De l'intérêt des génériques


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De l'intérêt des génériques

 

 

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2011 vient d'être publiée au Journal officiel. Pour les pouvoirs publics, la substitution réalisée dans les pharmacies, autrement dit le recours aux génériques, demeure un élément déterminant dans le succès de la politique engagée avec l'assurance maladie.

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Comme le rappelait récemment mon pharmacien, 'le nouveau budget prévoit un déficit de 22,4 milliards d'euros pour l'ensemble des régimes obligatoires. Pour la maladie, les dépenses représentent un peu moins de 11,3 milliards. Dans ces conditions, il faut bien s'attendre à ce que toutes les solutions visant à réaliser des économies soient étudiées.'

Ainsi, au titre de la maîtrise des dépenses, le gouvernement a fixé l'Objectif national des dépenses d'assurance-maladie, appelé ONDAM, à + 2,9% pour cette année. Ce qui entraîne un forfait de remboursement pour les tests administrés par les diabétiques eux-mêmes, tandis que les dépenses de transports pour les personnes en affection de longue durée ne seront plus systématiquement prises en charge et certains taux de remboursements vont baisser.

'Nous sommes tous concernés, souligne mon pharmacien. En tant que professionnels de santé, les officinaux ont des objectifs chiffrés concernant les génériques. Nous devons inciter nos patients à accepter la substitution.'  D'une manière générale, il convient de remarquer que patients et pharmaciens jouent le jeu le plus souvent. Les malades sont maintenant habitués à se voir proposer des médicaments équivalents' et l'acceptent. 'Les réticences tiennent la plupart du temps à des craintes non fondées ou en cas de traitements très spécifiques, comme ceux contre le phénomène de rejet après une greffe d'organe, intervient la pharmacienne adjointe qui a suivi notre conversation. Patience et explications lèvent alors les hésitations.'

'Notre rôle consiste à faire en sorte que ce changement n'affecte en rien la prise du traitement, je dirais même, précise l'officinale, que cela nous permet d'être encore plus précis sur le suivi et l'observance des prescriptions médicales.'

'Mais nous sommes de plus en plus confrontés à une difficulté certaine, poursuit mon pharmacien, à travers la multiplication de la mention 'Non substituable' que le médecin peut inscrire à côté de sa prescription. Si cette mention peut être légitime dans certains cas, nous voyons mal pourquoi elle devient plus fréquente.' Un récent sondage réalisé auprès des pharmaciens a même montré que, pour 90% d'entre eux, cette mention n'était pas correctement rédigée sur l'ordonnance.

Dans l'intérêt général, ces dérives ne doivent pas remettre en cause le droit de substitution des pharmaciens. Au contraire, il convient de continuer à inciter les médecins à prescrire dans le répertoire des génériques. 'Le jeu en vaut la chandelle, conclut mon pharmacien. Des calculs récents démontrent que la progression d'un seul point du répertoire remboursable permettrait une économie de 105 millions d'euros ! C'est loin d'être négligeable quand on est à l'affût des toutes les économies possibles. Qui plus est, un des grands avantages de l'utilisation des génériques tient au fait qu'elle ne présente aucun risque pour la santé du patient. Par contre, la baisse du remboursement, voire le déremboursement d'un médicament, entraîne souvent l'arrêt du traitement avec le risque d'aggraver l'état de santé du patient ou le recours à un produit plus récent, donc plus cher pour la collectivité. »

Je quittai mes officinaux, encore plus conscient que la pharmacie constitue bien un des lieux les plus accessibles pour parler de notre bien-être et de notre santé'

Michel Crosnier

 

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