Ebola, dengue et chicungunya, faut-il en avoir peur ?


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Ebola, dengue et chikungunya, faut-il en avoir peur ?


Ces maladies font peur. Elles occupent le devant de l'actualité. Elles peuvent tuer ou laisser des séquelles graves. Elles sont dues à des virus. Ce sont, ce sont'la fièvre Ebola, le chikungunya et la dengue. Petit tour d'horizon pour en comprendre les enjeux sanitaires.

Peut-on parler d'épidémie pour Ebola ?

Oui. Depuis 1976, date de la découverte du virus Ebola sur des malades résidant près d'une rivière (qui a donné son nom à la maladie), plus d'une vingtaine d'épidémies ont frappé l'Afrique. Depuis une dizaine de mois, une nouvelle épidémie sévit dans l'Ouest du continent. Avec plus de 6 000 personnes atteintes et déjà 3 000 morts, celle-ci apparaît comme la plus grave.

 

Qu'est-ce que la fièvre hémorragique Ebola ?

La maladie à virus Ebola est une virose aiguë sévère se caractérisant par une fièvre brutale, une asthénie intense, des myalgies, des céphalées. Suivent des vomissements, de la diarrhée, une éruption cutanée, une insuffisance rénale et hépatique et, dans certains cas, des hémorragies internes et externes. La mortalité peut atteindre plus de 50 %, ce qui explique les mouvements de panique en cas de contagion.

 

 

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Comment la maladie Ebola se transmet-elle ?

Le virus se transmet initialement par un contact étroit avec du sang, des sécrétions d'animaux infectés comme les singes, les chauves-souris ' Il se propage ensuite dans les communautés par transmission interhumaine, à la suite de contacts directs ou indirects avec des sécrétions ou des liquides biologiques. La durée d'incubation est courte, généralement 2 à 4 jours, mais peut être plus longue, 2 à 3 semaines. Les sujets atteints restent contagieux tant que le virus est présent dans leur sang et leurs sécrétions. On a isolé le virus dans des liquides corporels 2 mois après l'apparition de la maladie.En Europe, le risque de transmission est très faible étant donné les mesures d'hygiène dans les élevages et le « maillage » médical du territoire qui détectera immédiatement tout cas, même importé, et déclenchera un plan de mesures d'isolement rigoureux.

Quelle est la prise en charge des patients atteints d'Ebola ?

Il n'existe pas de vaccin contre la maladie Ebola. Il n'existe pas non plus de traitement spécifique disponible, actuellement purement symptomatique. Les cas graves doivent être placés en unité de soins intensifs avec réhydratation intense.

 

Quelle prévention pour Ebola ?

Afin de tarir les sources animales, le nettoyage et la désinfection systématiques des élevages de porcs et de singes doivent être réguliers. La mise en quarantaine doit être systématique au moindre doute, avec abattage des animaux si nécessaire. En cas de contamination humaine, l'isolement des malades est un impératif majeur, ainsi que les mesures draconiennes de protection des soignants.

Qu'est-ce que le chikungunya ?

Le chikungunya va de paire avec le moustique tigre (Aedes albopictus), qui en est le vecteur. Longtemps cantonné aux Antilles, ce dernier se répand rapidement dans le sud de la métropole. Il a la particularité de piquer pendant la journée.Le schéma de transmission est simple. Un moustique 'tigre' sain pique une personne infectée par le virus. Quelques jours plus tard, le moustique infecté devient contaminant. Ce moustique transmet le chikungunya à une autre personne saine en la piquant. Pendant au moins une semaine après l'apparition des symptômes, la personne malade peut contaminer un moustique sain qui pourrait ensuite piquer d'autres personnes et leur transmettre la maladie. Comme il n'existe pas d'antivirus capable de tarir la source humaine, le seul moyen de lutte est la destruction du moustique.

 

Que veut dire chikungunya ?

En langue Makondée, chikungunya signifie « qui marche courbé en avant » et évoque la posture adoptée par les malades en raison des intenses douleurs articulaires. Après un délai d'incubation de 2 à 10 jours, à des atteintes articulaires, souvent très invalidantes concernant principalement les petites ceintures articulaires (poignets, doigts, chevilles, pieds), s'associent fréquemment des maux de tête, de la fièvre, des douleurs musculaires, une éruption cutanée, une inflammation d'un ou plusieurs ganglions lymphatiques ou encore une conjonctivite. La prise en charge médicale est purement symptomatique, reposant sur des traitements anti-douleur.

 

Quelle est l'évolution de la maladie ?

Habituellement, la rémission des symptômes cliniques est assez rapide, avec la disparition en quelques jours de la fièvre et des manifestations cutanées, mais les signes articulaires peuvent perdurer sur plusieurs semaines (10 % des sujets atteints) voire plusieurs années. Une corticothérapie peut s'avérer nécessaire dans les formes sévères d'évolution subaiguë chronique.Même s'il existe des formes neurologiques graves, il ne semble pas que l'infection soit la cause directe des quelques cas mortels rapportés lors des épidémies.Quelles sont les zones géographiques atteintes ?La première épidémie due au virus chikungunya a été décrite en Tanzanie en 1952. L'infection a depuis évolué sur un mode endémo-épidémique sur les continents africain et asiatique, et plus récemment dans l'Océan Indien. En 2007, le chikungunya a fait sont apparition en Europe (Nord-Est de l'Italie). En 2010, deux premiers cas autochtones ont été diagnostiqués dans le Var. En décembre 2013, l'épidémie atteint le continent américain avec de nombreux cas aux Antilles.En conséquence, l'infection à chikungunya a été ajoutée à la liste des maladies à déclaration obligatoire et un dispositif de surveillance renforcée a été mis en place.

La dengue est-elle aussi transmise par un moustique ?

Oui. La dengue, aussi appelée « grippe tropicale », est une maladie virale transmise à l'homme par des moustiques du genre Aedes (même famille que pour le chikungunya). Depuis fin 2009, la dengue sévit sur un mode épidémique aux Antilles. Il s'agit d'une maladie ré-émergente et la progression du moustique sur tous les continents inquiète. La dengue a désormais touché l'Europe où deux premiers cas autochtones ont été recensés en 2010. En 2014, le moustique vecteur est implanté dans 18 départements métropolitains.

 

Dengue ou grippe tropicale ?

La dengue « classique » se manifeste par l'apparition d'une forte fièvre, souvent accompagnée de maux de tête, de nausées, de vomissements, de douleurs articulaires et musculaires et d'une éruption cutanée ressemblant à celle de la rougeole. Puis, après une brève rémission de 3 à 4 jours, une réactivation des symptômes est observée avec parfois des hémorragies conjonctivales, des saignements de nez ou des ecchymoses. La régression, au bout d'une semaine, est suivie d'une convalescence d'une quinzaine de jours. La dengue classique, bien que fort invalidante, n'est pas considérée comme une maladie sévère comme l'est la dengue hémorragique. Chez certains patients, le tableau clinique peut évoluer selon deux formes graves : la dengue hémorragique puis la dengue avec syndrome de choc qui est mortelle. Quels sont les moyens de lutte contre la dengue ?Il n'existe aujourd'hui ni traitement spécifique ni vaccin (un candidat vaccin développé par Sanofi Pasteur est en phase III). Les seuls moyens de lutte existants sont le contrôle des moustiques vecteurs dans les zones concernées et la protection individuelle contre les piqûres de moustiques.