Pour un libre accès de qualité


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Pour un libre accès de qualité

En juillet 2008, un décret publié au Journal Officiel créait l'accès direct à certains médicaments devant le comptoir des pharmacies. Par ce libre accès, le ministère de la Santé souhaitait ainsi permettre aux patients de se soigner sans consulter un médecin pour des situations dites « bénignes ».

 

Pour autant, cette nouvelle façon de procéder ne signifiait pas que le client d'une pharmacie puisse se procurer ces médicaments sans aucun contrôle. L'expérience d'autres pays montre bien que la libre consommation de médicaments peut dériver. Des quantités plus importantes que celles nécessaires peuvent déboucher sur des accidents graves voire mortels.

Mon pharmacien avait à l'époque profité de ce changement dans la mise à disposition de ces médicaments dits en libre accès pour créer un rayon spécifique.

Récemment, l'occasion d'acheter un médicament contre la douleur fut pour moi l'occasion de lui poser quelques questions notamment sur les changements de comportements de ses clients. « Depuis trois et demi, les patients comme les officinaux se sont bien adaptés, me dit-il. Aujourd'hui, près de 3 pharmacies sur 4 disposent d'un endroit spécifique pour le libre accès. » En effet, le code de la santé précise bien que cet accès libre doit se faire dans un espace réservé, clairement identifié, situé à proximité immédiate du comptoir pour faciliter les échanges entre patients et pharmaciens ou préparateurs.

En fait, si le but est d'améliorer l'accès des patients à une information adaptée, il est clair que ces achats ne peuvent et ne doivent pas se réaliser sans une recommandation, un conseil et un contrôle de la part de l'officinal. « Plusieurs points nous permettent d'agir dans le sens d'une meilleure prise en charge de la santé de nos clients, me précise mon pharmacien. Tout d'abord, les médicaments en libre accès appartiennent à une liste définie par l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (afssaps). » En effet, l'agence publie régulièrement le nom des produits qui peuvent ainsi être mis en vente. Actuellement, cela concerne  359 spécialités "allopathiques" (provoquant des effets contraires à ceux de la maladie, par exemple faire baisser la fièvre quand le malade présente une élévation de sa température), 42 spécialités à base de plantes et 35 spécialités homéopathiques.

« De plus, poursuit mon pharmacien, ces médicaments, du fait de leurs indications thérapeutiques, peuvent être utilisés sans intervention d'un médecin pour le diagnostic, l'initiation ou la surveillance d'un traitement. Ils présentent une posologie, une durée prévue de traitement et une notice adaptées.?Enfin le conditionnement correspond à la posologie et à la durée prévue de traitement. »

Basé sur une automédication responsable, le libre accès concerne surtout quatre domaines, l'antalgie, les vitamines et suppléments minéraux,?les voies respiratoires et les substituts nicotiniques. On le voit, toutes les conditions sont réunies pour garantir la sécurité sanitaire et la sécurité des patients. Cependant, il convient de ne pas oublier un critère indispensable.

« Le libre accès, m'explique mon pharmacien, ne signifie pas qu'on puisse imaginer une vente libre. Si le patient peut choisir, comparer, lire les indications principales tout seul, le passage au comptoir et la délivrance sont toujours assurés par un professionnel de santé. Le rôle de l'officinal, comme le précise bien les pouvoirs publics, s'avère fondamental. Il connaît le client -à défaut, il a le Dossier Pharmaceutique- et il connaît les médicaments. Son intervention avant l'achat définitif est absolument nécessaire pour assurer au patient un bon usage en toute sécurité. »

 

Alain Grollaud