La sécurité des génériques


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La sécurité des génériques


Les génériques comme les médicaments princeps doivent faire l'objet d'une délivrance particulièrement contrôlée. C'est le métier du pharmacien de veiller à votre santé, la vente des médicaments doit donc s'effectuer dans des conditions telles qu'il soit possible de retrouver, dans les plus brefs délais, les malades et leurs médicaments.


Les conversations vont bon train chez mon pharmacien. Tout le monde parle de la dernière affaire sur les génériques. J'écoute avec attention les réponses de l'équipe officinale. Elles concordent toutes, ces polémiques sur ce sujet montrent que le médicament n'est pas un produit de consommation classique. Les génériques comme les autres médicaments font l'objet de contrôles et de suivis comme il en existe peu pour d'autres produits. Néanmoins, leur dispensation comme celle de tout médicament doit s'effectuer à la pharmacie. « Nous devons rassurer nos patients, me confie mon pharmacien quand je me retrouve face à lui. Une chose est certaine, dans le cas de l'interversion que nous avons connue, le médicament pris à la place de l'autre n'est pas responsable des problèmes, c'est plus vraisemblablement l'arrêt du traitement qui est en jeu. »

Quand en France 1 médicament sur 2 est un générique, en Allemagne c'est 3 sur 4 et au Royaume-Uni 71 %. Et dans ces deux pays, il n'y a pas plus de problèmes pour les malades que chez nous. Quelques rappels s'imposent donc.

Le générique est défini par le Code de la Santé Publique par rapport à une spécialité de marque, « il a la même composition qualitative et quantitative en principe actif, la même forme pharmaceutique, et dont la bioéquivalence (la concentration en principe actif dans le sang est équivalente à celle du médicament d'origine) avec la spécialité de référence est démontrée par des études de biodisponibilité appropriées ».

Pour éviter des confusions, la plupart des génériques sont maintenant des « autogénériques », il s'agit en fait d'une parfaite copie, même molécule, même excipient, même dosage, même forme galénique, même couleur. « De plus, précise mon pharmacien, pour les personnes qui prennent chaque mois le même traitement, nous devons leur délivrer systématiquement le même générique. Nous évitons ainsi les confusions liées à un médicament que le patient ne reconnaîtrait pas. » Nous le savons tous, le générique trouve sa justification dans notre environnement économique. La substitution  contribue efficacement à diminuer le déficit abyssal de l'assurance maladie. « Elle a ainsi économisé 2,4 milliards d'euros en 2012, m'indique mon pharmacien. Alors, me direz-vous pourquoi tant de doutes ? »

La première inquiétude concerne l'origine des produits mais, tous les principes actifs sont contrôlés à leur arrivée en France tout comme quand ils sont produits sur place. Les génériques sont soumis aux mêmes règles de stabilité, conservation, fiabilité que les médicaments originaux. Quant à leur efficacité, on a pu constater quelques différences quand les excipients n'étaient pas identiques, c'est pourquoi les autogénériques sont privilégiés. « Vous savez, remarque mon pharmacien, même avec les médicaments princeps, on remarque des différences d'efficacité selon les individus, le mental intervient aussi dans ce phénomène. Tout le monde connaît l'effet placebo, certains malades se sentent mieux alors qu'on leur a donné un médicament sans principe actif ! » En dernier recours, il appartient toujours au médecin d'estimer l'opportunité de conserver le médicament princeps pour son patient.

« Enfin, conclut mon pharmacien, imaginons que les médicaments soient vendus sur internet :  plus de traçabilité des ordonnances et de la délivrance, des coordonnées du patient non vérifiées, pas de retour rapide des médicaments possible en cas de rappel.?Notre proximité et notre connaissance des patients et de leur traitement nous permettent de réagir rapidement à tout problème, ce qui fait bien de la pharmacie un garant de la santé des personnes. »

Alain Grollaud

 

 


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