Les psychoses


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Les psychoses

 

On considère que 1 % de la population présente un état psychotique. On ne devrait pas parler de la psychose, mais des psychoses, tant les tableaux sont différents. Quoi qu'il en soit, ces états posent un grand problème de santé public, tant en ce qui concerne la prise en charge thérapeutique, que sociale pour les professionnels de santé, et surtout pour l'entourage.

Une psychose est un trouble mental caractérisé par la perte du contact avec la réalité, une désorganisation de la personnalité et la transformation délirante du vécu.

Les psychoses se distinguent ainsi des névroses, dans lesquelles le patient garde la notion du réel, même s'il en déforme l'importance. Dans la dépression, c'est le trouble de l'humeur et l'angoisse qui sont au premier plan.

Elles ne sont pas à confondre, non plus avec les démences, lesquelles sont des troubles des fonctions supérieures avec, comme dans la maladie d'Alzheimer, une atteinte de la mémoire à long terme ou récente, une désorientation dans le temps et l'espace et des troubles du langage.

 

Une perception perturbée de la réalité

L'idée délirante est une « conviction inébranlable en total opposition avec la réalité ou l'évidence. » Le délire, principal symptôme de la maladie, est un ensemble d'idées, de croyances absurdes déraisonnables, sans rapport avec la réalité et qui s'écartent du sens commun. En quelque sorte, le délire est une théorie qui explique le monde inquiétant et angoissant dans lequel le schizophrène est plongé. Par exemple, l'individu peut être convaincu qu'il est persécuté, en danger, qu'on veut le tuer, ou qu'il est responsable des malheurs dans le monde.

Des hallucinations sont fréquemment observées. Ce sont des distorsions des perceptions des sens. Le sujet entend des voix qui le tourmentent, le font souffrir. Elles peuvent l'accuser, lui donner des ordres, le contrôler, le menacer' La perturbation de la logique de la pensée se manifeste par un langage incompréhensible, avec des associations d'idées décousues. Cet état de confusion mentale peut être accompagné de troubles de la conscience et d'excitation psychomotrice. A l'opposé du sujet névrotique, le patient délirant n'a pas conscience de son trouble et le handicap social est généralement plus important.

Des phases aigues sur un fond chronique

Après contrôle de la phase de psychose aiguë, 80 % des sujets souffrent de symptômes chroniques avec possibilités d'accès psychotiques.

Il existe 2 types de psychoses chroniques : les schizophrènes et les psychotiques chroniques. La schizophrénie se manifeste par des idées délirantes, incohérentes, des bizarreries dans le comportement (rires inopinés'), une détérioration de l'adaptation sociale avec tendance au repli sur soi-même (autisme). La psychose chronique est un délire chronique de type paranoïaque se développant sur un seul thème (généralement la persécution), mais à la différence du schizophrène, l'adaptation sociale est tout à fait préservée.

Les causes sont inconnues

On ne connaît pas la ou les causes de la schizophrénie. Par contre, des hypothèses sont avancées pour expliquer une vulnérabilité biologique évidente. Dans le contexte d'un terrain prédisposant, des stresseurs de vie pourraient favoriser l'apparition des symptômes. On a remarqué que le risque d'être atteint de schizophrénie augmente si d'autres membres de la famille en sont atteints. Il y a donc une possibilité de transmission génétique. 1% de la population est psychotique. 5% en cas d'atteinte d'un parent au deuxième degré (oncle, cousin), 10% en cas de parents au premier degré ou jumeaux dizygotes, 40% en cas de 2 parents psychotiques et 50% en cas de jumeaux homozygotes.

Chez le schizophrène, on observe l'augmentation de la dopamine. Chez les consommateurs de drogues hallucinogènes, par exemple, il y a production de symptômes psychotiques par stimulation de la dopamine. Le stress crée un contexte intense qui favorise les rechutes. « Les malades évoluent donc mieux dans un milieu faiblement émotif, sans trop de demandes de performance. À l'opposé, l'hostilité, les relations humaines intenses et intimes, les pressions, les tensions de l'entourage, les changements de routine peuvent provoquer des rechutes de schizophrénie. »

Le diagnostic est parfois flou

Il existe des personnalités « border-line » ou états limites pour qualifier des patients qui oscillent constamment aux limites de la névrose et de la psychose sans constituer de symptômes névrotiques durables et sans décompensation délirante.

« Les tableaux sont très variés, avec une tendance générale à l'impulsivité. L'instabilité, la dépendance, les troubles de la sexualité et du comportement, les conduites addictives ou antisociales sont des éléments constants. L'angoisse, la dépression sont fréquentes. »

 

La pathologie des créateurs ?

On entend souvent que la création artistique est favorisée par la psychose. De grands artistes sont connus pour avoir été psychotiques : Camille Claudel, Nijinski, Pissaro, Charles Bolden, créateur du jazz ... S'il est vrai que l'on est souvent surpris, voire émerveillé par la production de certains patients, il n'en reste pas moins vrai qu'il s'agit d'une maladie très invalidante.

Environ 45 millions d'adultes dans le monde souffrent de schizophrénie (OMS, 2001). De 40 % à 60 % des personnes atteintes de schizophrénie tenteront de se suicider et 10 % mettront fin à leurs jours (société canadienne de schizophrénie). Ce qui tend à prouver que le psychotique souffre et que le distinguo dépression/psychose n'est pas absolu. Une étude menée conjointement par l'Université de Columbia à New York et le ministère de la Santé d'Israël a récemment conclu que les hommes qui procréaient entre l'âge de 45 à 49 ans étaient deux fois plus susceptibles d'avoir des enfants qui seraient atteints de schizophrénie.

 

Ne pas confondre avec la personnalité paranoïaque

C'est une personnalité pathologique qui ne présente pas à proprement parler de délire. La personnalité paranoïaque se caractérise par plusieurs éléments : l'hypertrophie du Moi est le signe principal. Il est autoritaire, sûr de lui, susceptible, orgueilleux ; il sait toujours tout, il a toujours raison et refuse toute critique. Il est psychorigide, obstiné et méprisant, voire intolérant envers les autres. La méfiance est constante et le paranoïaque interprète toujours de façon malveillante les attitudes des autres. La fausseté de son jugement va de pair avec une intelligence normale.

La plupart des paranoïaques ne deviennent jamais délirants et les individus traversent leurs difficultés relationnelles et sociales sans aller consulter le médecin en se contentant de tyranniser leur entourage familial et professionnel. Toutes ressemblances avec quelqu'un de connu, serait '. !

 

La prise en charge doit être médicale, psychothérapeutique et sociale

La prise en charge doit poursuivre 3 buts : améliorer les symptômes du patient et, si possible, obtenir une rémission, prévenir les rechutes et les complications et enfin réadapter le patient à une vie la plus normale possible en visant l'autonomie. Les médicaments sont indispensables pour réduire la souffrance du malade. La prise en charge psychologique est systématique pour l'aider dans ses relations avec l'entourage.

L'alliance thérapeutique avec le patient est indispensable dès le début de la prise en charge afin de permettre une meilleure adhésion aux soins. Les techniques actuelles d'approches psychosociales permettent d'améliorer l'adaptation sociale, la qualité de vie et de diminuer le risque de rechutes. Il existe de nombreuses structures orientées vers ce type de patients.

 

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