Le contrôle des médicaments


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Mon pharmacien et moi

Le contrôle des médicaments

Qu'il soit prescrit ou choisi par le patient, le médicament demeure un produit dont le contrôle de sa bonne utilisation revient au pharmacien. Parce qu'un médicament n'est pas un produit banal, le rôle de l'officinal dans sa délivrance reste fondamental.

 

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Comme bon nombre d'entre vous, je rends visite régulièrement à mon pharmacien. Je n'y vais pas toujours une ordonnance à la main car, depuis longtemps, j'ai l'habitude d'acheter sans prescription préalable du paracétamol, des vitamines ou mon shampooing traitant. Dans ces occasions, mon pharmacien, ou les membres de son équipe, ne manquent pas de me poser quelques questions de manière à vérifier la bonne utilisation de ces produits.

C'est aussi le moment pour moi d'entendre des extraits de dialogues du quotidien entre les officinaux et leurs clients. Ces derniers temps, les conversations, on s'en doute, portent plus particulièrement sur les  affaires du Médiator® et des médicaments déclarés suspects. 'Nous comprenons l'inquiétude des malades, m'expliquait mon pharmacien lors de ma dernière venue. Face à la médiatisation de ces affaires, il est juste de se poser des questions. Notre société évolue vers une demande accrue de transparence à laquelle les professionnels de santé ont aussi l'obligation de répondre. Cependant, il convient de se rappeler quelques points fondamentaux. Le médicament ne peut être considéré comme un produit de consommation commun. Ce n'est ni une paire de chaussures, ni une tranche de viande. Le médicament demande qu'on l'utilise dans des conditions précises, fixées par son autorisation de mise sur le marché. »

Il est vrai que la banalisation de certaines actions nous fait souvent oublier des précautions logiques. La majorité des accidents de voiture a lieu sur le trajet quotidien des automobilistes, c'est à la maison que surviennent souvent les blessures chez les enfants parce que la vigilance de leurs parents s'y relâche plus facilement. Dans le même ordre d'idée, les actes professionnels que nous accomplissons tous les jours nous semblent faciles alors que, vus de l'extérieur, ils semblent compliqués. La répétition, la nécessité d'aller vite, l'habitude, constituent autant de dangers car alors l'attention ne s'exerce plus comme elle devrait.

Voilà pourquoi il est nécessaire de mettre en place des protections, des garde-fous. La première des responsabilités du pharmacien consiste bien en la surveillance des traitements médicamenteux de ses patients. Qu'ils soient prescrits ou d'automédication, c'est sur l'officinal que doit reposer l'ultime vérification du bon usage du médicament.

'Le rôle quotidien du pharmacien est reconnu dans la nouvelle loi, m'explique mon pharmacien. Cela dit, nous n'avons pas attendu cette loi pour nous former. Près de 20 heures de cours sur l'éducation thérapeutique sont intégrées à la formation des étudiants en pharmacie. Depuis plusieurs années, nous avons mis en place des enseignements coordonnés sur des thèmes comme la douleur, l'hémostase ou des pathologies cardio-vasculaires par exemple, et des stages d'application qui répondent pleinement à cette problématique.'

La loi Hôpital, Patient, Sécurité et Patient inscrit le rôle de votre pharmacien d'officine dans le marbre. Par ses connaissances, son expérience, sa proximité et sa facilité d'accès donne à l'officinal toute la légitimité voulue. A lui, en étroite relation avec les autres professionnels de santé, de s'assurer du bon usage des médicaments et d'une parfaite observance de la part des patients.

Michel Crosnier