Qualité de vie et bonne santé


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Qualité de vie et bonne santé

 

Promesse de l'immortalité pour les uns, témoin de progrès de la médecine pour les autres, les indicateurs de mortalité et d'espérance de vie sont devenus des stars des journaux télévisés. Plus prosaïquement, ils font partie des points clés de la politique de santé. Mais vaut-il mieux vivre longtemps ou vivre en bonne santé. Les deux assurément. D'où l'intérêt  de la notion de qualité de vie et de vie en bonne santé.

 

En deux siècles et demi, l'espérance de vie a progressé de façon tellement spectaculaire (de 27 ans en 1750 à 78 pour les hommes aujourd'hui, de 28 à 85 pour les femmes), que l'Institut national des études démographiques (INED) s'interroge : "Peut-on gagner trois mois par an indéfiniment ?". Probablement non, les arbres ne montent pas jusqu'au ciel. Mais cette question en soulève beaucoup d'autres : "Espérance de vie ou espérance de vie en bonne santé ? Taux de morbidité (c'est à dire taux de sujets atteints de maladie) ? Quelles sont les causes de mortalité '?"

 

Qualité de vie

L'Organisation mondiale de la santé définit la qualité de la vie comme « la perception qu'a un individu de sa place dans l'existence, dans le contexte de la culture et du système de valeurs dans lesquels il vit, en relation avec ses objectifs, ses attentes, ses normes et ses inquiétudes. Il s'agit d'un large champ conceptuel, englobant de manière complexe la santé physique de la personne, son état psychologique, son niveau d'indépendance, ses relations sociales, ses croyances personnelles et sa relation avec les spécificités de son environnement ».

Etant donnée la conception moderne de la santé (état de bien être physique et moral), la notion de qualité de vie du point de vue du médecin traitant englobe presque toute cette définition et au moins la santé physique, l'état psychologique, l'indépendance et même la qualité des relations sociales, c'est-à-dire tous les aspects qui peuvent être dégradés par la maladie.

Bien plus et de plus en plus, améliorer la Qualité de Vie d'un patient consiste à réduire les répercussions fonctionnelles négatives (sur l'activité physique, l'état psychologique, les relations sociales...) de sa maladie et de ses traitements, telles qu'il les perçoit.

 

Echelles de qualité de vie

Il est évident que l'appréciation de la qualité de vie, non seulement chez un patient à différents moments, mais aussi entre patients d'une même maladie dépend de très nombreux facteurs subjectifs, comme l'état d'esprit du patient ou du médecin le jour de l'examen, de la signification des mots' Les médecins ont donc élaboré des « échelles de qualité de vie ». De quoi s'agit-il ?

Une échelle de qualité de vie se présente donc comme une liste de questions explorant les aspects constitutifs de la qualité de vie. Exemple : mobilité, sommeil, possibilité de travailler, indépendance'

Partant, il a été mis au point des échelles dites génériques qui tentent de mesurer tous les aspects importants de la qualité de vie et qui peuvent s'appliquer à toutes les pathologies est des échelles spécifiques de telle ou telle pathologie.

Ne soyez donc pas étonné si un médecin vous propose un jour ce type de questionnaires. Cette démarche est un excellent moyen d'aider à trouver le traitement le plus approprié à votre pathologie.

 

Pourquoi apprécier la qualité de vie ?

La question ne se pose évidemment pas pour un sujet qui ne se plaint d'aucun symptôme, qui ne présente aucun dérèglement ni aucune maladie. Mais il en va différemment chez les sujets présentant une maladie. On le sait, les traitements lourds, comme celui du cancer par exemple ou d'autres affections peuvent avoir des répercussions importantes à court ou long terme. Se pose par exemple ce type de questions : doit-on traiter de façon intensive, telle affection au risque de diminuer la mobilité d'un patient ou de voir apparaître des effets indésirables ?

Pour le médecin, il s'agit également de proposer le traitement le plus adapté donc il doit prendre en compte les perceptions et les préférences des patients. De plus, même si ce sont les médecins qui déterminent les soins, ce sont les patients qui choisissent de suivre les prescriptions du médecin ou de rechercher d'autres moyens de trouver une réponse à leurs attentes.

Et l'expérience montre chaque jour qu'il existe de profondes différences entre les perceptions des patients telles qu'appréciée par les médecins et celles exprimées par les patients. Les patients sont attentifs à la qualité de vie, alors que les médecins portent leur attention sur les symptômes évaluables.

Toute la question est donc celle de l'appréciation du ressenti des patients.

 

Espérance de vie en bonne santé

L'espérance de vie à un moment donné représente le nombre moyen d'années que vivra un individu ayant un âge donné, si les taux de mortalité actuels persistent. En France, l'espérance de vie d'une femme, à la naissance est de 84,8 ans, et de 78,1 ans pour un homme.

Mais est-ce la même chose de vivre 90 ans avec les 30 dernières années de sa vie diminué ou de vivre 80 ans en pleine forme ? Non évidemment. D'où l'idée de l'espérance de vie en bonne santé.

Selon la définition de l'INSEE, l'espérance de vie en bonne santé (à la naissance), ou années de vie en bonne santé (AVBS), représente le nombre d'années en bonne santé qu'une personne à la naissance peut s'attendre à vivre. Une bonne santé est définie par l'absence de limitations d'activités (dans les gestes de la vie quotidienne) et l'absence d'incapacités. Il est aussi appelé espérance de vie sans incapacité (EVSI). L'AVBS est un indicateur d'espérance de santé qui combine des informations sur la mortalité et la morbidité.

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En France, en 2008, l'espérance de vie "en bonne santé" à la naissance était estimée à 64,3 ans pour les femmes et à 62 ans pour les hommes, des scores comparables à ceux de pays voisins mais un peu inférieurs à ceux observés dans les pays nordiques. Entre 1995 et 2003, l'espérance de vie en bonne santé à la naissance avait augmenté d'un an et demi pour les femmes et d'une demi-année pour les hommes, soit pour les femmes une amélioration plus rapide que celle de la seule espérance de vie. Mais malheureusement depuis, la progression a stoppé et nous ne gagnons plus d'années de vie en bonne santé, comme dans certains autres pays. Les spécialistes tentent actuellement de trouver des explications à ce phénomène, mais rien de bien satisfaisant encore n'a été avancé. La situation est donc préoccupante, car l'espérance de vie augmente régulièrement, comme on l'a évoqué ci-dessus. Tout se passe comme si on évitait au gens de mourir, mais ' en plus mauvaise santé. Ce sujet est d'importance. Il est présent dans toutes les réflexions des responsables de la santé publique et conditionne également la survie du système de protection sociale. Vaste sujet ' !

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