La santé des ados


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Questions sur

 

La santé des ados

 

L'enquête internationale sur la perception qu'ont les adolescents de leur santé indique une perception très majoritairement positive des adolescents, même si ceux-ci rapportent souvent des plaintes somatiques (mal à la tête, mal au ventre, mal au dos, etc.) ou « psychiques » (déprime, nervosité, etc.). Par ailleurs, le manque de sommeil et l'addiction à l'alcool ou aux stupéfiants est constaté de plus en plus tôt et dès le collège.

L'enquête HBSC (Health Behaviour in School-aged Children) est la seule étude existante passant au crible les comportements santé des adolescents dans plus de 40 pays. Ces résultats permettent d'obtenir une cartographie précise des comportements des jeunes de 11 à 15 ans et d'en mesurer l'évolution. Le volet français est coordonné par le service médical du rectorat de Toulouse sous la responsabilité des docteurs Godeau et Navarro avec la collaboration et le soutien financier de l'Institut National de la Prévention et de l'éducation pour la santé (Inpes), ainsi que de l'INSERM U1027 et de l'OFDT.

 

Le travail scolaire est-il une source de stress ?

Plus de trois quarts des collégiens (79 %) se déclarent peu ou pas stressés par leur travail scolaire. Les garçons se déclarent, par ailleurs, largement moins sujets au stress que les filles. Ils affirment à 41 % ne pas du tout être stressés, alors qu'elles ne sont que 28 % dans ce cas.

Par contre, près d'un jeune sur 5 trouve excessif le niveau des exigences scolaires (travail scolaire perçu comme difficile ou fatigant). Sur ce point, la part des garçons est également plus importante avec 23 %, contre 16% pour les filles.

 

HBSC 2010 POUR LA FRANCE

Comme en 2006, 88 % des collégiens estiment que leur santé est « bonne » ou « excellente »

51 % des filles et 31 % des garçons de troisième font part de plaintes multiples et récurrentes

27 % des filles et 18 % des garçons se déclarent « irritables »

20 % des filles et 11 % des garçons indiquent être sujets à « la déprime »

 

Les ados se sentent-ils en bonne santé ?

Les collégiens estiment avoir une « bonne » ou « excellente » santé. C'est le cas de 88 % d'entre eux, comme en 2006. Les filles apparaissent néanmoins comme plus fragiles ; seules 30 % se déclarant en excellente santé (vs 43 % pour les garçons). Ce taux se détériore entre la sixième et la troisième, passant de 37 % à 26 % (vs 46,5 % à 39,5 % pour les garçons).

Les plaintes avancées sont d'ordre somatique ou anxio-dépressif, chose relativement banale à l'adolescence. Selon l'enquête, les collégiens se plaignent au minimum une fois par semaine : de difficultés d'endormissement (31,5 %), d'irritabilité (22,5 %), de nervosité (21 %) et de déprime (15 %). A cela s'ajoutent des troubles somatiques banals comme le mal de dos (18 %), le mal de tête (16 %) ou les douleurs abdominales (15 %).

Toutefois, la France fait partie des pays de l'enquête HBSC où ces taux sont les plus élevés, mais du même niveau qu'en 2006. Là encore, les filles sont plus nombreuses que les garçons à rapporter ces plaintes (1,5 à 2 fois plus souvent).

 

HBSC 2010 POUR LA FRANCE

67 % des jeunes en sixième et 51 % des jeunes en troisième prennent un petit-déjeuner tous les jours

39 % des collégiens mangent tous les jours des fruits

44 % des collégiens mangent tous les jours des légumes

Pour ce qui est de la consommation quotidienne de légumes, la France est très bien placée, puisqu'elle se situe entre le 2e et le 5e rang sur 39 en fonction de l'âge et du sexe

 

Les règles alimentaires sont-elles respectées ?

Bien qu'à l'adolescence les besoins nutritionnels, notamment en calcium et en fer, soient augmentés, c'est à cet âge que l'opposition à certaines règles de vie dictées par les adultes est la plus forte. De plus, l'enquête montre que les filles et les garçons n'ont pas les mêmes habitudes alimentaires.

Concernant les conseils de consommation de fruits et légumes, les filles sont plus nombreuses à les respecter. Ainsi, 41 % des collégiennes (vs 37% des garçons) déclarent manger au moins une fois par jour des fruits et 47% d'entre elles consommer au moins une fois par jour des légumes (vs 41% des garçons). Ces chiffres sont en augmentation sensibles depuis 2006.

Quant à la consommation de sucreries, elle a baissé chez les ados, passant de 28% en 2006 à 24% en 2010. Ce sont les filles les plus consommatrices. Par contre, pas de modifications dans la consommation de boissons sucrées : un quart des jeunes en boivent au moins une fois par jour.

 

Quelle est la place des régimes ?

Chez les ados aussi, le diktat de la minceur est très présent. C'est une époque de la vie au cours de laquelle le corps change et où l'idéal des corps minces est très présent dans les représentations. Seuls 58 % des adolescents estiment être à peu près au bon poids. Un tiers des ados pense devoir faire ou fait un régime pour perdre du poids. 23 % des jeunes de poids normal s'estiment un peu ou trop gros. Il est bon de noter que la France figure parmi les pays avec les taux de surpoids les plus faibles (33ème et 38ème places des 39 pays pour les garçons et les filles de 11 ans)

 

Les ados ont-ils une bonne activité physique ?

31 % seulement des ados ont une activité physique suffisante au regard des recommandations (une heure d'activité physique 5 ou 6 jours/semaine).

Toutefois, 63,5% des collégiens pratiquent un sport régulièrement (quotidiennement ou plusieurs fois par semaine) en dehors de l'école et 55 % déclarent faire une activité sportive au moins 2 heures par semaine.

 

Et dorment-ils bien ?

Les collégiens ont un sommeil plus court et de moins bonne qualité d'année en année. Certains jeunes éprouvent même des troubles d'endormissement qui peuvent avoir des conséquences non négligeables. Fatigue, irritabilité, difficultés de concentration, etc., peuvent en effet impacter leur vie sociale et scolaire.

C'est ainsi que 20 minutes de sommeil au quotidien ont été perdues par an les veilles de journées de classe. 21 % des élèves de troisième présentent une situation de privation sévère de sommeil avec des nuits de sept heures de sommeil ou moins.

L'influence des technologies de l'information et de la communication (TIC) sur le sommeil des adolescents est importante. Si les TIC contribuent sans doute à diminuer les sorties nocturnes des adolescents, elles perturbent leur sommeil. Ceux qui utilisent un ordinateur ont un temps de sommeil plus court (8 h 06 vs 8 h 50), de même ceux disposant d'un téléphone portable équipé d'Internet (7 h 59 vs 8 h 44) ou encore ceux regardant la télévision le soir dans leur chambre (8 h 16 vs 8 h 48). A l'inverse, les élèves de collège qui lisent dorment plus longtemps que les autres : 8 h 52 vs 8 h 28. Le sommeil apparaît ainsi en compétition avec l'utilisation des divers outils électroniques et audiovisuels disponibles dans la chambre des enfants.

 

Que dire des addictions ?

Un tiers des collégiens a expérimenté le tabac, les garçons étant plus précoces que les filles. Un élève sur 6 fume des cigarettes quotidiennement en 3ème et 7 collégiens sur 10 ont déjà bu de l'alcool. Plus préoccupant, un collégien sur 6 a connu une ivresse alcoolique, même si cette « performance » situe la France parmi les pays les moins concernés en Europe. Ce bon point est contrebalancé par le fait qu'un collégien sur 10 a déjà fumé du cannabis, ce qui situe la France parmi les pays les plus consommateurs.

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