Les infections nosocomiiales


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Les infections nosocomiales

Les infections nosocomiales sont devenues une question majeure de santé publique, à cause de leur fréquence et de l'importance du préjudice pour le patient. L'application des recommandations actuelles a considérablement réduit leur fréquence. Mais la vigilance est toujours de mise.

 

Une infection nosocomiale ' ou infection hospitalière' peut être définie comme une infection acquise à l'hôpital par un patient admis pour une raison autre que cette infection. Cette définition inclut les infections contractées à l'hôpital mais qui se déclarent après la sortie, et également les infections professionnelles parmi le personnel de l'établissement.

De nombreux facteurs favorisent l'infection chez les patients : une immunité affaiblie, la variété croissante des interventions et des gestes invasifs qui peuvent ouvrir la voie à l'infection, la transmission de bactéries résistantes aux antibiotiques au sein d'hôpitaux surpeuplés, souvent facilitée par l'insuffisance des précautions de lutte contre l'infection.

 

Une cause majeure de morbidité

Les infections contractées en milieu médical figurent parmi les causes majeures de décès et de morbidité accrue parmi les patients. Une enquête de prévalence réalisée pour l'OMS dans 55 hôpitaux de 14 pays a montré qu'en moyenne, 8,7 % des patients hospitalisés étaient touchés par une infection nosocomiale.

Les infections nosocomiales les plus fréquentes sont les infections du site opératoire, les infections urinaires et les infections respiratoires basses. L'étude de l'OMS et d'autres études ont également montré que la prévalence maximale des infections nosocomiales s'observe dans les unités de soins intensifs et dans les services de chirurgie d'urgence et d'orthopédie.

Un impact humain et économique important

Les infections nosocomiales peuvent dans certains cas conduire à des affections invalidantes, voire au décès et réduisent toujours la qualité de vie des patients. Leur coût économique est considérable. La prolongation du séjour à l'hôpital est en moyenne de plus de 8 jours (3 jours en gynécologie, 10 jours en chirurgie générale et 20 en chirurgie orthopédique).

Trois microbes principalement en cause

Les agents en cause peuvent provenir d'une autre personne présente dans l'hôpital (infection croisée) ou de la propre flore du patient (infection endogène). Il peut aussi s'agir de germes présents sur un objet ou dans une substance récemment contaminés par une autre source humaine d'infection (infection environnementale).

La plupart des infections actuellement contractées à l'hôpital sont dues à des micro-organismes courants dans la population générale, où ils ne produisent pas de maladie ou sous une forme plus légère que chez les patients hospitalisés

Les trois micro-organismes les plus fréquemment responsables des infections nosocomiales en France sont Escherichia coli (25 %), Staphylococcus aureus (19 %, dont 52 % résistants à la méticilline) et Pseudomonas aeruginosa (10 %).

 

Les traitements antibiotiques doivent être parcimonieux et justifiés

Par le biais de la sélection et de l'échange d'éléments de résistance génétique, les antibiotiques favorisent l'émergence de souches bactériennes multirésistantes. Les bactéries peuvent se transmettre leurs facteurs de résistances et ainsi rendre résistant de nouveaux germes qui étaient sensibles quelques années auparavant.

L'usage répandu des anti-infectieux pour le traitement ou la prophylaxie (y compris en application locale) est le principal déterminant de cette résistance. De nombreuses souches de pneumocoques, de staphylocoques, d'entérocoques et de bacilles tuberculeux sont actuellement résistantes à de nombreux anti-infectieux qui étaient auparavant efficaces. Ceci explique que les médecins réfléchissent à deux fois avant de prescrire une traitement antibiotique. Ainsi, ils préfèrent faire revenir le patient en consultation, plutôt que de prescrire à tort et à travers.

 

Les patients ne sont pas égaux face aux infections

Parmi les importants facteurs personnels qui entrent en jeu dans l'acquisition de l'infection figurent l'âge, l'état immunitaire, les maladies sous-jacentes et le type des interventions diagnostiques et thérapeutiques. Il est aisé de comprendre que plus un patient est physiquement atteint, plus il est sensible aux infections. Ce constat explique que les parents ne sont admis au chevet de certains patients que de façon limitée et pour de courtes périodes.

Les patients infectés sont relativement plus nombreux dans les services de réanimation, dans les CHU et dans les centres de lutte contre le cancer. Les sujets âgés, de sexe masculin, atteints d'une maladie sévère, immunodéprimés, opérés ou exposés à un dispositif invasif (sonde urinaire*, cathéter vasculaire ou intubation/trachéotomie) sont également plus touchés que les autres.

On observe cependant une diminution modérée (4 %) de la prévalence des patients infectés entre 2001 et 2006. Le maintien d'un haut niveau de prévention est cependant indispensable, car les infections nosocomiales restent trop fréquentes.

* Les infections sur sondage urinaire ou sonde à demeure ne sont plus comptabilisées dans les statistiques des infections nosocomiales.

 

Une réorganisation des structures de l'hôpital

Du point de vue de l'organisation hospitalière, les facteurs les plus importants sont : le surpeuplement de certains services, les fréquents transferts de patients d'un service à l'autre et la concentration, dans un même secteur, de patients hautement vulnérables à l'infection tels que les nouveau-nés, les brûlés ou les patients en unités de soins intensifs'

Depuis quelques années, un plan national de prévention des infections nosocomiales a été élaboré. Dans chaque hôpital, un comité de lutte contre ces infections regroupe les spécialistes infectiologues, épidémiologistes, bactériologistes. Ces spécialistes traquent les germes en causes au sein des services et mettent en place les actions nécessaires pour éviter les contaminations. Au total, l'ensemble des hôpitaux français ont été réorganisés pour faire diminuer la fréquence des infections nosocomiales.

 

Conseils pour éviter les infections nosocomiales (d'après les recommandations du ministère de la santé)

Lors d'une hospitalisation, il faut vous munir de votre nécessaire de toilette (savon liquide, dentifrice) et en particulier d'une brosse à dents en bon état, de rasoir, peigne, brosse à cheveux. Vos serviettes de toilette doivent être fréquemment lavées et correctement séchées.

Lorsque des accessoires ne peuvent pas être fournis ou sont oubliés, les équipes soignantes disposent de certains accessoires en « dépannage » qui sont à patient unique ou qui seront ensuite désinfectés entre chaque patient.

En cas d'intervention chirurgicale programmée, il vous est demandé de participer à la préparation de votre intervention. Cette participation consiste tout d'abord à renforcer votre hygiène corporelle la veille et le matin de l'intervention. Cette mesure est souvent préconisée lors de la première consultation préopératoire avec le chirurgien et avec l'anesthésiste.

Une plaquette expliquant les consignes à respecter ainsi qu'une ordonnance comportant la prescription d'un savon antiseptique vous sont remises à l'issue de ces entretiens en complément de la discussion avec les médecins. Il est très important de suivre attentivement les recommandations de votre praticien.

Les jours précédents, il ne faut pas raser la zone à opérer avec un rasoir à lames, ce qui risque de provoquer des micro-plaies.

Pour certaines interventions le chirurgien prescrira des examens complémentaires (dépistage d'infections dentaires ou urinaires), ceci afin de les traiter avant l'intervention.

En cas de doute, n'hésitez pas à interroger les équipes du service de consultations ou du futur service d'hospitalisation ou encore votre médecin traitant.

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