Les chutes des personnes âgées


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Les chutes des personnes âgées

La chute chez la personne âgée ne doit jamais être négligée, surtout si elle se répète. Les conséquences immédiates  et à moyen terme sont souvent majeures et toujours annonciatrices d'une perte d'autonomie qui doit inciter l'entourage à prendre des mesures adaptées.

 


Pourquoi doit-on s'inquiéter lorsqu'une personne âgée chute ?

En France, tous âges confondus, les chutes représentent l'une des toutes premières causes de décès par accident de la vie courante (pratiquement 2/3 des causes connues). Plus des 3/4 des décès par chute sont survenus chez des personnes âgées de 75 ans et plus.

Il est ainsi aisé de comprendre pourquoi, il faut s'inquiéter lorsqu'une personne âgée chute et pourquoi il faut tout faire pour prévenir ces chutes.

 

Quelles sont les conséquences des chutes des personnes âgées ?

D'abord, comme on vient de le voir, les chutes répétées des personnes âgées sont associées à une forte mortalité. De plus, les chutes accélèrent le processus de perte d'indépendance. Le taux d'institutionnalisation qui en découle peut atteindre 40 %. Les chutes qui se répètent sont souvent le début de la dépendance et du passage de la personne âgée en maison médicalisées. Et ceci d'autant plus que le risque augmente avec le nombre de maladies présentes ou de médicaments pris. Les médicaments ou maladies altérant les fonctions sensitives, cognitives ou motrices sont susceptibles d'augmenter le risque de chute chez la personne âgée.

 

Quelles sont les personnes à risque ?

Le risque de traumatisme consécutif à la chute est plus important chez les femmes âgées de race blanche et de faible poids (qu'il soit exprimé en poids total, IMC ou masse graisseuse), et en général en cas de pathologies fragilisant l'os, altérant la vision, la marche et l'équilibre ou en cas de polypathologie chronique.

 

L'âge est-il un facteur aggravant ?

Oui incontestablement. Mais attention, chaque sujet suit un chemin personnel. Le vieillissement est un processus physiologique continu très hétérogène, variable selon les individus. Le risque de chute n'est pas en rapport avec l'âge chronologique. Les données d'observation montrent que les capacités d'adaptation au risque déclinent régulièrement avec l'avancée en âge, de la personne âgée active et dynamique à la personne âgée dépendante. De nombreux facteurs intrinsèques (médicaments ou maladies altérant les fonctions sensitives, cognitives ou motrices) ou extrinsèques (comportementaux ou environnementaux) peuvent favoriser la chute.

 

Quel est le risque majeur ?

Indépendamment du risque fracturaire, l'impact psychologique de la chute peut être majeur. La peur de tomber existe chez de nombreuses personnes âgées, avant même toute chute. La chute entraîne souvent perte de confiance en soi et angoisse.

Environ 9 000 décès de personnes âgées de plus de 65 ans sont associés chaque année en France à une chute. La mortalité associée à ces chutes augmente rapidement avec l'avancée en âge, dans les deux sexes.

Lorsque la chute est responsable de fracture, il s'agit dans la majorité des cas d'une fracture de l'extrémité supérieure du fémur, indirectement responsable d'une mortalité élevée dans les mois qui suivent. Le risque fracturaire est plus important en cas de pathologies fragilisant l'os, altérant la vision, la marche et l'équilibre ou en cas de polypathologie chronique, et notamment chez les femmes âgées de race blanche.

 

Quelles sont les étapes de la prise en charge ?

Les recommandations de la Société française de gériatrie et de gérontologie et de la HAS font le point sur la prise en charge des personnes âgées présentant des chutes répétées (au moins 2 chutes sur une période de 12 mois).

Il s'agit d'abord de rechercher des signes de gravité "mettant en jeu le pronostic vital et/ou fonctionnel, liés aux conséquences de la chute et/ou aux pathologies responsables de la chute, et ou au caractère répétitif des chutes."

On évaluera bien sûr la gravité des traumatismes, et aussi la capacité à se relever du sol, en se souvenant qu'un séjour au sol supérieur à une heure constitue un seuil péjoratif, avec des risques d'hypothermie, d'escarres, de pneumopathie, d'inhalation et de déshydratation.

A rechercher également, les signes de maladie aiguë potentiellement responsables de la chute : trouble du rythme ou de conduction, accident vasculaire cérébral, insuffisance cardiaque, infarctus du myocarde, maladie infectieuse, hypoglycémie chez le diabétique.

 

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Quelle doit être la démarche diagnostique chez une personne qui a chuté ?

Une chute chez une personne âgée doit faire pratiquer un examen clinique et paraclinique complet, avec recherche des douleurs ou des lésions traumatiques, de l'état cardiopulmonaire et neurologique. Il étudie la capacité à maintenir une posture stable en position debout, en condition statique et dynamique. On réalise également deux tests fonctionnels standardisés et chronométrés évaluant la marche et l'équilibre : station unipodale (anomalie si la personne ne peut pas se maintenir sur une jambe au-delà de 5 secondes) et timed up & go test (mesure du temps mis pour se lever d'une chaise avec accoudoirs, marcher 3 mètres, faire demi-tour et revenir s'asseoir ; anomalie si le score est ? 20 secondes).

Dans un deuxième temps, on va s'attacher à rechercher les facteurs de risque de chute, pouvant être différenciés en facteurs prédisposants et facteurs précipitants. Les premiers correspondent au cumul de facteurs intrinsèques et dépendant de l'état de santé du sujet. Les seconds sont en particulier représentés par les facteurs externes intervenant ponctuellement dans la chute.

Le troisième temps de la consultation doit être consacré à la mise en place des mesures de prévention.

 

Comme prévenir les chutes ?

Il est évident que le diagnostic de chute à répétition doit faire revoir le traitement des patients, avec recherche des interactions médicamenteuses. La correction des facteurs favorisants, au tout premier rang desquels les pathologies neurologiques, doit être systématique.

Sur un plan pratique, de nombreux conseils doivent être suivis par le patient ou la patiente, comme le port de chaussures à talons larges et bas, à semelles fines et fermes avec une tige remontant haut, la  pratique régulière de la marche et/ou toute autre activité physique, un apport calcique alimentaire compris entre 1 et 1,5 g par jour, la correction d'une éventuelle carence en vitamine D (apport journalier d'au moins 800 UI)'

 

Lors d'un trouble de la marche et/ou de l'équilibre, il est recommandé de prescrire des séances de kinésithérapie incluant un travail de l'équilibre postural statique et dynamique et un renforcement de la force et de la puissance musculaire des membres inférieurs, avec des exercices d'intensité faible à modérée.

 

 

 

Aménager l'environnement

 

Eliminer ou baliser les obstacles et dangers

Les tapis ou carpettes.

Les marches et rebords.

Les escaliers.

Les endroits glissants : carrelage, sols cirés.

Les marchepieds et escabeaux : faire vider les étagères trop élevées.

Les objets qui traînent : rallonge, aspirateur, etc.

 

Prévoir des points d'appui fiables

Attention aux nappes, meubles et aux objets instables

Les points d'appui sur lesquels on peut compter :

Le mur (éviter de trop s'en éloigner)

La rampe des escaliers

Les meubles (qui doivent être bien disposés)

Au besoin, faire placer des barres d'appui supplémentaires : en particulier aux WC et dans la salle de bain

 

Dans la salle de bain

Siège fixé dans la douche ou siège pivotant monté sur la baignoire.

Tapis de douche anti-dérapant

Le parcours lit - WC

Prévoir un éclairage : lampe de chevet, veilleuse, adhésif fluorescent sur les obstacles'

Dégager les alentours du lit et le parcours

 

A l'extérieur

Attention aux dallages irréguliers, aux marches mal éclairées.

Accès à la voiture : prendre le temps de bien ouvrir la portière et de trouver de bons appuis. D'après HAS