La santé des agriculteurs


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La santé des agriculteurs

 

Au-delà des images d'Epinal colportant les bienfaits des séjours « au bon air de la campagne » sur la santé, l'actualité a mis en évidence les dangers que courent ceux qui justement y vivent et y travaillent toute l'année : les agriculteurs.

La MSA (Mutualité Sociale Agricole) a lancé une vaste enquête (AGRICAN) sur la responsabilité des pesticides dans la survenue des cancers. Les premiers résultats concluent à une sous-mortalité par maladie et une plus grande espérance de vie dans la population agricole que dans la population générale. Bonne nouvelle, la vérité populaire reste vraie !.

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Un meilleur état de santé que le reste de la population

Toutes causes de décès confondues la mortalité par maladie est diminuée de près d'un tiers, « qu'il s'agisse de la mortalité liée aux maladies endocriniennes (diabète), à celles du système nerveux (Alzheimer, Parkinson) ou encore des accidents cardio-vasculaires. La différence en matière de mortalité liée aux troubles mentaux est encore plus impressionnante, puisque ce risque de mortalité est réduit de 63%. Elle est aussi très sensible pour les maladies du système digestif (36 %) et de l'appareil respiratoire (34 %). Et, contrairement à une idée communément admise, les décès par causes externes chez les hommes, dont les suicides, sont eux aussi inférieurs au reste de la population française. »

 

Trop tôt, pour conclure sur les cancers

Mais la question de l'influence des pesticides sur l'incidence de certains cancers n'est pas réglée. Selon les études antérieures, le nombre de cancers chez les agriculteurs, notamment les cancers dus au tabac, est moindre. Mais certains cancers rares y sont plus fréquents comme les cancers du cerveau, de la prostate, des leucémies ou des lymphomes malins. L'enjeu de l'étude AGRICAN est d'évaluer les risques liés à l'utilisation des produits phytosanitaires et de leur impact sur la santé.

Les résultats sont évidemment très attendus. Force est de reconnaître que la réponse à cette question n'a pas été apportée au cours de cette première phase de l'étude. Les chiffres de l'incidence des cancers, susceptibles d'être plus explicites sur le rôle des pesticides, ne seront pas disponibles avant 2014, pour des raisons de méthodologie statistique. « Il s'agit de résultats partiels et cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de risque cancérigène lié aux pesticides », précise le coordinateur de l'étude.

La sous-mortalité (c'est-à-dire la diminution du taux de mortalité) par cancers est respectivement de 27 % chez les hommes et 19 % chez les femmes. Dans le détail, on voit que la baisse est majeure pour les cancers liés au tabagisme, larynx, trachée, bronches, poumons et vessie (respectivement 50 et 42 %). Ces résultats peuvent s'expliquer par un tabagisme moindre dans la population des agriculteurs (76 % des hommes et 42 % des femmes de la cohorte n'ont jamais fumé ' Bravo !). En revanche, une majoration a été observée pour la mortalité liée au mélanome malin de la peau (+ 1% chez l'homme, +6 % chez la femme).

 

Et les pesticides ?

Interrogé sur le chiffre de 48 % de la population agricole exposée aux pesticides, qui semble effectivement bas, le coordinateur de l'étude a précisé « que ce résultat est lié au fait que les agriculteurs âgés aujourd'hui de plus de 65 ans, et retraités pour certains depuis de longues années, n'ont que très peu, voire pas du tout utilisé de pesticides. » Il faut attendre, plusieurs années d'avoir élargi la population incluse dans l'étude et que les jeunes vieillissent !

En conclusion, il n'y a pas de raisons de s'alarmer. Mais, la prudence reste de mise et n'abusons pas des pesticides ! Quant à ceux qui doivent les utiliser, qu'ils suivent bien les règles de protection.

 

Pour suivre l'état de santé d'une population et l'efficacité des soins, on utilise divers indicateurs. Parmi ceux-ci, deux sont particulièrement importants : le taux de mortalité et de morbidité.

La mortalité, ou taux de mortalité, est le nombre de décès annuels rapportés au nombre d'habitants d'un territoire donné. Par exemple, la mortalité par maladie cardiovasculaire est d'environ 27 % en France. Ceci veut dire que sur 100 décès 27 sont dus à une cause cardiaque ou vasculaire.

Le taux de morbidité est le nombre de malades annuels rapporté à la population.

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