Alcool et cancer


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Alcool et cancer

 

La consommation de boissons alcoolisées augmente le risque des cancers des voies aéro-digestives supérieures, de l'oesophage, du côlon-rectum, du sein et du foie. L'augmentation de risque dépend de la dose consommée et non du type d'alcool. La consommation de boissons alcoolisées est aussi en France la deuxième cause de mortalité évitable par cancers, après le tabac.

L'Institut National du Cancer vient de faire paraître une fiche synthèse "Alcool et cancer", disponible sur son site (www.e-cancer.fr). Occasion de faire le point.

 

La relation alcool-cancers est scientifiquement établie

L'alcool est classé cancérogène pour l'Homme par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ). Les preuves, qui reposent sur de nombreuses études épidémiologiques, permettent de confirmer que la relation est convaincante pour les cancers de la bouche, du pharynx, du larynx, de l''sophage, du côlon-rectum (chez l'homme) et du sein (chez la femme). Elle est jugée probable pour le cancer du foie et pour le cancer du côlon-rectum (chez la femme). La relation avec le risque de cancer du rein est peu probable. Pour d'autres localisations, les données scientifiques ne permettent pas de conclure.

Des études récentes (plus d'un million de femmes suivies) confirment une augmentation de risque de cancer du sein de 12 % pour 10 g d'éthanol consommé par jour (correspondant à environ un verre). L'augmentation du risque pour le cancer des voies aérodigestives a été récemment estimée à 1,14 chez l'homme et 1,23 chez la femme pour 10 g d'alcool supplémentaire.

 

Molécules responsables : acétaldéhyde et radicaux libres

Le rôle cancérigène du principal métabolite de l'alcool, l'acétaldéhyde, est retrouvé pour la plupart des localisations des cancers, de même pour les radicaux libres. En ce qui concerne les cancers des voies aériennes (bouche, pharynx, larynx'), s'ajoutent les modifications de la perméabilité de la muqueuse par l'alcool, favorisant l'absorption d'autres agents cancérigènes comme le tabac.

 

L'alcool est le deuxième facteur de risque de mortalité par cancers

Pour 2006, il a été estimé que la consommation d'alcool était responsable de plus de 9000 décès par cancers en France. Ceci représente 9 % des décès par cancer chez l'homme et 3% chez la femme.

 

Le risque commence au premier verre

Le risque de cancers augmente de manière linéaire avec la dose d'alcool ingérée. Aucun seuil de consommation sans risque n'a été identifié. Ce qui veut dire que même une faible consommation augmente le risque. De même, l'idée, largement répandue, que le risque dépend de la nature de la boisson alcoolisée, est fausse. Tous les types de boissons alcoolisées augmentent le risque ! Le facteur en cause est la quantité d'alcool pur consommée. Donc un verre égale un verre ! (voir illustration).

 

L'arrêt de la consommation réduit le risque

Des études récentes rapportent que le risque de cancers diminue après 10 ans d'arrêt de la consommation et qu'après 20 ans il redevient équivalent à celui des personnes n'ayant jamais bu. Malheureusement, la France est encore loin de l'idéal. Notre pays reste dans le peloton de tête des pays consommateurs d'alcool, même si la quantité d'alcool consommée par habitant a baissé de moitié en 50 ans.

 

 

 

 

 

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