Le soleil de l’enfance fait les cancers de la peau de l’adulte


6 juillet 2022

À la veille des vacances d’été, l’Institut national du cancer lance une nouvelle campagne d’information « L’ombre, c’est l’endroit le plus cool de l’été !».

L'INCa alerte en priorité les parents sur les risques solaires pour leurs enfants et leurs répercussions sur la survenue de cancers de la peau à l’âge adulte. Alors que 80 % des cancers de la peau sont liés à des expositions excessives au soleil, les résultats d’une étude[1] menée par BVA en mai 2022 pour l’Institut national du cancer, montrent que le danger des rayonnements UV pendant l’enfance n’est pas suffisamment connu des parents. Ils révèlent aussi que les idées reçues persistent, notamment sur les gestes de protection les plus efficaces. Pour renforcer l’information des parents, et plus largement de l’ensemble de la population, et leur rappeler les gestes de protection efficaces pour leurs enfants, l’Institut déploie son dispositif d’information sur l’ensemble de la période estivale.

 

 

 

 

 

Une enquête qui pointe la méconnaissance des Français vis à vis des risques solaires pour les enfants

 

Alors que les activités prévues par les parents, pendant la période estivale, sont bien naturellement programmées en extérieur, les résultats de l’étude indiquent qu’ils ne sont que 12 % à identifier l’enfance comme une période plus à risque pour la peau en cas d’exposition au soleil.

Près de la moitié d’entre eux (45 %) pensent même qu’il n’y a pas de période plus dangereuse que d’autres.

 

Or, jusqu’à la puberté, la peau est plus fine et le système pigmentaire immature, ce qui la rend plus vulnérable aux effets cancérogènes des rayons UV. D’ailleurs, il est même recommandé de ne pas exposer les enfants de moins de 3 ans aux rayons UV.

Baignade, bronzage, sport en extérieur, promenade ou encore jardinage : toutes ces situations, dès lors que les gestes de protection ne sont pas appliqués, représentent un risque pour la peau. Et les risques de coups de soleil sont tout aussi importants lorsque le temps est couvert. En effet, le rayonnement UVA, contrairement au rayonnement UVB, n’est pas arrêté par temps nuageux, ni par les vitres. Il pénètre jusque dans les couches profondes de la peau.

Accéder aux chiffres clés “Risques solaires pendant l’enfance : perception et habitudes de protection des parents”.

 

Les gestes de protection mal identifiés par l’ensemble de la population et de façon préoccupante par les parents

Se protéger efficacement contre les risques de cancer de la peau liés aux rayonnements UV passe en priorité par :

  • la recherche de l’ombre ;
  • la non-exposition au soleil aux heures les plus chaudes (de 10h à 14h en Outre-mer et de 12h à 16h en métropole) ;
  • le port de vêtements couvrants, d’un chapeau à large bords et de lunettes de soleil.

L’application régulière d’une crème solaire d’indice élevé, sur les zones non couvertes, est quant à elle recommandée en complément de ces modes de protection.

Pourtant, les résultats de l’étude montrent que certains gestes, et notamment les plus efficaces, ne sont également pas correctement identifiés dans la population française et plus particulièrement chez les parents. Ainsi, 58 % d’entre eux pensent que l’application régulière d’une protection solaire, avec un indice élevé, suffit à se protéger efficacement des méfaits du soleil. Ils sont 39 % à penser qu’elle permet de s’exposer plus longtemps.

Le port d’un chapeau, de lunettes de soleil et de vêtements sont cités, dans les mesures efficaces pour se protéger du soleil, mais seulement après l’application d’une crème solaire.

Accéder aux chiffres clés “Risques solaires et cancers de la peau : perception et application des gestes de protection dans la population française”.

 

Des idées reçues qui perdurent et une perception positive du soleil qui influent sur le comportement des Français et les exposent aux risques solaires

Il existe des moyens de préparer sa peau au soleil. Faux !

 

Indiscutablement, les Français aiment le soleil, entre 41 % et 55 % s’exposent longtemps, particulièrement les plus jeunes. Avant de s’exposer, 1 Français sur 5 pensent que prendre des gélules permet de réduire les risques de coups de soleil ; ils sont encore 15 % à penser que les cabines UV sont aussi un moyen efficace.

Aussi, l’Institut rappelle qu’il n’existe aucun moyen qui permette de préparer sa peau au soleil. De plus, le bronzage par UV artificiel augmente le risque de cancers cutanés. Chaque année, 380 cas de mélanomes sont causés par les cabines UV.

Le bronzage est synonyme de bonne santé. Faux !

78 % des Français interrogés croient que le soleil est bon pour la santé. Ils ont également une image positive du bronzage majoritairement portée par des considérations esthétiques :

  • 84 % d’entre eux déclarent que le bronzage donne meilleure mine ;
  • 71 % se trouvent plus séduisants lorsqu’ils sont bronzés.

Il n’y a pas de bronzage sain. Le bronzage, même avant les coups de soleil, constitue déjà une agression pour la peau. Il est le signe d’une réaction qui s’enclenche contre les dommages provoqués par les UV, qu’ils soient naturels ou artificiels. Une peau bronzée indique donc que l’ADN a subi des dommages et n’est donc pas signe d’une bonne santé.

Cela ne signifie pas que le soleil est totalement à proscrire mais dans des proportions raisonnées. Ainsi, pour synthétiser la vitamine D, une exposition courte des mains, des avant-bras et du visage d’avril à septembre est suffisante :

  • 5 à 10 minutes par jour pour les peaux claires ;
  • 15 à 30 minutes pour les peaux foncées ou noires.

Accéder aux chiffres clés “Perception et habitudes des Français face aux risques de cancers de la peau liés à l’exposition solaire”.

 

Chiffres clés des cancers de la peau en France

Avec plus de 100 000 nouveaux cas chaque année, les cancers de la peau sont les cancers les plus fréquents en France. La forme la plus agressive, le mélanome, a vu son nombre de cas multiplié par 5 entre 1990 et 2018 pour atteindre 15 500 nouveaux cas par an. Les cabines UV, qui contrairement aux idées reçues ne préparent pas la peau au soleil, sont chaque année responsable de 380 cas mélanomes.

Appliquer les gestes de protection dès l’enfance permet de réduire le risque de développer un cancer de la peau à l’âge adulte.
« L’ombre c’est l’endroit le plus cool de l’été ! »

Source INCa /juillet 2022

[1] Étude BVA pour l’Institut national du cancer réalisée sur Internet entre le 13 et le 18 mai 2022 auprès d’un échantillon représentatif de la population de 18 ans et plus et d’un échantillon de parents d’enfants de moins de 12 ans.