L'hépatite C, peut-on en guérir ?


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Hépatite C, peut-on en guérir ?


L'actualité met au-devant de la scène les progrès thérapeutiques dans l'hépatite C. Il est dorénavant légitime d'envisager une guérison de cette maladie virale. Le dépistage des patients en vue de leur traitement précoce apparait donc comme une nécessité.

 

L'hépatite virale, comme son nom l'indique, est une inflammation du foie due à un virus. Dans nos pays, 90 % des hépatites sont dues aux virus A, B et C. Mais il existe également des hépatites à virus D, E et G.L'évolution peut se faire selon deux modes : après la phase aiguë de quelques jours à quelques semaines succède une phase chronique se poursuivant sur de nombreuses années.

 

Un problème majeur de santé publique

Selon l'Organisation mondiale de la Santé, en 2012, 170 millions de personnes sont touchées par le VHC dans le monde, environ 150 millions développent une forme chronique. 3 à 4 millions de personnes sont infectées chaque année et plus de 350 000 en meurent. En France, on estime que 550 000 à 600 000 personnes sont porteuses de ce virus, soit 1 à 1,2 % de la population et 90 % des sujets contaminés n'ont aucun symptôme.La phase aiguë est souvent peu symptomatiques voire invisible. Une proportion encore importante (43 %) des personnes ayant des anticorps anti-VHC ne connaît pas sa séropositivité vis-à-vis du VHC. L'hépatite C aiguë est caractérisée par un risque élevé de passage à la chronicité (estimé à 80 %) pouvant évoluer vers une cirrhose ou un cancer du foie.Comme il n'existe pas de vaccination et que les nouveaux traitements apparaissent efficaces, il est primordial, du simple point de vue de la santé publique, de diagnostiquer l'infection le plus précocement possible afin d'éviter le passage à la chronicité.

 

Hépatite virale à la phase aiguë : ictère et élévation des transaminases

Le signe clinique le plus connu de l'hépatite est l'ictère (jaunisse). Cet ictère est accompagné de l'émission d'urines foncées, de selles normales ou décolorées, de prurit. L'asthénie est plus ou moins intense, ainsi que la fièvre, qui disparaît à l'installation de l'ictère. Cette phase dure de 2 à 6 semaines.Les signes précédant l'ictère sont la céphalée, l'asthénie, l'anorexie, la fièvre, plus rarement des arthralgies, des myalgies, des nausées, une gêne de l'hypocondre droit, un foie sensible à la palpation, une éruption cutanée. Les tableaux cliniques sont très polymorphes voire frustres car certains symptômes peuvent manquer ou rester inaperçus.Le bilan biologique fait apparaître une augmentation des transaminases supérieure à plus de 20 fois la limite de la normale.L'hépatite virale aiguë bénigne peut adopter des formes asymptomatiques, anictériques très fréquentes et elle peut s'associer à des manifestations extra-hépatiques. Ou au contraire être gravissime d'emblée.

 

Le diagnostic est biologique

Le diagnostic clinique de l'hépatite C n'est pas différent des autres formes, en dehors du contexte social et de l'historique. Le diagnostic de l'hépatite C repose donc sur un test sérologique (Elisa) recherchant des anticorps. Si les transaminases (substances traduisant la destruction des cellules du foie) sont élevées, la positivité des anticorps anti-VHC traduit une infection virale en cours. Si celles-ci sont normales, le diagnostic de l'infection virale repose sur la mise en évidence du virus dans le sérum.

Un espoir de guérison...

 

Jusqu'à présent, le traitement de l'hépatite C reposait sur une bithérapie : un antiviral non spécifique et de l'interféron. L'interféron est une substance ayant des propriétés antivirales, produite naturellement par l'organisme ou fabriquée par l'homme par génie génétique. Malheureusement, l'interféron n'est pas bien tolérée aux doses thérapeutiques.Une nouvelle classe de médicaments, dits « antiviraux à action directe », vient d'apparaître. Déjà une première molécule vient d'obtenir son autorisation de mise sur le marché et son remboursement. D'autres sont en attente d'homologation. Les résultats obtenus sont spectaculaires.Outre leur efficacité sur les virus, ces traitements vont changer la vie des patients. D'abord ils sont administrés par voie orale. Ensuite ils ne nécessitent pas systématiquement la prescription conjointe d'interféron. Enfin, le profil de tolérance de ces nouveaux traitements est favorable.

 

...Mais des médicaments très chers

Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), ces médicaments, en association à d'autres antiviraux spécifiques ou non, pourraient permettre d'obtenir une guérison de la plupart des patients atteints d'une hépatite C. Ils apportent un progrès thérapeutique important pour l'ensemble des patients adultes, avec cependant des différences selon le type de virus C. Le traitement doit être initié et surveillé par un médecin spécialiste.Mais étant donné la nouveauté et le coût de ce traitement, il est proposé en priorité à tous les patients dont la maladie hépatique est à un stade avancé de fibrose (atteinte de la structure histologique du foie).

Les modes de contamination des hépatites virales

Virus A : féco-orale.-

Virus B : essentiellement voie sexuelle et voie parentérale (toxicomanie intraveineuse). Dans les pays en voie de développement, la transmission mère-enfant est importante.-

Virus C: transfusion (avant mars 1990) et toxicomanie intraveineuse (éventuellement contamination par voie sexuelle et transmission mère-enfant).-

Virus delta: contamination essentiellement par toxicomanie intra-veineuse.-

Virus E: contamination féco-orale, limitée à certains pays.

La transmission sanguine prédomine

Le VHC se transmet par voie sanguine dans 60 à 70 % des cas. C'est l'usage de drogues par voie intraveineuse avec échange de matériel qui explique l'essentiel de cette transmission à l'heure actuelle. On estime que 70 % des usagers de drogue par voie injectable sont contaminés par le VHC. La contamination nasale (sniff) est également possible.

La transfusion a été un important facteur de contamination jusqu'en 1991. Depuis cette date, un test de dépistage obligatoire du VHC associé à un dosage des transaminases est fait systématiquement à tout donneur de sang, ce qui réduit considérablement ce risque. La transmission au cours d'accident concerne le personnel de santé qui se pique accidentellement avec un outil contaminé par le VHC. Le risque est évalué à environ 3 %. La transmission du VHC est possible si les conditions d'hygiène réglementaires ne sont pas respectées lors des soins dentaires, des séances de tatouage ou de piercing'La transmission sexuelle du VHC est rare. Si le risque de transmission mère-enfant est exceptionnel (3 %), ce risque peut atteindre 20 % en cas d'association au VIH.

La vaccination anti-hépatite

La vaccination contre l'hépatite A efficace et sans danger est scientifiquement démontrée. Elle est indiquée en cas de voyage en zone endémique, mais aussi utile chez tout sujet naïf (n'ayant jamais rencontré le virus). Le schéma recommandé est de 2 injections à 30 jours d'intervalle et d'un rappel un an après. Il existe un vaccin combiné anti A et anti B.

La vaccination contre le virus B efficace et sans danger est scientifiquement démontrée. Elle est actuellement proposée avant 7 ans et doit être faite dans tous les groupes à risque (obligatoire dans les professions de santé). La vaccination comporte une injection de vaccin à 0, 1 et 6 mois à une dose adaptée à l'âge. Des rappels tous les 5 à 10 ans sont recommandés. Elle est contre-indiquée en cas de sclérose en plaque et de réaction allergique après la première injection.

Il n'y a pas actuellement de vaccin contre l'hépatite C.

 

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