L'incontinence urinaire chez la femme


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L'incontinence urinaire chez la femme ou la triste réalité cachée

Etre obligé de mettre une protection urinaire est pour une femme un handicap social évident. Au-delà de cette contrainte, l'incontinence urinaire a de multiples répercussions sur la vie intime. D'où un secret bien gardé sur cette réalité. Levons le voile.

 

Quelle est la fréquence de l'incontinence urinaire ?

La fréquence de cette affection est difficile à mesurer en raison de la diversité des définitions et des situations vécues. Les chiffres avancés doivent en outre être relativisés car l'incontinence urinaire est sous-diagnostiquée et sous-déclarée. On estime que 50 à 70 % des femmes souffrant d'incontinence urinaire ne sont ni dépistées ni traitées en raison de la stigmatisation sociale. Les patients qui souffrent d'incontinence urinaire mettent généralement de nombreuses années avant d'en parler à leur médecin ou pharmacien. Quoi qu'il en soit, cette affection est très fréquente et ne doit en aucune façon constituer un sujet de honte, même si la gêne dans la vie courante est réelle.

 

La fréquence augmente-t-elle avec l'âge ?

Incontestablement, la fréquence de l'incontinence augmente avec l'âge, sachant qu'à âge égal, la femme est deux fois plus touchée que l'homme. Selon les études, de 7 % chez les enfants de plus de 5 ans, l'incontinence touche 10 à 35 % des adultes, et 50 à 85 % des personnes âgées institutionnalisées.

 

Quel est le rôle des efforts ?

Les études ont mis en évidence que l'incontinence urinaire d'effort était plus fréquente chez les femmes de moins de 65 ans, tandis que l'incontinence urinaire par urgenturie et l'incontinence urinaire mixte étaient plus courantes chez les femmes âgées de plus de 65 ans.

Une étude présentée au congrès 2012 de l'Afu (Association française d'urologie) a évalué la fréquence, l'importance et le retentissement de l'incontinence urinaire chez la femme sportive pratiquant la course à pied. Cette étude rigoureuse a permis de mesurer exactement et objectivement l'importance des fuites et de confirmer le rôle des efforts dans la survenue de celles-ci.

 

Les sportives sont-elles aussi concernées ?

Près de 40 % des femmes interrogées dans l'enquête ont déclaré avoir eu des fuites urinaires durant le mois précédent l'enquête. Dans 20,6 % des cas lors d'efforts importants, pour 24,8 % lors d'activités de la vie courante et pour 12,4 % des cas consécutifs à un besoin d'uriner impérieux. La majorité d'entre elles (72,6 %) ont rapporté des fuites de l'ordre de quelques gouttes.

 

La perception des sujets traduit-elle la réalité ?

La pesée des protections a permis de montrer un décalage entre l'incidence de l'incontinence évaluée de manière objective durant la course et celle évaluée par les questionnaires. 57,4 % des femmes avec une protection ont présenté une fuite pendant la course, avec un poids moyen de fuites évalué à 4,19 g. Plus intéressant, parmi les femmes n'ayant pas déclaré d'incontinence urinaire, 53,9 % ont eu des fuites durant la course et à l'inverse, parmi les femmes ayant déclaré des fuites urinaires de l'ordre de quelques gouttes, 46 % avaient un poids de protection supérieur à 3 grammes.

Par contre, une corrélation a été mise en évidence entre le degré d'intensité de l'effort physique, sa durée et l'apparition de l'incontinence urinaire.

L'ensemble de cette étude souligne l'importance de l'incidence des fuites urinaires chez les femmes sportives, la discordance entre la réalité objective et le ressenti de l'incontinence.

 

Pratique sportive et périnée

La pratique de certains sports (course, saut, fitness, ...) entraîne une augmentation de la pression exercée sur le périnée liée aux impacts sur le sol et à la contraction des muscles abdominaux. Ainsi, dans les sports à fort impact, la pression sur le périnée peut atteindre 220 kg. Sur le long terme, les surpressions répétées peuvent être à l'origine d'un relâchement des muscles du plancher pelvien, voire d'une incontinence urinaire chez la femme.

Selon certaines évaluations, plus de la moitié des athlètes féminines souffriraient d'incontinence urinaire. Cependant, le risque d'incontinence varie en fonction du degré de pratique et surtout du type de sport pratiqué (de 0 % pour le golf à 80 % pour le trampoline).

 

Grossesse et incontinence, mythe ou réalité ?

La grossesse est le premier facteur de risque de fuites urinaires. En effet, le périnée subit alors le surcroît de pression lié à l'augmentation de la taille et du poids de l'utérus, poids auquel s'ajoute celui du liquide amniotique et du bébé.

Ainsi, au troisième trimestre de la grossesse, près d'une femme sur deux connaît des fuites urinaires liées à l'augmentation de la pression sur le périnée.

L'évolution de la prévalence de l'incontinence urinaire avant et pendant la grossesse ainsi que 3 mois après l'accouchement a été étudiée dans une étude longitudinale prospective chez 549 femmes au cours de leur première grossesse et rapportée par la HAS (Haute Autorité de Santé). Si la prévalence (nombre de cas observés) de l'incontinence se situe à 3,6 % avant la grossesse, 43,7 % des femmes ont rapporté une incontinence durant la grossesse et 14,6 % dans les semaines qui suivent. Deux mois après le post-partum, la prévalence de l'incontinence sévère avec fuites quotidiennes est de 3 %, celle d'incontinence modérée avec fuites au moins une fois par semaine est de 7 %. Certains auteurs rapportent même un taux de plus de 15 % de femmes présentant des fuites urinaires sévères à occasionnelles dans le post-partum. L'accouchement par voie basse étant la principale cause de cette incontinence, sachant néanmoins que 3 à 4 % des femmes ayant accouché par césarienne présentent une incontinence.

Toujours selon l'HAS, les types d'incontinence post partum sont répartis comme suit : 51,3 % d'incontinence urinaire à l'effort, 16,8 % d'incontinence urinaire par impériosité, 31,9 % d'incontinence mixte. 24 à 31 % des femmes incontinentes à 3 mois post-partum guériront spontanément entre 12 et 18 mois, 37 % garderont des fuites occasionnelles et 32 % des fuites au moins hebdomadaires.

 

Qu'est-ce que le périnée ?

Le périnée est une entité anatomique essentielle car il participe au maintien de la continence et de la sexualité.

Le périnée est situé à l'extrémité inférieure de l'abdomen, à l'intérieur de la cavité pelvienne délimitée par les os du pelvis (os iliaques, du sacrum et du coccyx). Parfois confondu avec les muscles qui le composent, le périnée est en réalité constitué de l'ensemble des parties molles, notamment de muscles profonds (muscles élévateurs de l'anus et ischio-coccygiens) et de muscles internes ou moyens (muscle puborectal et muscle pubovaginal) qui ferment en bas la cavité abdominale. Le périnée est donc une sorte de socle, de plancher, c'est pourquoi l'on parle aussi de « plancher pelvien ».

De ce fait, il subit de fortes pressions liées au poids des viscères auquel s'ajoute, chez la femme enceinte, le poids de l'utérus gravide, les à-coups liés aux mouvements et à l'exercice physique, les contractions des abdominaux qui accroissent la pression dans l'abdomen et provoquent une surpression au niveau du plancher pelvien.

Chez la femme ménopausée, la baisse de tonicité et de trophicité des tissus consécutive à l'insuffisance hormonale induit un affaiblissement musculaire.

Le périnée des hommes est moins fragile pour des raisons de structure anatomique. Cependant, les traitements des pathologies de la prostate peuvent conduire à l'affaiblir temporairement ou plus durablement.

 

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