Les affections respiratoires de l'enfant


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Questions sur les infections respiratoires de l'enfant

L'appareil respiratoire est la porte d'entrée des agents agressifs extérieurs contenus dans l'air : polluants, allergènes, virus, bactéries'. Chez l'enfant, le système immunitaire est encore déficitaire, ce qui explique la fréquence des infections. Fort heureusement, la plupart de celles-ci sont tout à fait bénignes, même si elles sont spectaculaires et sujet d'inquiétude pour les parents.

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Quelles sont les particularités de l'arbre respiratoire de l'enfant ?

Chez l'enfant, les cavités et les conduits qui constituent l'appareil respiratoire sont étroits. En conséquence, les infections qui favorisent la sécrétion de mucus vont se manifester par des difficultés respiratoires souvent spectaculaires. De plus, le tissu lymphoïde présent dans les fosses nasales va être sollicité et augmenté en volume (végétations), réduisant d'autant le passage pour l'air. Comme le jeune enfant est incapable de se débarrasser des sécrétions nasales et pharyngées et qu'il reste couché durant les premiers mois, la stagnation et l'accumulation de celles-ci dans l'arrière gorge est favorisée.

Par ailleurs, le système immunitaire est immature. Lors des premiers contacts avec les germes et virus, l'organisme ne réagit qu'imparfaitement et 'laisse'  l'infection s'installer. Ce n'est qu'après un certain nombre d'infections que le système immunitaire aura acquis la compétence pour neutraliser les agents infectieux, dès leur pénétration dans la muqueuse. Les mères savent bien que ce sont les premiers temps de la socialisation de l'enfant (crèche ou maternelle) qui sont marqués par de nombreux épisodes infectieux.

 

Quels sont les germes en cause, chez l'enfant ?

La plupart des infections respiratoires sont d'origine virale. C'est particulièrement le cas pour les rhinites ou les bronchiolites. Toutefois, l'origine bactérienne doit être repérée, car le traitement sera à base d'antibiotiques. Les bactéries le plus fréquemment retrouvées sont le pneumocoque à tout âge, l'hémophilus et Mycoplasma pneumoniae après 5 ans.

Ce constat est fondamental, car rappelons que les antibiotiques sont sans effet sur les virus. L'adage « les antibiotiques, c'est pas automatique » prend toute sa valeur. Donc, pas d'inquiétude si le médecin ne donne pas d'antibiotiques à votre enfant au cours d'une infection, il a raison. La prescription n'accélérerait pas la guérison, comme le croient encore certains.

 

Comment reconnaître une rhinite ?

La fièvre est le premier symptôme à apparaître : brutale, élevée, à 39°-40°, elle reste en plateau pendant deux à trois jours. Cette fièvre réagit bien aux antithermiques et retentit peu sur l'état général. L'enfant surprend par son tonus.

Le nez laisse couler des sécrétions plus ou moins épaisses. L'enfant parle du nez et respire bouche ouverte. La toux et le larmoiement existent plus ou moins. Parfois l'enfant a du mal à avaler et des douleurs auriculaires peuvent le réveiller. Les adénopathies (ganglions dans le cou) sont fréquentes, de petit volume, et indolores. Elles ne doivent pas inquiéter outre mesure et persisteront assez longtemps après l'épisode initial.

Pourquoi les otites doivent être recherchées ?

Elles sont recherchées systématiquement par le médecin car une otite peut exister sans aucun signe d'appel et nécessite cependant une thérapeutique appropriée.

On rencontre le plus souvent la forme dite catarrhale. Le tympan n'est plus nacré, mais n'est ni bombé, ni gris. Les douleurs peuvent être intenses, mais tout rentre dans l'ordre en 24 heures. Il ne s'agit là que d'une extension simple du processus général de la rhinopharyngite.

L'otite suppurée se traduit par une fièvre élevée, des douleurs intenses qui font crier l'enfant. Le tympan est gris, bombé. A ce stade, une paracentèse, faite par un spécialiste, amènera une sédation rapide des douleurs et de la fièvre. L'otite suppurée peut se rompre spontanément. Après l'épisode initial, le tympan reste anormal dans son aspect et les récidives seront fréquentes au cours des rhino-pharyngites ultérieures. Le traitement fera évidemment appel aux antibiotiques.

Faut-il traiter les angines ?

Inflammation microbienne ou virale des amygdales et du pharynx, l'angine, chez l'enfant, doit toujours être considérée avec attention. Elle est beaucoup plus fréquente que chez l'adulte. Le signes sont connus : difficultés à avaler, douleur, fièvre'

L'amygdale est un tissu lymphoïde (il fabrique les défenses de l'organisme). Les amygdales constituent donc un terrain d'élection pour les affections. Là aussi, l'origine est souvent virale. Toutefois, il est impératif de diagnostiquer les angines bactériennes, particulièrement celles à streptocoque. Le streptocoque est une bactérie qui s'attaque aussi au c'ur et aux reins. En cas d'angine à streptocoque, le traitement antibiotique doit être systématique. Les médecins disposent de tests pour faire le diagnostic de ce germe.

 

Quelles sont les infections touchant les poumons ?

L'enfant et le nourrisson peuvent présenter, comme les adultes, des infections pulmonaires. Les bronchites (atteinte des bronches) et bronchiolites (atteinte des bronchioles) sont les plus fréquentes (90 % des infections respiratoires basses). Elles sont le plus souvent d'origine virale. Par contre, les pneumonies (infections des poumons) sont plus rares. Elles sont généralement d'origine bactérienne.

Quelles sont les particularités des bronchiolites ?

Les bronchiolites sont des infections des bronchioles. Les bronchioles sont de petites bronches de diamètre d'un millimètre ou moins, elles correspondent à la division des bronches et conduisent l'air vers les alvéoles. C'est le virus respiratoire syncitial (VRS) qui est responsable de la plupart des bronchiolites (60 à 70 % des cas). Les bronchiolites sont des infections de l'enfant avant l'âge de 2 ans. Sont également en cause d'autres virus : le virus para-influenza III, les adénovirus, les rhinovirus, les entérovirus.

La bronchiolite aiguë, d'origine virale, survient en période hivernale chez le nourrisson de moins de 2 ans. Après 2 à 3 jours de toux, de rhinorrhée et de fièvre modérée, apparaît une détresse respiratoire avec signes de lutte et râles sibilants.

Pourquoi les bronchiolites doivent être prises au sérieux ?

La gravité d'une bronchiolite est beaucoup plus liée à la détresse respiratoire qu'au risque infectieux. En effet, l'organisme va éliminer le virus en quelques jours. C'est le diamètre des bronchioles qui est en cause. L'infection favorise l'hypersécrétion de mucus, lequel obture les bronchioles de très petit diamètre. Le traitement fera donc appel aux techniques de désencombrement : aspiration ou kiné respiratoire. De plus, les bronchiolites peuvent également se compliquer d'une otite moyenne aiguë ou d'une pneumonie.

Comment fait-on la différence entre infections des bronches et pneumonie ?

La bronchite, d'étiologie le plus souvent virale, associe une toux, une fièvre modérée et des bruits lorsque l'enfant respire. Les médecins auscultent l'enfant, ce qui permet d'entendre distinctement les ronflements. L'installation des symptômes est progressive. Une trachéite (trachéobronchite), une rhinite ou une rhinopharyngite sont souvent associées.

D'installation brutale, la pneumonie associe au contraire une fièvre élevée, une respiration accélérée, des signes de lutte (besoin de forcer la respiration pour respirer) et parfois une douleur thoracique. Des symptômes digestifs peuvent être très présents. D'installation plus progressive, la pneumonie atypique à Mycoplasma pneumoniae associe une toux pénible et persistante, un état général conservé et des signes extrarespiratoires (myalgies, éruption cutanée).