Le traitement du RGO


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Le traitement du RGO

 

 

Selon la Société Française de Gastro-entérologie, le RGO est le passage d'une partie du contenu gastrique dans l'oesophage. Le RGO touche 15 à 25 % des adultes avec des symptômes quotidiens dans 5 % des cas. 10 % de la population adulte présente un pyrosis hebdomadaire. C'est dire l'importance du problème pour nos contemporains et l'utilité d'un traitement facile à mettre en 'uvre.

 

Le reflux est-il toujours pathologique ?

Un RGO physiologique existe chez tous les sujets. Généralement, il ne donne pas de symptômes durant dans le temps. On appelle, donc, par convention RGO, le reflux gastro-oesophagien pathologique, qui handicap la vie du patient.

 

Sur quels symptômes pose-t-on le diagnostic de RGO ?

Le RGO se manifeste par deux symptômes majeurs : le pyrosis et les régurgitations acides. Le pyrosis (pyrosis vient du grec pyro, le feu) est une douleur à point de départ épigastrique. Il s'agit d'une brûlure ascendante rétrosternale, pour laquelle le malade a souvent noté le caractère postural. La douleur survient surtout durant la période de digestion, lors de l'antéflexion (le fait de se pencher en avant). C'est le classique signe du « lacet de soulier ou de la bêche ». La contraction des muscles abdominaux a le même effet. La brûlure peut également survenir électivement la nuit vers 2 h à 3 h du matin, réveillant le malade.

Les régurgitations acides ou amères : la brûlure ascendante se termine quelquefois par une régurgitation de liquide amer ou acide.

 

Ces symptômes sont-ils spécifiques du RGO ?

La présence simultanée de pyrosis et de régurgitations acides est spécifique du RGO. Cette très bonne spécificité (90 %) justifie que l'on puisse affirmer le diagnostic de RGO, sur ces seules données cliniques, sans avoir à faire d'examens complémentaires. Cela a conduit les différentes instances scientifiques à élaborer une démarche cohérente, validée par les données cliniques et épidémiologiques et indiquant précisément comment poser le diagnostic et surtout comment traiter le RGO.

 

Comment a été élaborée la démarche diagnostique du RGO ?

Les experts en gastro-entérologie ont défini une démarche cohérente face à la présence de ces 2 symptômes. Cette démarche est une adaptation des différents consensus internationaux sur le sujet et a été élaborée à partir de nombreuses études cliniques. Ceci nous donne l'occasion de sensibiliser les patients au fait que parfois les médecins leur proposent de participer à de telles études. La finalité de ces études n'est pas de considérer les patients comme des « cobayes », mais de réunir (de façon anonyme) les informations et les données cliniques de nombreux patients afin de les analyser et d'en tirer des conclusions générales. A partir de ces conclusions, les médecins élaborent justement les démarches diagnostiques ou thérapeutiques les plus efficaces. Ainsi le cas de chacun profite à tous.

 

Que doit-on faire face à un pyrosis et à une régurgitation ?

Une fois que les symptômes font suspecter un RGO, deux questions doivent être posées. D'abord, quel est l'âge du patient, ensuite y-a-t-il d'autres signes associé ?

Si le patient a moins de 50 ans et s'il n'y a pas d'autres symptômes, en particulier, amaigrissement, asthénie, pâleur, difficultés à avaler 'le diagnostic de RGO peut être posé de façon quasi certaine et le sujet peut être traité sans avoir besoin de faire d'explorations complémentaires.

Par contre si le sujet a plus de 50 ans ou s'il présente d'autres symptômes ou s'il a des antécédents de maladies digestives comme un ulcère, une 'sophagite ' le médecin traitant fera pratiquer une endoscopie digestive afin de dépister une éventuelle lésion de l'estomac ou de l''sophage.

 

Existe-t-il des règles simples pour éviter ou soulager le reflux ?

Le RGO se définit comme la remontée du contenu gastrique dans l''sophage. Donc, il convient d'abord de lutter contre les causes mécaniques de ce reflux. Première des choses à faire, éviter les ceintures serrées, les vêtements étroits. De même ne prendre que des repas légers le soir, peu abondants et ne pas se coucher juste après le repas. Eviter les aliments acides ; alcool, tomates, épices' Arrêter le tabac qui favorise le reflux. Enfin, surélever la tête de lit par des cales sous les pieds de lit et éviter de se pencher en avant.

 

Quel est l'intérêt de maigrir en cas de RGO ?

Il existe une relation très forte entre surpoids et RGO, surtout chez la femme. Le risque de RGO est 6 fois supérieur chez un sujet ayant un index de masse corporel supérieur à 30, de 4 fois pour un IMC de 25. Les hormones féminines augmentent le risque comme le démontre la baisse de celui-ci après la ménopause. Il est donc vivement conseiller de maigrir en cas de surpoids et de symptômes de reflux.

 

Sur quels principes repose le traitement du RGO ?

Le but du traitement est principalement de soulager la douleur et de permettre un retour à une vie normale. Il convient d'abord de lutter contre l'acidité gastrique.

Les antiacides neutralisent l'acide gastrique déjà produit et diminuent ainsi l'acidité, donc l'agressivité du reflux 'sophagien. Ces produits sont à prendre après les repas, au moment des douleurs ou le soir avant le coucher. Pour assurer la protection de la muqueuse 'sophagienne, les alginates font comme un film protecteur qui s'interpose entre le contenu acide et la paroi de l''sophage.

Pour agir de façon plus radicale, l'inhibition de la sécrétion gastrique acide produite par l'estomac fait appel soit aux antagonistes des récepteurs H2 de l'histamine (anti-H2), soit aux inhibiteurs de la pompe à protons (IPP).

Afin de favoriser l'évacuation de l'estomac, les stimulateurs de la motricité oeso-gastrique éviter le contact du reflux acide avec la muqueuse.

 

Attention aux aliments acides

Les légumes : tomates, épinard, pois cassé

Poissons et fruits de mer : crevette, saumon..

Viandes : bacon, saucisse, steack'

Produits laitiers : fromage frais, yaourt'

Boissons : vin, café, bière, boisson gazeuse, alcool

Et aussi, certains aliments préparés, les noix, l'arachide'

A quoi est dû le RGO ?

La survenue d'un épisode de reflux correspond à une « défaillance » de la barrière anti-reflux située à la jonction entre l'estomac et l''sophage.
Cette barrière est essentiellement constituée de 2 éléments : le sphincter inférieur de l''sophage (SIO), zone de haute pression de 3 à 5 cm de hauteur, possédant un tonus permanent, variable au cours du nycthémère et le pilier droit du diaphragme constitué par du muscle strié renforçant la zone de haute pression du SIO pendant l'inspiration.
Le principal mécanisme de survenue des épisodes de reflux est la survenue de relaxations transitoires du SIO, non déclenchées par la déglutition, de durée plus prolongée que les relaxations induites par la déglutition. Ces relaxations brutales, durant de 10 à 60 secondes, laissent communiquer librement les cavités gastrique et 'sophagienne.