Un exemple à suivre


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Un exemple à suivre

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La prévention et le dépistage constituent des pistes privilégiées pour diminuer les frais de santé dans un avenir proche. Les principales mesures récentes visent à renforcer ces axes de communication. Par sa proximité et sa capacité à répondre aux préoccupations de tous, la pharmacie justifie pleinement son implication dans ces missions.

Face aux événements de ces dernières années, politiques et professionnels de santé s'accordent tous sur les stratégies nouvelles à mettre en place. Pour redonner une pleine confiance à tous en notre système de santé, les patients doivent être mieux informés et les professionnels de santé mieux formés. Une grande partie de cette information des patients doit naturellement passer par le pharmacien.

 

C'est dans cet état d'esprit qu'une majorité des pharmaciens du groupement Optipharm propose depuis plusieurs mois à des clients sélectionnés un dépistage du cancer colorectal. Mon pharmacien me l'expliquait lors de mon dernier passage dans son officine. « Nous ciblons les personnes à qui nous le proposons. Nous choisissons des patients de plus de 50 ans, présentant un autre facteur de risque, essentiellement la cigarette. Au final, plus de 50 % des personnes acceptent de réaliser le dépistage. »

Le cancer colorectal s'avère être le 3ème cancer le plus fréquent, avec 400 000 nouveaux cas par an, derrière le cancer de la prostate et celui du sein. C'est la 2ème cause de décès par cancer, après celui du poumon. Plus il est dépisté et pris en charge précocement, meilleur est son pronostic. En effet, le taux de survie à 5 ans est, selon le stade du cancer colorectal lors de son diagnostic, supérieur à 90 % aux stades I et II.

 

 

Répondre à un problème de santé publique

 

Toutes ces raisons ont poussé les pharmaciens du groupement Optipharm a lancé auprès de leur clientèle un dépistage simple et fiable. Il faut savoir aussi que dans le cadre des campagnes classiques sur le dépistage du cancer colorectal, 17 millions d'hommes et de femmes sont invités à se faire dépister tous les 2 ans. Or, seul 1/3 d'entre eux participent au dépistage contre 2/3 pour les cancers du sein et de la prostate. En s'associant à ce qui est déjà fait, les pharmaciens répondent donc bien à un véritable problème de santé publique.

 

Cette démarche s'effectue également en parfaite complémentarité avec les médecins. « Notre volonté, m'explique mon pharmacien, n'est pas et ne sera jamais, de remettre en cause le rôle fondamental du médecin généraliste. Nous, pharmaciens, souhaitons venir en complément de leur action. Je reste persuadé que nous ne sommes rien les uns sans les autres. Le médecin et le pharmacien sont indissociables. Simplement, notre relation avec les patients est différente, nous utilisons des mots différents pour informer, voilà pourquoi nos actions sont complémentaires. »

Les propos tenus par le Professeur Jacques Dauplat, directeur général du Centre Jean Perrin de Clermont-Ferrand (Centre de Lutte contre le Cancer de la Région Auvergne), éclairent bien cet aspect des choses. « Les pharmaciens d'Optipharm, explique-t-il, doivent poursuivre cette campagne et continuer de la sorte en lançant d'autres démarches visant la prévention. Si 50 % des malades étaient dépistés à temps, note-t-il, ce sont 15 % de plus des cancers qui seraient guéris. »

 

Alors, le soutien des officinaux tombe à pic, d'autant plus que comme me l'explique mon pharmacien, les équipes sont partantes. « Dans notre accueil permanent au comptoir, nous sommes en première ligne pour dialoguer, me dit-il. De plus, nous apprécions tous de nous investir dans ces démarches de prévention et de dépistage. Nous sommes capables de faire autre chose que de délivrer des ordonnances. Notre action est utile et cela aussi être acteur de santé », conclut mon pharmacien.

 

Alain Grollaud

Photo AFL

 

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