L'auscultation


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L'auscultation

 

L'auscultation pratiquée par le médecin est un temps essentiel de l'examen clinique. Pour autant, il ne faut pas confondre "auscultation" avec "consultation" et encore moins avec "examen clinique". Mais au fait que recherche le médecin en auscultant un patient ?

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La consultation pratiquée par le médecin se déroule selon un schéma, sinon immuable, du moins très structuré. La première phase est consacrée à l'interrogatoire : le médecin écoute son patient et l'interroge pour recueillir les informations sur l'historique et l'intensité des symptômes ressentis. L'examen clinique, qui suit immédiatement, va permettre de compléter ses informations en recherchant les signes objectifs. 4 grandes étapes : inspection, palpation, percussion, auscultation.

l'inspection le médecin regarde son patient et vérifie l'attitude du patient, sa mobilité, la présence d'anomalies articulaires, cutanées' Durant la phase de palpation qui suit le médecin palpe, touche son patient pour apprécier la taille et le fonctionnement de certains organes. Ensuite, il procède à l'auscultation.

Ausculter, c'est écouter

L'auscultation se définit comme le mode d'exploration clinique qui consiste à écouter les bruits provenant de l'organisme (du latin auscultatio, écoute), soit en appliquant directement l'oreille, soit à l'aide du stéthoscope.

Un mot d'histoire

Dès les écrits d'Hippocrate, on trouve des références à l'utilisation des sons émis par l'organisme pour poser des diagnostics. Hippocrate distinguait déjà, les bruits d'air, d'eau, de « craquement de cuir », ce dernier signant la pleurésie. Après une longue période d'oubli, il fallut atteindre Harvey et Hooke, médecins du 17ième siècle pour faire une relation formelle entre bruits et fonctionnement des organes.

Mais le "mur du son" ne fut vraiment franchi qu'au 19iéme siècle par Laennec, qui inventa le premier stéthoscope, fabriqué au chevet d'une malade avec un tube de papier replié. Il ne restait plus qu'à améliorer l'appareil pour obtenir le stéthoscope tel qu'il est actuellement connu et décrire toute une "sémiologie du son". La diffusion de l'auscultation a eu pour conséquence de modifier la relation au corps du patient. Auparavant, limité à l'inspection lointaine ou, au plus à la palpation du pouls, l'examen devenait intrusif et nécessitait que le patient se dévêtît. La médecine moderne était née.

Quels bruits, de quels organes ?

Tous les organes internes dès qu'ils sont en mouvement produisent des bruits auscultables. En traversant les différentes parties des organes, les fluides comme le sang ou l'air produisent une série de sons rythmés caractéristiques. Toutes anomalies anatomiques induisent des bruits surajoutés dont les différentes expressions ou tonalités orientent vers le diagnostic étiologique.

Chacun a déjà eu l'occasion d'entendre les bruits d'un c'ur sont connus (c'est le toum 'ta qui se répète). Le médecin va rechercher un éventuel trouble du rythme, un souffle cardiaque, au niveau du poumon, le murmure vésiculaire, les râles ou ronflements bronchiques, au niveau des troncs artériels, la présence ou non de souffles.

Les intestins produisent aussi des sons caractéristiques, mais ' peu significatifs sur le plan clinique. Enfin, l'auscultation obstétricale renseigne sur le fonctionnement cardiaque du f'tus.

Maintenant, les informations visuelles et fonctionnelles fournies par toutes les techniques d'imagerie tendent à ne faire de l'auscultation qu'un examen de dépistage. Ce, au grand dam des cliniciens expérimentés qui connaissent encore les subtilités du diagnostic auscultatoire, rapide, efficace et économique ! Un médecin qui ausculte fait donc de la vraie médecine de proximité !

 

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