A la découverte de l'entretien pharmaceutique


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A la découverte de l'entretien pharmaceutique

 

Les pharmaciens vont maintenant assurer le suivi des patients chroniques dans le cadre de nouvelles missions. Les premiers patients à découvrir l'entretien pharmaceutique seront ceux sous anti-vitamines K (AVK), le traitement anticoagulant de référence.

 

La convention signée par les pharmaciens avec l'Assurance maladie leur donne de nouvelles responsabilités. Alors que l'officine avait pour principale mission de délivrer  les médicaments en veillant à la meilleure dispensation de la prescription, les pouvoirs publics ont jugé que l'officine constituait le lieu de mieux adapté pour s'occuper du suivi des traitements chroniques. « Pour cela, m'explique mon pharmacien, nous devons accompagner personnellement le patient souffrant de ces pathologies à travers un entretien pharmaceutique. Cela demande du temps, des compétences et un savoir-faire particulier. »

En effet, il s'agit pour l'officinal d'un changement de ses pratiques, même s'il a déjà bien l'habitude de s'entretenir avec les malades. L'entretien pharmaceutique redonne ainsi tout son sens au rôle de professionnels de santé qu'assument les pharmaciens. Bien entendu, certaines conditions sont à mettre en 'uvre de manière à réaliser correctement cet acte. « Nous devons recevoir le patient dans un espace de confidentialité isolé phonétiquement et visuellement, précise mon pharmacien. Notre rôle consiste bien  à conseiller et éduquer. Pour cela à travers un questionnaire, nous évaluons la connaissance par le patient de sa maladie. Notre objectif est de faire en sorte qu'il adhère à sa thérapeutique et s'approprie son traitement. »

 

Le premier entretien débute par le recueil d'informations générales relatives au patient. Puis, les notions générales et fondamentales, relatives au traitement proprement dit et à son suivi, sont abordées. Pour la bonne mise en application de ces pratiques, les pharmaciens suivent une formation adaptée tant sur la réalisation des entretiens pharmaceutiques que l'application des recommandations des autorités de santé. Les premiers patients pris ainsi en charge sont ceux sous anti-vitamines K (AVK), le traitement anticoagulant de référence pour des pathologies fréquentes. Parce qu'utilisés depuis plus de 40 ans, ces traitements nécessitent des précautions. Ils demandent en particulier une surveillance renforcée en raison du risque hémorragique élevé, mais également du risque thromboembolique qu'ils peuvent induire.

 

« Il s'agit pas d'inquiéter le malade, me rassure mon pharmacien, mais d'être certain qu'il va suivre son traitement en toute connaissance de cause. En effet, un patient bien informé est un patient plus observant. » Certaines dispositions font déjà partie intégrante du rôle du pharmacien comme la vérification de la posologie, ?de la durée de traitement, ?des précautions d'emploi, ?des informations nécessaires au bon usage du médicament ou du générique. D'autres sont plus nouvelles, comme le contrôle des analyses biologiques indispensables à l'initiation, à la surveillance et à la poursuite de certains traitements.

Pour ces futures pathologies suivies par le pharmacien, la coordination des soins avec les autres soignants est indispensable. D'où l'intérêt de bien remplir le carnet de suivi ce qui rend  aussi le patient plus autonome. Ainsi dans le cas des AVK, celui-ci pensera à prendre son traitement sans oubli et à la même heure, à effectuer régulièrement une prise de sang pour mesurer l'INR, qui contrôle l'efficacité du traitement à travers le temps de coagulation du sang du malade.

 

« Chaque année, conclut mon pharmacien, plus d'un million de patients sont traités sous anticoagulants oraux. Les accidents iatrogènes (troubles provoqués par le médicament) liés à la consommation d'AVK causent près de 17 300 hospitalisations et 4 000 décès chaque année. Notre intervention efficace dans le suivi de ces patients va donc avoir des répercussions sensibles ». C'est tout l'intérêt de ces nouvelles missions, renforcer la santé tout en diminuant les coûts.

 

Alain Grollaud

 

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