Les progrès en ophtalmologie


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Les progrès en ophtalmologie


Pour beaucoup, l'art de l'ophtalmologiste se résume à prescrire des lunettes. Ceci souligne combien la vue est importante. Si les verres ont fait d'immenses progrès depuis quelques décennies, l'évolution et on peut dire la révolution de l'ophtalmologie se situe dans la mise au point de techniques chirurgicales particulièrement spectaculaires. Ces dernières sont capables de corriger la plupart des troubles oculaires et d'envoyer les lunettes aux oubliettes.

 

La presbytie est un trouble de la vision de près. Ce n'est pas une maladie mais un vieillissement normal du cristallin. La souplesse de celui-ci lui permet de modifier sa forme. Cette souplesse, considérable à la naissance, diminue avec le temps et cela devient gênant vers 45-50 ans. La presbytie est un phénomène progressif mais il donne pourtant souvent l'impression d'apparaître rapidement quand la possibilité d'accommodation atteint sa limite pour la vision de près. A partir de 60 ans, la totalité de l'accommodation est perdue et les lunettes « n'évoluent plus ».

 

Les limites du traitement classique : lunettes et lentilles

Des très anciennes lunettes à simple foyer aux verres progressifs, en passant par les doubles foyers, la solution est connue. Mais il faut porter des lunettes ! Les lentilles « mono-vision » et maintenant multifocales évitent se désagrément mais ne sont pas sans contraintes.

La correction chirurgicale de la presbytie représente donc un des derniers défis de la chirurgie réfractive. En effet, aujourd'hui, les traitements chirurgicaux de la myopie, de l'hypermétropie et de l'astigmatisme sont fiables et sûrs. En ce qui concerne la presbytie, la difficulté est tout autre car on connaît mal le mécanisme de l'accommodation. Celui-ci fait intervenir plusieurs acteurs : le cristallin, la zonule, le corps ciliaire' Selon une séquence des événements non encore parfaitement établie.

 

Laser et Implants


Les techniques visant à compenser la perte d'accommodation sont représentées surtout par les implants multifocaux et le laser.

Le laser permettant de corriger myopie, hypermétropie et astigmatisme, est capable de restaurer la vision de loin et de près. Les techniques développées redonnent une vision multifocale et plus récemment une profondeur de champ qui améliore la vision de près.

Les implants multifocaux sont de deux types. Les implants réfractifs qui assurent une très bonne vision de loin et intermédiaire. Les implants diffractifs qui offrent une très bonne vision de loin et de près. C'est dans cette dernière catégorie que se sont multipliés les modèles en raison des résultats très favorables apportés, puisque plus de 90% des patients ne portent plus du tout de lunettes. Les limites à souligner se situent dans la vision intermédiaire et dans une perte relative des contrastes, obligeant le patient opéré à une période d'adaptation pour les variations de lumière et la mise au point à la distance adéquate. Les implants intra-cornéens consistent en la mise en place dans la cornée d'une lenticule synthétique capable de corriger l'hypermétropie ou même la presbytie. L'avènement du laser femtoseconde pour la réalisation contrôlée de la poche intracornéenne et la mise au point de biomatériau bien toléré par la cornée devraient entraîner un regain d'intérêt pour cette méthode.

 

 

Et maintenant les implants accommodatifs


L'ambition actuelle de la recherche est de mettre au point un implant capable d'agir activement comme un 'il véritable et ainsi de reproduire une vraie accommodation (implants accommodatifs). Divers concepts techniques sont en cours d'évaluation.

Les progrès technologiques ainsi que l'amélioration des connaissances de l'optique physiologique oculaire permettent une chirurgie qui donne à l'oeil la possibilité de compenser la perte de l'accommodation. C'est une chirurgie de plus en plus automatisée, quasi entièrement guidée par un ordinateur, sous la surveillance bien entendu du chirurgien. Les résultats sont d'ores et déjà très satisfaisants.

 

Quelques définitions

 

Le cristallin : est la lentille située à l'intérieur de l'oeil, derrière l'iris. Cette lentille permet la mise au point de l'image au fond de l'oeil sur la rétine. Chez le jeune, le cristallin est souple et adapte sa puissance à la distance de l'objet regardé. C'est lui qui fait du globe oculaire un merveilleux appareil « autofocus ». C'est la perte de cette capacité d'accommoder qui oblige à porter des lunettes pour lire, définissant la presbytie.

La zonule : est l'ensemble des fins ligaments, «les fibres zonulaires », qui amarrent le cristallin au corps ciliaire.

Le corps ciliaire : est un renflement en anneau situé derrière la périphérie de l'iris et qui contient un muscle et des cellules spécialisées. Le muscle agit sur les fibres zonulaires et par leur intermédiaire sur le cristallin pour adapter en permanence sa puissance optique aux besoins d'une vision nette à toutes distances' du moins chez le jeune ! Les cellules spécialisées secrètent l'humeur aqueuse qui remplit la partie antérieure de l'oeil.

La pupille : est l'orifice central de l'iris, analogue à l'orifice central du diaphragme d'un appareil photographique. Cet orifice est ouvert sur l'intérieur du globe oculaire qui en est la chambre noire, toujours par comparaison avec une caméra photographique. Et c'est cette chambre noire qui fait que la pupille apparaît noire sauf en cas d'illumination forte et brève, avant que la pupille n'ait le temps de se resserrer. La lumière se réfléchit alors sur la rétine et donne une photographie avec « les yeux rouges ».

 

 

Changer la couleur de ses yeux, tout progrès n'est pas bon à prendre

 

Récemment une Start-up américaine a annoncé la mise au point d'un procédé permettant de changer la couleur de vos yeux. La Société Française d'Ophtalmologie tient à apporter une mise en garde sur le sujet.

La couleur marron (couleur de la plupart des yeux dans le monde) tient à la présence en grand nombre de pigments à la surface de l'iris. Les yeux bleus, au contraire, ne contiennent que peu de pigments. La technique utilisée par cette Start-up consiste donc tout simplement à détruire à l'aide d'un laser le pigment présent sur l'iris afin de changer sa couleur, et ainsi de passer du marron au bleu'

Cette opération non validée sur le plan scientifique n'a fait l'objet d'aucune étude contrôlée. C'est une technique irréversible. Les pigments présents dans l''il ont pour rôle de protéger la rétine de la lumière et des UV. Si on détruit ces pigments, la rétine peut alors être surexposée à la lumière et en souffrir'

Cette technique n'est pas proposée à l'heure actuelle en France et la Société Française d'Ophtalmologie s'y oppose radicalement !

 

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