sont identiques. Dans tous les cas, il est crucial de se rapprocher de son médecin traitant au plus vite. 

 

 

UNE VIGILANCE PARTICULIÈRE REQUISE POUR CERTAINS MALADES CHRONIQUES

L’insuffisance cardiaque a le plus souvent comme origine une pathologie cardiaque ou des facteursde risques cardiovasculaires. Les maladies des artères coronaires telles que l’infarctus du myocarde et l’angine de poitrine constituent les principales causes d’insuffisance cardiaque.

De nombreuses autres maladies cardiovasculaires, comme les anomalies de valves cardiaques, la fibrillation auriculaire et les cardiomyopathies sont susceptibles d’être à l’origine d’une insuffisance cardiaque. Celle-ci peut également être provoquée par une hypertension artérielle, un diabète, une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), ou encore une insuffisance rénale chronique avancée. 

Les personnes présentant ces affections doivent donc faire l’objet d’une vigilance particulière, d’une part à un niveau individuel, en étant à l’écoute de leur corps et en surveillant l’apparition des symptômes caractéristiques de l’insuffisance cardiaque. D’autre part, avec leur médecin généraliste lors de la consultation, en dialoguant avec celui-ci sur d’éventuels facteurs de risque, symptômes et signes cliniques.

Par ailleurs, chez les personnes atteintes d’une maladie chronique, toute occasion d’échanges avec un professionnel de santé (par exemple infirmier, pharmacien, masseur-kinésithérapeute, visite régulière chez le médecin spécialiste) doit être saisie pour aborder la survenue de signaux évocateurs de la maladie.

 

LE DIAGNOSTIC PRÉCOCE, COUPLÉ À UNE PRISE EN CHARGE GLOBALE, PERMET DE FREINER LA MALADIE

La première étape capitale conduisant au diagnostic de l’insuffisance cardiaque est donc pour le patient d’alerter le médecin généraliste, idéalement le médecin traitant, sur la présence d’un ou plusieurs de ces symptômes ou signes.

Le diagnostic initial de la maladie repose alors sur un bilan comprenant notamment : un examen clinique, un bilan sanguin et une radiographie thoracique.

Une orientation vers le cardiologue sera ensuite proposée afin de compléter le bilan par : l’examen clinique du spécialiste ; un électrocardiogramme (si non réalisé auparavant) pour analyser l’activité électrique du coeur ; une échocardiographie pour visualiser la morphologie du coeur, ses cavités, sa capacité à se remplir et à se contracter, permettant ainsi de confirmer l’insuffisance cardiaque. 

Les professionnels de santé impliqués s’attacheront également à mettre en évidence la cause à l’origine de l’insuffisance cardiaque et réaliseront un bilan des facteurs de risque cardiovasculaire (par exemple le tabagisme, un diabète, une anomalie des graisses dans le sang, une hypertension artérielle,…).

Diagnostiquée précocement, une insuffisance cardiaque symptomatique peut souvent permettre aux soignants de traiter la maladie sans recours à l’hospitalisation.

Une fois stabilisée, avec un traitement global agissant sur la cause de la maladie et ses symptômes, le respect des recommandations hygiéno-diététiques (exercice physique, se peser tous les jours, observance des traitements, ne pas saler ses aliments) et un suivi régulier par l’équipe de soin, la qualité de vie du patient insuffisant cardiaque peut être préservée.

 

Sourcz Assurance maladie / septembre 2022