Question sur l'arthroseEst-ce normal de vieillir ?De nouvelles missions


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Questions sur l'arthrose

L'arthrose est un problème de santé publique d'actualité, du fait du nombre de patients atteints, du vieillissement de la population, du retentissement sur la vie courante de millions de gens, des coûts engendrés. L'intérêt du diagnostic précoce est évident.

Qu'est-ce que l'arthrose ?

L'arthrose est une affection qui touche les articulations, une dégénérescence du cartilage des articulations sans infection ni inflammation particulière. Il s'agit d'une destruction dégénérative des cartilages traduisant le vieillissement des structures osseuses. Ces lésions touchent le cartilage et l'os sous-chondral (c'est-à-dire de l'os situé sous le cartilage), s'accompagnent d'une inflammation de la synoviale (et non pas de l'os) et de phénomènes de reconstructions articulaires (les ostéophytes).

 

A quoi est due l'arthrose ?

L'arthrose est la conséquence d'un déséquilibre de la balance synthèse/dégradation aboutissant à la dégradation du cartilage. L'os n'est pas un tissu inerte : il est le siège d'une intense activité au sein duquel la production de chrondrocytes (cellules du cartilage) s'oppose à la destruction de ces mêmes cellules. Au niveau de chaque unité osseuse se succèdent des phases de résorption osseuse et de formation osseuse. Lorsque les phénomènes de destruction l'emportent sur la régénérescence cartilagineuse, l'épaisseur du cartilage diminue et l'articulation s'altère. A partir d'un certain âge, ou sous l'influence de microtraumatismes répétés, la résorption osseuse est supérieure à la synthèse osseuse. Dans l'arthrose, il s'ensuit une destruction des structures osseuses avec une déformation des articulations.

 

Qui en est atteint ?

Environ 5 millions de personnes en France souffrent d'arthrose. Pour plus de la moitié des patients atteints, l'arthrose constitue un véritable handicap, dans leur vie personnelle ou professionnelle, avec douleur, impotence déformation'. C'est dire l'intérêt du diagnostic précoce, pour éviter et retarder au maximum la limitation des mouvements.

Ce diagnostic est à rechercher plus particulièrement chez les patients âgés ou en surcharge pondérale, chez les sujets présentant des déformations articulaires (hallux-valgus ou genu-varum') ou ayant exercé des métiers à risque (carreleur, conducteur d'engin').

 

Quelles en sont les causes ?

Tout ce qui concourt à augmenter le travail articulaire est un facteur favorisant l'apparition des lésions arthrosiques. Ainsi, le surpoids, le port répété de charges lourdes, certains gestes (carreleurs') surchargent le travail de certaines articulations. Des traumatismes répétés (sportifs de compétition, marteau piqueur'), une déformation congénitale (scoliose') sont souvent retrouvés dans les antécédents. Mais il ne faut pas négliger le rôle des facteurs hormonaux ou héréditaires, l'ostéoporose ou certaines maladies osseuses.

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Quel est l'intérêt d'un diagnostic précoce ?

Au plan individuel, l'intérêt pratique d'un diagnostic précoce est évident. Il va permettre de mettre en oeuvre une prise en charge adaptée à chaque patient. L'apprentissage, le plus tôt possible, par le patient des gestes adaptés à ses lésions, des attitudes d'économie articulaire ou correctrices, la correction de l'obésité, vont concourir à ralentir l'évolutivité de la maladie. Le suivi médical permettra au médecin de programmer les éventuelles corrections chirurgicales au moment le plus opportun.

 

Quelles en sont les lésions ?

L'arthrose se caractérise par trois lésions anatomiques. D'abord, l'atteinte du cartilage articulaire qui se fissure et se creuse d'ulcérations (trous dans le cartilage) peut laisser l'os à nu. Ensuite, l'atteinte de l'os lui-même qui se décalcifie par endroits et se condense en d'autres, forme des « géodes ». Enfin, apparaissent sur les bords de l'articulation de petites excroissances osseuses : les ostéophytes (parfois dénommés "becs de perroquet").

 

Comment se manifeste-telle ?

Les manifestations cliniques de l'arthrose se résument à la douleur mécanique (quand on mobilise le membre atteint) et à l'impotence fonctionnelle qu'elle engendre de façon variable. Cette douleur peut évoluer par poussées, s'associer parfois à un épanchement articulaire ou à une raideur. Toutefois, la clinique ne suffit pas pour étayer le diagnostic, la radiographie est indispensable.

Le pincement articulaire est le signe radiologique capital. Dans une articulation normale, il existe un espace régulier entre les deux os de l'articulation. Cet espace est plein de liquide (synovie) et comme dans tout bon engrenage, les deux parties s'emboîtent de façon harmonieuse. En cas d'arthrose, la diminution d'épaisseur du cartilage induit un pincement irrégulier de l'espace, traduisant un déséquilibre d'emboîtement, à l'origine des douleurs. Un pincement même minime (1mm) suggère une arthrose débutante. Sa mesure est actuellement la méthode la plus utilisée pour suivre l'évolution d'une arthrose de hanche ou du genou. Pour que cette mesure soit fiable, il faut des clichés de très bonne qualité, réalisés dans des conditions comparables.

Les autres signes radiologiques visualisent les lésions anatomopathologiques. Les condensations osseuses ou, au contraire, les géodes (petites cavités apparaissant dans la trame osseuse) apparaissent dans l'os sous-chondral et traduisent la dégradation ostéo-cartilagineuse ; l'ostéophytose traduit la construction osseuse réactionnelle.

Mais il faut savoir que la discordance observée entre la clinique et la radiologie ne facilite pas la tâche du médecin et que, bien souvent, il est difficile de trancher au cours d'une seule consultation. L'évolution du tableau clinique aidera le médecin à préciser le diagnostic et à établir une stratégie thérapeutique adaptée.

 

Quelles sont les articulations atteintes ?

Les articulations les plus touchées sont celles qui sont soumises à des contraintes régulières. Au premier rang desquelles la hanche (coxarthrose) et le genou (gonarthrose), mais les doigts peuvent aussi être touchés (rhizarthrose).

 

Comment traiter ?

La mise au repos de l'articulation douloureuse constitue la première recommandation, surtout durant les périodes douloureuses. Il faut donc perdre l'excès de poids, s'il existe. L'utilisation d'orthèse soulage l'articulation et évite les douleurs. En dehors des périodes très douloureuses, un exercice modéré est recommandé : pour les arthroses de la hanche, on conseille la bicyclette plutôt que la marche. D'une façon générale, la kinésithérapie permet de repousser l'ankylose et aide à renforcer les muscles autour des articulations. De plus, chaque séance est l'occasion d'apprendre les bons mouvements à pratiquer.

Les médicaments les plus utilisés dans le traitement de l'arthrose sont les antalgiques et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Les AINS ont démontré qu'ils ralentissaient l'évolution de l'arthrose vers l'ankylose et surtout, ils diminuent la douleur. Un certain nombre de molécules sont utilisées pour leurs effets de protection du cartilage.

Enfin, la chirurgie préventive permet de corriger les anomalies de l'articulation. La chirurgie permet surtout de remplacer les parties osseuses détruites comme au niveau des hanches (prothèse).