insomnie et somnolence


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Echos médicaux

 

Insomnie et somnolence

 

L'insomnie constitue un important problème de santé, tant par sa fréquence que par ses répercussions humaines, sociales et économiques. Elle est évoquée par de très nombreuses personnes et elle complique souvent la vie de celles-ci.

« Je dors mal ». Tout le monde sait ce que cela veut dire. Apparemment, il est facile de poser le diagnostic d'insomnie. Et chacun de croire que le problème est résolu. La difficulté apparaît tout de suite, dès que l'on veut définir cette pathologie d'un point de vue médical. En effet, et selon l'HAS (Haute Autorité de Santé), « ce n'est que récemment que des critères précis de diagnostic pour la recherche ont été validés par un groupe d'experts. » Conséquence : les données épidémiologiques sont parfois contradictoires, toujours difficiles à comparer et elles varient en fonction des définitions adoptées pour l'insomnie. L'insomnie est d'abord une plainte subjective, le médecin ne peut pas la constater. En effet, en dehors des enregistrements du sommeil, non réalisables en pratique, il n'est pas possible « d'objectiver » ce trouble. Néanmoins, des approches pragmatiques permettent une bonne évaluation du phénomène au sein de la population et de ses conséquences sur la vie des sujets qui s'en plaignent.

 

A partir de la consommation médicamenteuse

Une première approche de la prévalence (% de sujets s'en plaignant) peut être faite à partir de la consommation médicamenteuse. C'est théoriquement possible pour les hypnotiques. Le codage du médicament permet de connaître le nombre d'assurés ayant demandé le remboursement d'un psychotrope. En 2000, 24,5 % des assurés ou bénéficiaires du régime général ont obtenu le remboursement d'un psychotrope ; 17,4 % ont eu au moins un anxiolytique, 9,7 % un antidépresseur et 8,8 % un hypnotique. Une étude (Ohayon) indique que 10 % d'un échantillon de 5 622 adultes représentatifs de la population française prend un médicament pour dormir. Ces informations situent la prévalence de l'insomnie traitée entre 8.8 % et 10 %. On ne peut cependant pas en déduire une mesure de prévalence de l'insomnie pure, en raison de l'intrication de l'anxiété, de la dépression et de l'insomnie dans la prescription des anxiolytiques.

 

Le ressenti des patients

Une autre approche peut s'appuyer sur les travaux recueillant l'expression d'une insatisfaction liée au sommeil, les travaux recueillant les principaux symptômes de l'insomnie (difficulté d'endormissement, réveils nocturnes avec incapacité à se rendormir ou réveil précoce, sommeil non réparateur) et les travaux qui font explicitement référence à une classification.

Il en ressort globalement que les deux tiers de la population ont déjà connu un problème de sommeil, mais seulement un cinquième à un quart expriment un trouble contemporain de l'étude : sommeil insatisfaisant ou prise d'un médicament pour le sommeil avec un symptôme d'insomnie.

 

Plus de femmes que d'hommes

Selon les chiffres repris par l'HAS, la prévalence de l'insomnie est significativement plus élevée chez les femmes que chez les hommes. En France, le ratio femme/homme est de 1,6 pour l'insomnie et de 1,9 pour l'insomnie sévère. Les synthèses internationales font état d'un taux global de 1,3 et 1,4 et observent que la différence s'accroît avec l'âge.

La durée de sommeil nocturne diminue avec une modification des horaires veille-sommeil, la latence d'endormissement et le temps passé au lit augmentent, mais le sentiment d'un sommeil non réparateur n'augmente pas. De même, la fréquence de l'insatisfaction du sommeil augmente assez peu avec l'âge : de 12 % entre 15 et 44 ans à 15,5 % chez les plus de 75 ans. Les auteurs avancent l'hypothèse d'une désorganisation du rythme du sommeil où la diminution de la durée du sommeil serait compensée par des siestes au cours de la journée.

 

La durée de sommeil

Selon une étude menée par l'Institut du sommeil et la MGEN, la durée moyenne de sommeil en semaine est de 6h58. Ce chiffre est comparable à celui des années précédentes (enquête INPES/BVA, 2008 et 2009) qui indiquait une durée moyenne de sommeil de 7h pour une population d'adultes de 25-45 ans. 29% des Français dorment moins de 7 heures par jour.

 

Cette carence de sommeil affecte plus particulièrement les personnes de 35 à 55 ans qui dorment moins longtemps (6h à 7h en majorité) alors que les personnes de 25 à 35 ans dorment 7 à 8 heures par 24h. L'insuffisance de sommeil est donc bien installée chez les Français, avec un déficit moyen de 1 heure.

Un tiers des français fait au moins une sieste une fois par semaine

 

 

Le week-end ne suffit pas pour récupérer

On observe une hausse du temps de sommeil le week-end, qui passe à 7h50 en moyenne. Elle est destinée à « compenser » la dette de sommeil chronique de la semaine. Or, le manque de sommeil ne s'annule pas en 2 jours. Au fil des années, la population française est en dette de sommeil chronique, sans amélioration.

 

Conséquence : « trop de Français dorment debout »

21 % des français se sentent somnolents au moins 3 fois par semaine, même après une bonne nuit. Parmi ces personnes somnolentes, 7% s'endorment au moins 3 fois par semaine sans pouvoir résister, ce qui peut  exposer à des situations dangereuses.

Parmi les facteurs qui jouent sur le risque de somnolence : le temps de trajet, le temps de sommeil sur 24 heures, les horaires de travail et l'âge. En effet, 18% des français passent plus de 2 heures dans les transports, ce qui grignote leur temps de récupération et les expose à la somnolence.

Les personnes somnolentes conduisent paradoxalement plus que les français en moyenne. 17% des conducteurs conduisent régulièrement de nuit. 12% ont dû s'arrêter de conduire pour dormir cette année. 3% des conducteurs se sont endormis au volant ces 12 derniers mois. Même en cas de somnolence au volant, 30% des conducteurs choisissent de continuer leur route !

Enfin, pour 41% des français, le réveil de leurs enfants est difficile. 11% des enfants seraient gênés en classe par la somnolence.

 

 

 

Enquête INSV / MGEN2011

 

Recommandations INSV contre la somnolence

Dormir suffisamment : au moins 7 heures par 24 heures

Faire des siestes courtes (moins de 20 minutes)

S'arrêter immédiatement lorsque il y a somnolence au volant

Consulter si la somnolence est trop forte

 

 

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