Le syndrome d'apnées du sommeil


VPVC121 – –

Syndrome de l'apnée du sommeil

La nuit mais aussi le jour

 

Le Syndrome d'Apnées du Sommeil (SAS) est une maladie respiratoire qui a des conséquences graves sur la santé. A chaque apnée, le c'ur et le cerveau subissent un stress. Nuit après nuit, le sommeil est perturbé, sa qualité altérée et c'est l'ensemble de l'organisme qui en subit les conséquences.

 

 

""

L'apnée du sommeil est un problème fréquent, 7 %* de la population rapporte en souffrir soit 3,5 millions de personnes. Maladie silencieuse et méconnue, ces chiffres seraient sous-estimés car de nombreuses personnes, notamment celles sujettes à un ronflement, ignorent qu'elles peuvent être concernées. A priori problématique non médicale, mais qui le devient pour de nombreux sujets et leur entourage, étant donné les conséquences sur le sommeil de toute la famille.

 

Un problème laryngé

Pendant le sommeil, la personne souffrant de Syndrome d'Apnées du Sommeil (SAS) subit un rétrécissement de son pharynx lié à un relâchement musculaire. Cela entraîne une circulation de l'air plus difficile et un ronflement à cause des vibrations de l'air. Si les voies aériennes se ferment complètement, la personne s'arrête temporairement de respirer : elle fait une apnée obstructive.

Un tel événement peut durer dix secondes ou plus. Il peut être fréquent et se produire jusqu'à plusieurs centaines de fois par nuit. Le sommeil est perturbé sans que le sujet en ait forcément conscience (éveils brefs après chaque apnée).

La prévalence est particulièrement élevée dans de nombreuses pathologies, comme l'hypertension artérielle, les maladies coronariennes, l'insuffisance cardiaque, les suites d'accident vasculaire cérébral, le diabète de type 2 et le surpoids.

 

Un retentissement sur l'oxygénation cérébrale et le sommeil '

Ces obstructions, à l'origine des pauses respiratoires, provoquent un déficit en oxygène du cerveau particulier. Pour relancer la respiration, le cerveau réveille le sujet sur de courte période (micro-éveils). Le sommeil devient saccadé et de mauvaise qualité, avec toutes les conséquences sur la vie diurne : irritabilité, somnolence,'

 

'Avec des conséquences cardiaques possibles

Un cercle vicieux se met en place : la baisse d'oxygène dans le sang entraine une augmentation de la tension artérielle et une accélération du rythme cardiaque compensatrices. Le risque d'HTA est augmenté, ainsi que la possible survenue d'infarctus. Selon certaines études, l'hypoxie augmenterait le risque de cancer ou de récidive chez les cancéreux.

 

Des signes évocateurs mais souvent peu précis'

Certains signes cliniques sont évocateurs. Parmi ceux-ci, des symptômes nocturnes comme le ronflement sévère, des réveils avec une sensation d'étouffement, des apnées rapportées par l'entourage retiennent l'attention. De même, un homme de la cinquantaine se réveillant plusieurs fois par nuit, mais n'ayant pas de troubles de l'endormissement, est un tableau évocateur.

D'autres signes à ne pas mettre sur le compte de l'anxiété, tels que des sueurs abondantes, des céphalées de fin de nuit, ou encore des signes cardiovasculaires à expression nocturne, comme une tachyarythmie sont également à rechercher.

' Le jour aussi

La symptomatologie diurne doit être précisée : sommeil non réparateur, fatigue et fatigabilité, pas toujours perçues par le patient en raison de leur instauration progressive, somnolence, qui doit être différenciée de la fatigue, et troubles de la libido. « La somnolence est une propension à s'endormir à des horaires et dans des circonstances inhabituelles ».

 

L'enregistrement du sommeil pour confirmer

Classiquement, on réalise un enregistrement du rythme respiratoire durant tout le sommeil. Cet enregistrement (polysomnographie) se fait dans un laboratoire de sommeil. A cause des difficultés de mise en 'uvre, on lui préfère souvent la polygraphie ventilatoire qui suffit à confirmer le diagnostic. Cet examen est réalisé en ambulatoire au domicile du patient, donc dans des conditions plus proches de la vie réelle.

On peut ainsi détecter et dénombrer les apnées par heure de sommeil. Trente apnées par heure signent un SAS, surtout si le contexte clinique va dans ce sens.

 

Un traitement essentiellement mécanique

Les changements de mode de vie, pour éliminer les facteurs en cause, sont bien sûr la première des démarches à entreprendre. Si l'apnée est attribuable à l'obésité, une perte de poids résout souvent le problème. Evidemment, il faut cesser de fumer, éviter l'alcool et les calmants (ces substances aggravent les ronflements et nuisent au contrôle de la respiration). Certains conseillent de dormir couché sur le côté.

Il n'existe pas de médicaments pour traiter l'apnée du sommeil, mais plusieurs traitements sont efficaces, administrés seuls ou en association :

La ventilation par pression positive continue représente le traitement de première intention du syndrome d'apnées du sommeil sévère. Il s'agit de porter un masque facial bien ajusté, relié à une petite machine qui délivre un débit d'air constant dans les voies aériennes supérieures.

En deuxième intention, en cas de refus ou d'abandon du traitement ou dans les formes moins sévères, d'autres approches thérapeutiques peuvent être proposées, notamment une orthèse d'avancée mandibulaire.

Une intervention chirurgicale (ablation des tissus graisseux de la gorge) pourra être envisagée pour corriger les ronflements intenses.

 

Une maladie silencieuse

Alors que les conséquences de l'apnée du sommeil sur la santé sont nombreuses et leurs coûts  pour la société très importants, la Haute Autorité de Santé et l'Institut National de Veille Sanitaire estime que près de 90 % des personnes atteintes d'apnée du sommeil ne sont pas diagnostiquées'

Cette constatation doit inciter l'entourage des sujets concernés à aider ceux-ci à consulter.

 

 

Les conseils du réseau Morphée

' Éviter les repas copieux le soir : le sommeil qui suit est alors de mauvaise qualité, plus instable, favorisant les événements respiratoires.

' Éviter de se mettre en privation de sommeil : elle est responsable d'une fatigue le lendemain qui aggrave la somnolence déjà induite par les apnées du sommeil.

' Éviter les somnifères, en particulier les benzodiazépines, ou l'alcool : toutes ces substances agissent directement sur la respiration au cours du sommeil en augmentant considérablement tous les événements respiratoires.

' Maintenir ou réduire son poids : la prise de poids s'accompagne d'une infiltration des tissus par de la graisse, y compris dans le fond de la gorge, ce qui contribue à aggraver, voire à provoquer un syndrome d'apnée du sommeil.

' Éviter la position dorsale en dormant si les événements respiratoires surviennent essentiellement dans cette position. Dormir sur le dos est la position qui favorise le plus les apnées. Des astuces permettent d'éviter cette position comme une balle de tennis cousue dans le dos de la veste de pyjama, ou des systèmes de contention plus sophistiqués.

' Traiter toute obstruction nasale qui va augmenter les difficultés au passage de l'air.

 

Les facteurs favorisant l'apnée du sommeil (d'après le site Ameli.fr)

Ce sont en fait tous les facteurs qui rétrécissent les voies aériennes supérieures et empêchent leur bon fonctionnement.

- surpoids (de loin, la cause la plus importante) car il entraîne des dépôts de graisse dans l'arrière-gorge,

- âge (plus de 45 ans),

- sexe : les hommes sont plus exposés,

- obstruction nasale plus ou moins permanente, conséquence d'antécédents ORL, chirurgicaux, allergiques, etc.,

- particularités génétiques de taille et de position de la mâchoire, de la langue et du palais,

- sans oublier l'alcool, les sédatifs et le tabac !

 

* Etude OpinionWay pour la société Oniris ' octobre 2013

 

""