La cystite aiguë


VPVC120 – –

Questions sur la cystite aiguë

 

La cystite aiguë est une inflammation de la vessie et de l'urètre d'origine infectieuse. On estime que 40 à 50 % des femmes ont au moins une infection urinaire au cours de leur existence. Mais cette infection peut toucher aussi les hommes. La prise en charge est relativement simple, bien que certains pièges doivent être évités.

 

Quels sont les germes en cause dans la cystite ?

La cystite est une pathologie infectieuse. Les germes le plus souvent en cause sont des entérobactéries d'origine fécale, principalement Escherichia coli, mais possiblement aussi Proteus mirabilis, Klebsiellae ou Staphylococcus.

 

Quels sont les signes cliniques de la cystite ?

Le diagnostic de la cystite aiguë simple chez la femme jeune repose sur la constatation d'un tableau associant une dysurie (difficulté à uriner), une pollakiurie (augmentation de la fréquence des mictions), des brûlures ou une impériosité mictionnelle. Selon les cas, un ou deux de ces symptômes sont au premier plan. Ce sont ceux-là qui motivent la consultation' et qui ont déjà permis à la patiente de poser le diagnostic !

 

Comment confirme-t-on le diagnostic ?

La bandelette urinaire positive (présence de leucocytes et de nitrites) argumente bien en faveur du diagnostic d'infection. Il est maintenant admis qu'une négativité de ce test permet d'exclure le diagnostic de cystite. De même, les recommandations précisent qu'aucun autre examen n'est recommandé à ce stade.

L'examen cytobactériologique des urines (ECBU) n'est indiqué, pour la plupart des auteurs, qu'en cas de résultat négatif ou douteux de la bandelette.

Bien évidemment, ce diagnostic de cystite aiguë simple est posé en l'absence de suspicion de risques de complications : pas d'affections de l'arbre urinaire, pas de pathologies comme le diabète ou une immunodépression, et pas de grossesse.

 

 

 

Bandelettes urinaires

C'est la méthode diagnostique de base. Les bandelettes présentent deux plages de réactivité. La plage sensible à la présence de leucocytes, quand elle vire, témoigne d'une pyurie, celle sensible aux nitrites, d'une bactériurie.

La sensibilité, donc la valeur de ce test, est élevée, puisqu'une absence de réactivité permet d'affirmer l'absence d'infection (valeur prédictive négative > 95 %).

Se méfier toutefois des causes de faux négatifs comme la dilution des urines ou les infections à Staphylococcus saprophyticus.

 


Quelles sont les autres causes de la cystite ?

Dans la majorité des cas, la cystite est d'origine bactérienne, mais d'autres causes peuvent être incriminées.

La cystite radique, due à l'irradiation de la vessie pour cancer gynécologique par exemple, est malheureusement d'une chronicité décourageante. Les lésions tissulaires détruisent la capacité de protection de la surface de la vessie, laquelle devient sensible à l'attaque de l'urine, légèrement acide.

La cystite médicamenteuse peut être provoquée par certaines chimiothérapies. Comme pour la cystite radique, on assiste à la destruction de la muqueuse vésicale.

 

Qui doit être traité ?

Tout tableau de cystite, confirmé par un test (bandelette urinaire avant le traitement) doit être traité. L'objectif est de soulager la douleur, de guérir l'infection et de prévenir les complications.

 

Quels sont les principes du traitement de la cystite aiguë ?

La prise en charge thérapeutique repose sur l'antibiothérapie. Celle-ci est, évidemment probabiliste, c'est-à-dire que les antibiotiques sont ciblés sur les germes les plus fréquemment en cause. On fait d'abord appel aux molécules en dose unique. En deuxième intention, si besoin, on utilisera des traitements de 3 à 5 jours.

En cas de suspicion d'infection à Staphylococcus saprophyticus ou les résultats d'un antibiogramme, on orientera sur des antibiotiques plus ciblés.

 

Pourquoi faut-il boire beaucoup durant le traitement ?

Dans tous les cas, une diurèse supérieure à 2 litres par jour a un effet antalgique et elle favorise l'élimination des germes. Donc il faut conseiller de boire de l'eau en abondance.

 

Faut-il consulter après le traitement ?

Etant donné l'efficacité des antibiotiques, il n'est pas nécessaire de consulter pour un contrôle, bien sûr dans le cas où les symptômes ont disparu. Par contre, la persistance des symptômes après 3 jours de traitement, impose un ECBU (examen cytobactériologique des urines), complété d'une imagerie rénale en cas de suspicion de troubles de l'appareil rénal.

De même, en cas de multirécidives, après le traitement de l'épisode, un bilan clinique (en particulier gynécologique), biologique (glycémie, glycosurie, protéinurie, créatininémie) et échographique devra être entrepris.

 

Quels sont les risques de complications ?

La principale complication est la récidive. Certaines femmes y sont très sujettes. La prise en charge de la cystite récidivante peut avoir un caractère exaspérant. Il est nécessaire dans ce cas d'éduquer la patiente afin que celle-ci pratique un test par bandelette elle-même et déclenche le traitement. Mais la prévention doit avoir toute sa place.

Rarement il est possible d'observer la survenue d'une hématurie clinique (urines rougies) ou d'une pyélonéphrite (infection rénale).

 

Quelles sont les situations à risque ?

La cystite chez un patient présentant des facteurs de risque de complication : sexe masculin, sujet âgé, pathologie urologique, diabète, immunodépression, insuffisance rénale indique l'ECBU systématique et un traitement probabiliste.

La cystite aiguë de la femme enceinte doit être considérée comme une cystite à risque de complications.

 

Qu'appelle-t-on cystite interstitielle ?

La cystite interstitielle est une inflammation chronique de la vessie relativement rare. D'origine inconnue, elle ne doit pas être confondue avec la cystite bactérienne. Cette maladie touche surtout les femmes jeunes (de 30 à 40 ans). Elle se traduit par des douleurs intenses du bas-ventre et le besoin fréquent d'uriner, de jour comme de nuit.

 

Que faire en cas de bactériémie asymptomatique ?

La détection de bactériémie (présence de bactérie dans les urines) asymptomatique ou de colonisation urinaire (bactériurie > 105 germes/ml sans leucocyturie) ne doit pas être traitée en l'absence de facteurs de risque de complications.

 

Et chez l'homme ?

Chez l'homme, une dysurie, une pollakiurie ou des brûlures ne traduisent pas une cystite aiguë simple. Il faut systématiquement rechercher une cause : prostatite, adénome de la prostate, urétrite, infection sexuellement transmissible'

 

Comment prévenir les cystites ?

En dehors des extraits de cranberries (canneberge) qui ont montré une réelle efficacité en prévention de la récidive de cystite chez les femmes jeunes, peu de moyens de prévention ont été évalués.

Traditionnellement, on recommande des conseils tout à fait logiques : d'abord boire beaucoup d'eau pour augmenter la diurèse et l'évacuation des bactéries, éviter les vêtements trop serrés et en matière synthétique, avoir une hygiène intime irréprochable.

Chez la femme ménopausée, la zone urogénitale présente une moindre protection face aux germes pathogènes. Une application topique d'estrogènes permet de restaurer une protection naturelle contre les infections.

Chez la femme enceinte, une étude a montré que la vitamine C diminuait de plus de la moitié le risque d'infections urinaires.

""