La goutte


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La goutte

La goutte est une maladie des articulations due à des dépôts  microcristallins évoluant par poussées (accès de goutte) et sensible à un traitement hypo-uricémiant.

 

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La goutte est liée à des dépôts tissulaires de cristaux d'urate de sodium, principalement dans les articulations, la peau et les reins.

La physiopathologie part d'une exagération de la synthèse endogène des purines. Les purines sont les bases azotées qui entrent dans la composition des acides nucléiques (ADN). La dégradation des purines va produire au final, de l'acide urique. C'est cet acide qui se dépose dans les articulations et les reins sous forme de sels (urates).

 

Personnes à risque : les hommes

Avec un sex-ratio de 7 à 9 hommes pour 1 femme, la maladie présente un pic d'incidence entre 50 et 60 ans. Au total, la goutte touche 1% de la population.

Les personnes à risque sont donc les hommes, surtout s'ils ont des antécédents familiaux. Le risque augmente avec l'âge, avec le temps, les reins filtrent le sang moins efficacement, ce qui cause l'accumulation d'acide urique dans le corps.

Il convient également de surveiller, les individus présentant : une maladie des reins (calculs rénaux, insuffisance rénale), une maladie cardiaque, un psoriasis, de l'artériosclérose. De même, il faudra être vigilant, chez les hommes âgés prennant certains médicaments sur de longues périodes comme, les diurétiques, les anti-inflammatoires, certains traitements de la maladie de Parkinson'.

 

Le diagnostic est d'abord clinique

L'accès goutteux est une inflammation articulaire aiguë, très douloureuse, due à la présence de cristaux d'urate.

L'arthropathie goutteuse n'apparaît que plusieurs années après le 1er accès goutteux. Elle se traduit radiologiquement par un pincement de l'interligne articulaire, des lacunes des extrémités osseuses et parfois une ostéophytose.

 

La présence de dépôts intra-articulaires ou sous-cutanés d'urate de sodium monohydraté (tophus) est un élément important pour orienter le diagnostic.

 

Les examens biologiques confirment le diagnostic

Le diagnostic de la goutte repose sur la présence d'un ou de plusieurs des éléments suivants :

' présence de microcristaux d'urate de sodium monohydraté dans le liquide synovial ;

' hyperuricémie > 416 ?mol/l (70 mg/l) chez l'homme ou > 357 ?mol/l (60 mg/l) chez la femme ;

D'abord soulager la douleur

Devant un accès de goutte, il convient d'abord de soulager les douleurs de l'accès goutteux par un traitement symptomatique. Dans un second temps et après bilan, il faudra corriger l'hyperuricémie afin d'éviter les récidives et la chronicisation vers l'arthropathie goutteuse.

 

Le traitement de l'accès goutteux repose sur la colchicine

Il doit être débuté le plus tôt possible, dès les 1res heures. La colchicine per os est traditionnellement privilégiée en 1ère  intention. Elle peut être associée à un anti-inflammatoire.

La recommandation de la ligue européenne contre le rhumatisme propose en 1ère intention, l'usage d'un anti-inflammatoire non stéroïdien ou de la colchicine. Il n'y a, dans les essais contrôlés, aucune évidence de la supériorité d'une des attitudes. Il n'y a pas de durée optimale recommandée, la posologie des traitements symptomatiques devant être progressivement diminuée jusqu'à guérison de l'accès. Le médecin indiquera, en fonction de chaque patient, le schéma thérapeutique le mieux adapté.

 

La prévention des récidives

La prévention des récidives est assurée par les inhibiteurs de la synthèse de l'acide urique. Ils préviennent la récidive des accès goutteux et réduisent les dépôts d'urates. Ils sont indiqués en cas d'accès goutteux récidivant (au moins 2 fois par an), de tophus ou d'arthropathie goutteuse.

 

La correction des troubles métaboliques est impérative

Dans le même temps, il est impératif de corriger les troubles généraux. Une perte de poids en cas de surpoids, la réduction de la consommation d'alcool, un régime pauvre en purine et une prise en charge des maladies comme l'HTA, le diabète, l'hypercholestérolémie sont impératifs.

Certains aliments sont déconseillés : abats, gibier, charcuterie, oie, canard, anchois, sardine, saumon, hareng, truite, coquillages et crustacés, champignons, épinards, chou-fleur, asperge, oseille, lentilles. La quantité de viande doit être limitée à 150 g par jour pour les patients non traités par inhibiteurs de la synthèse d'acide urique.

 

Savoir penser aux hyperuricémies secondaires aux médicaments

La cause la plus fréquente d'hyperuricémie secondaire est le traitement de l'hypertension artérielle par des diurétiques. Ces hyperuricémies modérées (en général inférieures à 570 ?mol/l) ne justifient pas de traitement hypo-uricémiant. Le risque d'accès goutteux est faible. Toutefois, lorsqu'une crise de goutte survient chez un patient sous diurétique, il faut si possible arrêter ce traitement.

D'autres causes possibles sont l'insuffisance rénale et les hémopathies malignes.

Les complications surviennent en cas d'hyperuricémie sévère.

Lorsque l'uricémie est très élevée, des complications peuvent être observées : accès articulaires, dépôts périarticulaires, lithiase uratique, insuffisance rénale aiguë. Ces risques sont habituellement observés pour des uricémies supérieures à 700 ?mol/l (120 mg/l). Un traitement hypo-uricémiant est alors absolument nécessaire.

 

Conseils aux patients

Attention, la goutte n'est pas une fatalité, ce n'est pas la fin du monde, même si des précautions doivent être prises et des mesures sérieuses  mises en 'uvre !

Le mode de vie a une influence importante sur l'évolution de la maladie. En conséquence, l'information du patient est essentielle pour obtenir sa participation à la prise en charge. Il faut expliquer au patient que si la goutte n'est pas une maladie grave, la surveillance au long cours est importante. Merci aux personnes de l'entourage d'encourager le patient à se faire suivre. Les mesures hygiéno-diététiques doivent être bien comprises et suivies.

 

Les objectifs et les modalités du traitement, notamment la nécessité de poursuivre un traitement hypo-uricémiant au long cours, doivent être clairement expliqués au patient. La différence entre le mode d'action de la colchicine (ou d'un AINS), qui traite l'accès goutteux, et celui des inhibiteurs de la synthèse d'acide urique, qui agissent sur l'hyperuricémie, doit être bien comprise.

 

Est-il nocif de boiredu café lorsqu'on est atteint de goutte?

Selon les études, il semble que le café exerce un léger effet protecteur. Ainsi, des données publiées en 2008, et tirées d'une étude menée auprès d'environ 15000 adultes, indiquent que la consommation de café est associée à un taux légèrement plus faible d'acide urique dans le sang. Les chercheurs pensent que les substances antioxydantes contenues dans le café - et non la caféine elle-même - pourraient expliquer cet effet. Quant à la consommation de thé, elle n'a pas eu d'effet sur le taux d'acide urique.

 

 

 

Dernière minute

Les boissons riches en fructose, comme les sodas ou le jus d'orange avec édulcorant, peuvent augmenter les concentrations d'acide urique et donc le risque de goutte. C'est ce qui émane d'une étude prospective américaine menée sur cohorte suivie durant 22 ans.

Une augmentation de la prise de sodas sucrés par des édulcorants de type fructose est apparue associée de manière indépendante avec l'augmentation du risque de goutte. En revanche, les boissons sucrées de régime n'étaient pas associées avec un risque de goutte.

 

 

 

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