La syncope


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La syncope

Situation clinique toujours spectaculaire, la syncope inquiète fortement l'entourage. Le plus souvent sans retentissement immédiat, elle doit être sérieusement investiguée pour en déterminer la cause.

 

Qu'appelle-t-on syncope ?

La syncope est une perte de connaissance brutale et passagère liée à une hypoperfusion cérébrale. Ce déficit sanguin induit une hypoxie ou anoxie cérébrale (diminution de la quantité d'oxygène distribué aux tissus).

 

Quels en sont les symptômes ?

L'HAS en donne la définition clinique suivante : « La syncope est un symptôme défini par une perte de connaissance, à début rapide, de durée généralement brève, spontanément résolutive, s'accompagnant d'une perte du tonus postural, avec un retour rapide à un état de conscience normal. Elle est due à une hypoperfusion cérébrale globale et passagère. »

 

Comment se déroule-t-elle ?

De façon plus descriptive, la syncope se manifeste d'abord par une pâleur, des vertiges (sensation de perte d'équilibre), une sensation de faiblesse (les muscles ne « portent » plus le sujet) et une perte de connaissance brutale, parfois accompagnée d'un arrêt respiratoire bref. Si le sujet est en train de vaquer à ses occupations, la chute est inévitable (perte du tonus postural). L'entourage n'a généralement pas le temps de faire allonger le sujet avant de « comprendre ce qui se passe ».

 

Que se passe-t-il après la phase aiguë ?

Comme l'anoxie cérébrale est passagère, le sujet reprend ses esprits en quelques secondes, mais reste parfois légèrement hébété, pâle et faible durant une période variable.

Les seules complications (en dehors de celles attribuables à la pathologie d'origine) sont la mort subite (exceptionnelle), d'origine cardiaque, et bien sûr les lésions traumatiques dues à la chute.

 

Quelles en sont les causes ?

On distingue 3 types de syncopes. D'abord, les syncopes dites réflexes qui sont dues soit à un hyper réflexe du système nerveux autonomes (le système vagal dilatent brutalement les vaisseaux), soit à hypersensibilité du sinus carotidien (ce qui induit une chute tensionnelle, soit à une situation anormale.

Ensuite les syncopes dues à une hypotension orthostatique. Les causes de cette hypotension sont multiples : prise de médicaments, hypovolémie, alcool, etc... Enfin, les syncopes cardiaques émaillant les tableaux d'arythmies ou de cardiopathies. Aucune cause n'est retrouvée dans un quart des cas.

 

Comment pose-t-on le diagnostic ?

C'est l'interrogatoire du patient et de l'entourage qui permet le diagnostic. La syncope étant un épisode bref avec retour rapide à la normale, le médecin voit le sujet « sur ses 2 pieds » et n'a que l'entourage pour lui fournir les informations nécessaires au diagnostic. En effet, la syncope doit être différenciée de la lipothymie (malaise sans perte de connaissance) et de la crise d'épilepsie.

L'examen clinique est bien sûr systématique avec prise de la tension artérielle, allongé et debout, et un électrocardiogramme.

 

Les syncopes sont-elles fréquentes ?

L'incidence de la syncope augmente avec l'âge. Elle est plus fréquente après 70 ans et représente 1 à 2 % des recours aux services d'urgence.

 

Qu'appelle-t-on hypotension orthostatique ?

On évoque l'hypotension orthostatique devant un patient mis en position allongée 5 à 10 minutes puis qui, 2 à 3 minutes après avoir été remis debout, voit sa pression artérielle systolique baisser de plus de 20 mmHg et/ou sa pression diastolique baisser de plus de 10 mmHg. La révélation concomitante d'une syncope permet de poser le diagnostic étiologique.

Les syncopes par hypotension orthostatique surviennent en même temps que l'hypotension, notamment au lever. Le diabète, la déshydratation et surtout certains médicaments peuvent en être la cause.

Le traitement est évidemment d'abord celui de la cause : interruption du traitement, lever progressif, bas de contention, surélévation de la tête du lit la nuit.

 

Une douleur intense peut-elle expliquer une syncope ?

Oui. Une syncope peut survenir en cas de douleur intense, mais aussi d'émotions fortes, d'une exploration médicale invasive ou de situations plus banales comme un séjour en atmosphère confinée ou une station debout prolongée. Dans ces cas, le patient manifeste des signes avant-coureurs : sueurs, pâleur,'

 

Quelles sont les situations de la vie courante qui peuvent expliquer une syncope ?

Les syncopes dites situationnelles surviennent notamment lors de la miction, la défécation, la toux ou la déglutition. Les patients les connaissent le plus souvent.

Les syncopes par hypersensibilité du sinus carotidien surviennent notamment lors de la rotation de la tête, du port d'un col trop serré, du rasage, etc'

 

Que faire devant une syncope ?

Il faut allonger le patient, vérifier l'activité cardiaque et la ventilation spontanée, mesurer la fréquence cardiaque, surélever les membres inférieurs et retirer les vêtements serrés.

Le retour à la conscience étant rapide, on appellera les secours qu'en cas d'inconscience prolongée, de connaissance d'une pathologie associée, identifiée cardiaque en particulier.

L'hospitalisation est nécessaire en cas de suspicion d'une cause cardiovasculaire, de risque vital immédiat, de récidive, de traumatisme syncopal ou de risque élevé de traumatisme, de contexte social défavorable ou pour une personne âgée.

 

Pourquoi faut-il être prudent chez le cardiaque ?

Les syncopes cardiaques sont à prendre très au sérieux. Elles sont liées aux troubles du rythme cardiaque (arythmie, troubles de conduction), à diverses cardiopathies (rétrécissement aortique serré, cardiopathie ischémique, cardiomyopathie hypertrophique, etc...) et à certaines anomalies vasculaires.

Elles doivent être recherchées en cas de survenues de syncopes sans signes avant-coureurs, ou après des palpitations, ou de syncopes d'effort, ou encore lors de mouvements d'élévation des membres supérieurs.

 

Quels sont les conseils à donner aux patients ?

Chez les patients présentant des syncopes réflexes, des mesures d'éducation thérapeutique ont une efficacité bien établie.

Le patient doit se faire expliquer les causes de ses syncopes et des risques en dédramatisant. Par exemple, il doit avoir conscience de la bénignité de la syncope d'origine vagale.

Il faut limiter autant que possible les éléments déclenchants (ex. : bouleversement émotionnel, station debout prolongée).

Après une syncope, le médecin est tenu d'informer le patient sur les risques d'accidents liés à sa pathologie. En particulier, le patient doit faire évaluer sa situation auprès de la Commission départementale du permis de conduire. Pour les conducteurs d'engins ou de machines, un avis du médecin du travail doit être sollicité.

 

Ne pas confondre

Accident vasculaire cérébral transitoire : il peut se manifester par une perte de connaissance passagère due à une mauvaise irrigation d'une partie du cerveau.

Crise d'épilepsie généralisée : perte de connaissance avec mouvements convulsifs.

Hypoxie brutale (apnée mal maîtrisée) : elle peut être cause de perte de connaissance.

Hypoglycémie : chute brutale du taux de sucre dans le sang qui doit rester constant. Dans ce cas donner du sucre.

Lipothymie : malaise passager avec angoisse, sensation d'évanouissement, pâleur, sueurs, troubles visuels mais sans perte de connaissance.

Traumatisme crânien : il peut avoir pour conséquence une perte de connaissance transitoire.

 

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