Le stress post-traumatique


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Question sur le Stress Post-Traumatique

L'Etat de Stress Post-Traumatique (ESPT) ou en anglais, Post Traumatic Stress Disorder (PTSD), résulte d'un ensemble de réactions pouvant se développer chez une personne ayant été victime ou témoin d'un événement traumatique grave. Reconnu comme une affection à part entière, ce syndrome justifie une prise en charge spécifique.

 

 

Accidents d'avion, prises d'otage, émeutes, inondations brutales'les occasions ne manquent pas d'être témoin ou victime de situations particulièrement traumatisantes. Plusieurs milliers de personnes dans le monde sont ainsi victimes chaque année de chocs psychologiques importants. Les rescapés resteront choqués, sans doute pour le restant de leur vie. C'est le syndrome post-traumatique.

 

Quels sont les symptômes du stress post traumatique (ESPT) ?

Il existe 3 groupes de symptômes qui définissent l'ESPT.

1) Reviviscence de l'événement traumatisant : cauchemars, flashbacks et souvenirs envahissants'

2) Conduite d'évitement et d'émoussement des émotions avec un émoussement général de la faculté de réagir : évitement de stimuli associé au traumatisme, évitement de pensées, de sentiments, d'activités ou de conversations  en rapport avec le traumatisme'

3) Symptômes d'hypervigilance : difficulté à s'endormir ou à rester endormi, de concentrer l'attention, sursauts exagérés'

 

Quelle est la place du syndrome de stress post-traumatique ?

Afin de comprendre et d'améliorer la prise en charge des affections psychiatriques, les spécialistes ont élaboré une classification reconnue sur le plan internationale. C'est le DSM-IV ou 'Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders' version 4.

Selon le DSM-IV, l'Etat de Stress Post-Traumatique (ESPT), ou Post Traumatic Stress Disorder (PTSD) en anglais, est bien individualisé, comme une affection à part entière. Il correspond au syndrome présenté par une personne ayant vécu une situation de stress, englobant une peur intense, un sentiment d'impuissance ou d'horreur. Distinct de la dépression, même si celle-ci peut survenir dans les suites, les spécialistes s'accordent sur son caractère spécifique ; ce qui a pour conséquence que la prise en charge doit être elle aussi spécifique.

Quand peut-il survenir ?

La durée est le facteur clé pour poser le diagnostic. En principe différé par rapport au traumatisme, l'état de stress post-traumatique se constitue dans les heures, les jours ou les semaines qui le suivent. On ne parle d'ESPT que lorsque la perturbation persiste plus d'un mois.

Quelle est sa  fréquence ?

Ce syndrome est plus fréquent qu'il n'y paraît. En moyenne, 20 % des sujets exposés à un traumatisme le développent. Ceci donne une prévalence (proportion de personnes présentant ce syndrome) de près de 2 % dans la population générale. Si on pense d'abord aux vétérans de guerre, aux sauveteurs et pompiers et aux personnes ayant subit un attentat ou une catastrophe naturelles (10 à 20 % des victimes), il faut noter que 20 à 40% des accidentés de la voie publique  présentent un ESPT à 3 mois (probablement l'événement le plus générateur de ESPT en Europe).

 

Quels types de traumatisme peuvent provoquer un ESPT ?

L'ESPT survient à la suite d'un traumatisme psychologique d'une intensité exceptionnelle (attentat, viol, faits de guerre, accidents). Le sujet a craint pour sa vie, son intégrité corporelle ou celle d'autrui, lorsqu'il a vécu des situations dans lesquelles des individus ont été gravement blessés ou sont morts. Cet événement a été vécu avec un sentiment d'horreur et d'impuissance.

Contrairement à des traumatismes de moindre intensité dont le retentissement psychologique dépendra de la vulnérabilité du sujet qui les subit, des traumatismes extrêmement intenses peuvent déclencher un trouble de type névrotique et ce, chez des sujets sains n'ayant pas présenté antérieurement de troubles anxieux ou dépressifs.

La réaction immédiate après un tel traumatisme est variable selon les sujets et les circonstances. Le plus souvent la réaction est très intense avec angoisse massive, agitation ou sidération, confusion avec perte des repères, perplexité et troubles de l'attention, difficulté à remémorer l'événement.

Parfois, au contraire, le sujet semble conserver un comportement normal, participe au sauvetage, est normalement réactif.

Dans les jours suivants, il va poursuivre ses activités comme si de rien n'était. La réaction au traumatisme et les réactions émotionnelles vont être différées de quelques heures ou quelques jours.

 

Quelles conséquences sur la vie quotidienne ?

L'état de stress post-traumatique associe des signes spécifiques et constants (les phénomènes de remémoration), un réarrangement de la personnalité et des signes non spécifiques, dépendant de la structure de personnalité antérieure du sujet.

On ne parlera d'ESPT que si les troubles perdurent plus d'un mois.

Les phénomènes de remémoration prennent diverses formes. Ce sont des souvenirs envahissants et répétitifs de la situation. Ceux-ci peuvent interrompre les activités du sujet, et prendre la forme de pensées ou d'images, parfois hallucinatoires, entraînant un sentiment intense de détresse. Ce peut être également des rêves ou cauchemars répétitifs dans lesquels le traumatisme est revécu avec la même impuissance. Il existe parfois une crainte anticipatoire injustifiée, une impression de danger imminent. Très fréquemment, le sujet rapporte une angoisse intense lors de l'exposition à des stimuli en relation avec la situation de traumatisme. Cette angoisse conduit le sujet à mettre en 'uvre des stratégies d'évitement devant toute situation risquant de favoriser la remémoration.

Le remaniement de la personnalité va dans le sens d'une régression vers une position infantile : apparition d'un comportement infantile de passivité et de dépendance à autrui, de revendications caractérielles, d'une recherche de considération et de réparation (avec éventuellement revendication d'une compensation financière).

Les symptômes non spécifiques sont divers et difficiles à distinguer des affections psychiatriques courantes comme la dépression ou l'anxiété généralisée. Il peut s'agir d'un émoussement affectif avec difficultés relationnelles, d'une réduction des activités, d'une asthénie, de troubles de la mémoire et de la concentration, de symptômes somatiques de symptômes phobiques'

 

Quelle en est l'évolution ?

Selon la durée des symptômes, on classera l'ESPT en ESPT aigu pour un tableau durant moins de 3 mois ou d'ESPT chronique, au-delà de 3 mois.

En dehors de tout traitement, plus de la moitié des patients sont rétablis au bout de 9 mois après le traumatisme. A l'opposé, 15 à 25 % ne se rétablissent pas avant des années. Il s'ensuit alors de nombreuses conséquences sociales : instabilité conjugale (60 % plus élevée, dans cette population que normalement), 40 % d'échec en plus à l'école secondaire et à l'université, une hausse de 150 % des probabilités de chômage au cours d'un épisode. Un sujet ESPT est 6 fois plus porté à tenter de se suicider que les groupes témoins.

Mais le fait le plus important est le passage à la dépression caractérisée. Un ESPT induit une dépression majeure dans 37 % des cas.

Ce constat justifie la mise en place des cellules de soutien psychologique auprès des personnes victimes ou témoins de situations de stress. Il a été démontré qu'une prise en charge psychologique au moment du stress, permet 'd'évacuer celui-ci' et d'éviter le passage vers l'ESPT.