L'obésité


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L'impact de l'obésité sur la santé


L'obésité touche, maintenant un français sur dix. La croissance de la population concernée incite les spécialistes à parler de « l'épidémie du siècle ». Au-delà de l'inconfort pour les sujets qui en souffrent, celle-ci fait courir de véritables dangers car elle favorise l'apparition de nombreuses autres maladies.

 

 

Tous les patients, de plus de 40 ans qui se plaignent d'obésité le savent, ils se plaignent de pathologies qu'ils n'auraient probablement pas s'ils avaient un poids normal. C'est soit des douleurs articulaires au genou, à la hanche, des essoufflements au moindre effort, des palpitations cardiaques' Encore faut-il comprendre que ces troubles ne sont que la partie émergée de l'iceberg. Plus sournoisement, l'obésité favorise l'athérosclérose et ses conséquences sur le c'ur et les vaisseaux (infarctus, AVC'), le diabète, la goutte'. Plus récemment on a montré qu'elle favorisait aussi l'apparition de certains cancers comme le cancer du sein ou du côlon.

 

Qu'est-ce que l'obésité ?

Le diagnostic d'obésité est facile. Pour mieux le quantifier, il est actuellement proposé d'utiliser l'index de masse corporelle (IMC) correspondant au poids (kg)/taille (m2). Cet index est très représentatif de la quantité de masse adipeuse d'un individu, et il est bien corrélé au risque de pathologies et de mortalité liées au surpoids.

L'IMC est considéré comme normal entre les valeurs 18,5 et 24,9. C'est pour ces valeurs que le risque de maladies et le plus faible. En dessous de 18,5 on peut craindre une dénutrition, toujours à surveiller chez les grands malades et les personnes âgées. Pour un IMC compris entre 25 et 30, on parle de surpoids. On pose le diagnostic d'obésité si l'IMC est supérieur à 30.

 

Existe-t-il des degrés de gravité de l'obésité ?

Tout à fait, toutes les obésités ne sont pas identiques. En particulier, la répartition de type androïde des graisses (partie supérieure du corps) est considérée comme plus péjorative par rapport à la répartition gynoïde (partie inférieure du corps). On parle dans ce cas d'obésité abdominale, celle-ci étant définie par un tour de taille supérieur à 102 cm chez l'homme et à 88 cm chez la femme.

 

Est-ce réellement un phénomène de santé publique ?

Oui, assurément. Une récente étude de la CNAM montre que 10,2 % de la population âgée de 20 à 64 ans est obèse. Cette étude souligne l'accélération brutale de ces dernières années : la proportion d'hommes obèses qui était stable entre 1980 (6,4%) et 1991 (6,5%) a atteint 10,1% en 2003. Pour les femmes on observait déjà une progression entre 1980 (6,3%) et 1991 (7,3%) mais le taux est passé à 10,5% depuis 2003.

Et bien que l'âge soit un facteur aggravant, cette maladie concerne aussi les plus jeunes :

 

Et chez l'enfant ?

Selon la CNAM, près de 12% des moins de 18 ans présentent une obésité, soit plus de 1,5 millions et 13% des enfants de 4 à 16 ans. La fréquence est la même chez les garçons et les filles et celle-ci a été en progression jusqu'à très récemment. Il semble, en effet que le nombre d'obèses par tranche d'âge n'augmente plus que très modérément. Nous n'en sommes malheureusement pas encore à une régression, mais l'espoir renait. Ceci est probablement à mettre au profit de la politique de prévention et aux mesures prises dans les cantines et par certains parents. Soyons encore plus vigilant, car les enfants obèses sont, à coup sûr des malades à l'âge adulte.

 

L'obésité touche-t-elle toutes les populations ?

Non, certains milieux sont plus propices. Globalement, la prise de poids n'est pas le signe d'une vie aisée, bien au contraire. Les man'uvres, ouvriers (qualifiés ou spécialisés) et agents de maîtrise dirigeant des ouvriers sont les catégories sociaux professionnelles regroupant le plus d'obèses : de 12% à 14% pour ces catégories.

Globalement, plus la position professionnelle de l'emploi progresse sur l'échelle sociale et moins les personnes sont touchées par des problèmes de poids. Les professions les plus préservées sont les professions « intellectuelles » intermédiaires : instituteurs, professeurs. Les cadres de l'industrie sont mieux lotis que les ouvriers mais moins que les instituteurs de ce point de vue.

Ceci peut paraître surprenant, car les cadres et autres professeurs sont plutôt sédentaires, alors que les ouvriers ont une activité physique plus soutenue. Il faut sûrement chercher les causes dans les habitudes alimentaires.

 

Quel est l'impact général de l'obésité sur la santé ?

La consommation médicale des adultes obèses est supérieure de 27% à celles des personnes de poids normal et de 39 % pour les médicaments. Ceci traduit bien la plus grande fréquence d'affections induites par l'obésité.

 

Quel est le degré d'augmentation des risques ?

L'augmentation de risque de développer une maladie chez un obèse varie de + 20 % à + 300 % . On dit que le risque relatif (par rapport à un individu non obèse)  est de 1,20 ou de 3.

Certains risques sont très importants, supérieur à 200 %, voire 300%. C'est-à-dire que les obèses ont 2 fois plus de chances (?), voir 3 de développer des maladies, comme l'infarctus du myocarde, l'insuffisance cardiaque, les AVC, l'HTA, le diabète, la goutte ' Les affections articulaires (du genou principalement) sont augmentées d'un facteur 2, tout comme la lithiase biliaire (calculs dans la vésicule biliaire), les phlébites'

Les cancers (sein, utérus, prostate) ne sont augmentés « que » de 20 à 60 %. Mais étant donné la gravité de ces maladies, ce sont des pertes de chances majeures.

 

Pourquoi doit-on particulièrement surveiller l'obésité abdominale ?

L'obésité abdominale augment fortement le risque cardio-vasculaire. Chez ces sujets, il faut rechercher en priorité des signes d'atteinte artérielle, notamment coronaire. Les autres facteurs de risque cardiovasculaires doivent également être soigneusement recherchés et traités : notamment la pression artérielle, l'hypercholestérolémie, le diabète, le tabagisme'

 

Pourquoi l'obésité est mauvaise pour le c'ur ?

Le c'ur est une pompe qui doit pousser le sang dans tout l'organisme. Il est facile de comprendre que le volume du corps de l'obèse est augmenté, donc le travail du c'ur également. Une pompe qui travail plus qu'une autre s'use plus vite. Pour le c'ur c'est pareil, les efforts qu'il doit développer le fatigue plus vite. De plus les troubles associés, comme l'athérosclérose diminue le diamètre des vaisseaux, diminuant d'autant l'efficacité du travail du c'ur.

 

Qu'en est-il du risque de cancer du sein ?

Du fait de la production d'estrogènes par les adipocytes (les cellules qui composent le tissu graisseux), le risque de cancers hormonodépendants est accru avec, notamment, les cancers du sein et de l'utérus. Même s'il est difficile, un examen gynécologique soigneux doit être la règle pour toutes les patientes obèses.

 

Et de la prostate ?

Le cancer de la prostate est lui aussi sous la dépendance des hormones. L'obésité accroit donc le risque de cancer de la prostate. En conséquence, le dosage du PSA (substances permettant de détecter un cancer de la prostate) ne doit pas être oublié lors du suivi d'un homme obèse.