L'éducation thérapeutique du patient


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L'éducation thérapeutique du patient

 

Mieux connaître sa maladie pour mieux la gérer, telle pourrait être la définition de l'éducation thérapeutique du patient (ETP). Les pharmaciens comme l'ensemble des acteurs de santé sont concernés par cette priorité vis-à-vis des personnes atteintes de maladies chroniques.

 

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Mon pharmacien, comme ses confrères en général, passe beaucoup de temps à expliquer à ses patients l'importance de prendre correctement leur traitement. Cela fait partie des priorités de son métier et constitue à mes yeux une des raisons fondamentales qui font que le médicament ne peut être délivré en dehors des pharmacies.

Pour autant, malgré tous les efforts des officinaux, la non-observance demeure une préoccupation. Une prise erronée des médicaments, en quantité ou au mauvais moment, l'oublie ou la méconnaissance des contraintes d'alimentation ou de boisson, la suspension du traitement parce qu'on se sent mieux, autant de raisons de diminuer l'efficacité de la prescription.

« Pour autant, l'éducation thérapeutique du patient ne se réduit pas à l'observance du traitement, m'a récemment expliqué mon pharmacien. Son objectif est d'apporter au patient les compétences et les connaissances nécessaires pour lui donner davantage d'autonomie et de responsabilités dans la gestion de sa pathologie et de son traitement. »

La loi du 21 juillet 2009 « Hôpital, patients, santé et territoires » note que l'éducation thérapeutique du patient vise donc à « rendre le patient plus autonome en facilitant son adhésion aux traitements prescrits et en améliorant sa qualité de vie ».

« Le pharmacien est-il légitime pour mener à bien un tel projet ? demandais-je alors. « Évidemment ! C'est même le coeur de notre métier. En tant qu'acteur de santé publique, le pharmacien constitue un maillon fort du parcours de soin, me répondit-il enthousiaste en ajoutant plus bas, si vous saviez le nombre de personnes qui vient me voir parce qu'ils n'osent pas avouer à leur médecin qu'ils n'ont pas bien respecté sa prescription ! »

 

L'article 36 de la loi HPST précise, « les pharmaciens sont contributeurs des soins de premier recours qui englobent : La prévention, le dépistage, le diagnostic, le traitement et le suivi des patients ; La dispensation et l'administration des médicaments, produits et dispositifs médicaux, ainsi que le conseil pharmaceutique ; L'orientation dans le système de soins et le secteur médico-social ; L'éducation pour la santé ». Et dans l'article 38, il est clairement écrit que les pharmaciens d'officine peuvent participer à l'éducation thérapeutique et aux actions d'accompagnement de patient.

 

« Notre compétence est reconnue quand il s'agit de transmettre les messages sur le bon usage des médicaments, les effets indésirables, les différentes formes galéniques, les modes de conservation, reprend mon pharmacien. De même la mise en place et la participation aux programmes d'éducation thérapeutique s'inscrivent en parfaite cohérence avec l'évolution de notre profession. »

Je me suis alors remémoré les dernières campagnes de prévention contre le cancer colorectal ou les risques cardiovasculaires. Ces actions menées chez mon pharmacien m'avaient alerté et sensibilisé. J'imagine qu'il en a été de même  pour d'autres personnes et que ces opérations ont permis de détecter certaines pathologies avant qu'il ne soit trop tard.

Pour l'Organisation mondiale de la santé, « l'enseignement du malade comprend la sensibilisation, l'information, l'apprentissage du traitement, le support psychosocial, tous liés à la maladie et au traitement ' pour permettre au malade et à sa famille de mieux collaborer avec les soignants ».

Les nouvelles missions confiées aux pharmaciens vont bien dans ce sens. Avec les médecins, l'hôpital, les associations de patients, ils élaboreront des programmes pour analyser les besoins des patients, établir des objectifs éducatifs personnalisés et réaliser les séances d'éducation, collectives ou individuelles.

Alain Grollaud