Plaies superficielles


Par Zoé Xiun

Portes ouvertes aux microbes, les plaies superficielles nécessitent quelques soins réduits mais indispensables.

 

 

Photo Phovoir

 

Superficielle parce que…

Toute plaie est une effraction de la barrière cutanée. Elle est superficielle si elle n’arrache ou ne fend que sa partie supérieure, l’épiderme, qui ne contient pas de vaisseaux sanguins. La plaie ne saigne donc pas.

Elle reste superficielle si elle saigne très peu et fugacement  (1 à 2 minutes) : semis de petits points sanglants par exemple quand le derme superficiel est touché.

Au quotidien on parle d’égratignure, d’excoriation, de coupure, piqûre ou frottement. Mais ça pique, et ça fait mal. Le derme sous-jacent réagit : il se forme une bosse ou boursouflure (œdème) transitoire, suivie ou pas d’un bleu (hématome) plus ou moins étendu. En conséquence, observez l’ensemble de la plaie et ses causes pour juger sa bénignité. Si besoin consultez votre pharmacien.

 

Laver puis « désinfecter »

Une plaie superficielle se lave à l’eau courante avec du savon domestique (savon de Marseille). Frottez un peu pour décaper et retirer les poussières et corps étrangers restés accrochés à la peau. Rincez soigneusement : du savon résiduel rend la plaie humide et ralentit la cicatrisation. Séchez avec un papier absorbant ou un textile propre et sec, non pelucheux. Un bon lavage/savonnage/rinçage/séchage suffit à éviter l’infection.

La plaie est maintenant propre, mais quelques microbes, apportés par l’incident ou déjà présents sur la peau peuvent persister. Le tamponnement antiseptique va les détruire en partie, mais ne peut en aucun cas se substituer à l’étape précédente. Un antiseptique incolore (solution de Dakin, chlorhéxidine) est souvent conseillé car on surveille mieux la plaie qu’avec de la Bétadine (brune). L’alcool à 60 ou 70° est très efficace, comme la solution hydro-alcoolique banalisée par la crise Covid, mais ils piquent et ne vous feront pas de copains…

 

Cicatrice or not cicatrice ?

La cicatrisation superficielle chez une personne en bonne santé est rapide en 3-4 jours quand il n’y a pas de vaisseau sanguin lésé. Le saignement renseigne sur l’importance des lésions (capillaires, petites veines) : leur cicatrisation complète peut demander jusqu’à 8 jours.

Pour une plaie vraiment superficielle, aucun accélérateur de cicatrisation n’est indispensable. On peut appliquer, sous un pansement sec, une crème cicatrisante en couche mince, en surveillant que la cicatrisation progresse sans infection.

 

Attention, une plaie superficielle est, comme tout autre plaie, très sensible aux ultra-violets solaires. La plaie se pigmente vite, formant un tatouage qui peut durer des années, voire toute une vie plus ou moins discrètement. Pendant les beaux jours un pansement évite ce bronzage intempestif et rappelle la présence de la plaie chez les enfants turbulents et les bricoleurs acharnés.

 

 

Microbes en embuscade
Bactéries, virus, parasites peuvent coloniser la peau blessée et envahir l’organisme. À commencer par le monde de microbes qui vit en permanence sur la peau : notre microbiote cutané. Inoffensif quand tout va bien il peut devenir dangereux, surtout les germes « ambivalents » comme les streptocoques et staphylocoques, prêts à retourner leur veste à la moindre occasion. Sans oublier les bacilles dits telluriques qui survivent dans l’environnement sous forme de spores quiescentes, tel le bacille du tétanos. Contre lui, la vaccination est souveraine et parfaitement tolérée. Vérifiez que vous êtes à jour.