Moitié moins de mort par maladie cardiovasculaire en 25 ans


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Moitié moins de morts par maladie cardiovasculaire en 25 ans


La mortalité par maladies cardiovasculaires n'est plus que la deuxième cause de décès en France. Son taux a été divisé par deux au cours des vingt-cinq dernières années. Ce constat est la résultante des efforts en terme d'hygiène de vie et des traitements mis en 'uvre. Mais à l'opposé, pour une partie de la population, on constate une dégradation des habitudes de vie et une mauvaise prise en charge des facteurs de risque. Décryptage.

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Environ 150 000 personnes décèdent chaque année en France des conséquences d'une maladie cardiovasculaire. Grande cause de santé publique depuis les années 60, des efforts considérables ont été menés tant en ce qui concerne la correction des mauvaises habitudes de vie (tabac, sédentarité, surpoids,'), que de l'approche thérapeutique des facteurs de risque, mais également en ce qui concerne la prise en charge des accidents vasculaires lorsqu'ils surviennent.

 

Mortalité cardiovasculaire générale en baisse

L'évolution des taux de mortalité en fonction des différentes causes montre des différences importantes : certaines pathologies présentent des taux en baisse dans toutes les régions comme les cardiopathies ischémiques (infarctus du myocarde par exemple) ou les maladies vasculaires cérébrales (accidents vasculaires cérébraux ' AVC). À l'opposé, la mortalité par maladies hypertensives (HTA) augmente dans presque toutes les régions. Mais là aussi les différentiels entre régions et pathologies sont importants : ainsi, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, on observe l'une des plus fortes baisses de la mortalité par maladies cardio-vasculaires chez les femmes alors que celles par maladies hypertensives augmentent plus qu'au niveau national.

 

Infarctus, une survie améliorée

L'infarctus du myocarde entraine encore le décès d'une personne sur sept. Mais les taux de survie observés sont en net progrès. La mortalité cardiovasculaire a baissé de moitié en l'espace de vingt-cinq ans. Cette baisse s'explique par deux facteurs. D'une part, la prise en charge plus rapide grâce notamment à l'efficacité d'intervention du Samu et des pompiers. La structure de la chaîne de soins permet au patient d'arriver rapidement sur une table de coronarographie dans un service de cardiologie. La dilatation coronaire (angioplastie) a amélioré la survie de manière considérable. La rapidité d'intervention est primordiale pour sauver une personne en cas d'infarctus du myocarde. D'autre part, la prévention secondaire chez les malades a progressé. L'arrêt du tabac, une alimentation équilibrée et un exercice physique régulier réduisent de façon extrêmement significative la récidive d'infarctus et la mortalité.


Le paradoxe des accidents vasculaires cérébraux

L'accident vasculaire cérébral (AVC) est classiquement une maladie du grand âge qui survient en moyenne à 75 ans. L'âge moyen de survenue d'un AVC est de 73 ans (70 ans pour les hommes et 76 ans pour les femmes). Le quart des AVC concerne des personnes de moins de 65 ans, la moitié des personnes de 65 à 84 ans et un autre quart des personnes d'au moins 85 ans. Rappelons qu'en 2010, en France, il y a eu un peu plus de 130 000 hospitalisations complètes pour accident neuro-vasculaire soit « un AVC toutes les 4 minutes » (110 000 hospitalisations pour AVC et 20 500 hospitalisations pour accident ischémique transitoire).La tendance générale est à la baisse. Mais cette baisse est la résultante d'une augmentation du taux avant 65 ans (+14 %) combinée à une réduction pour les 65 ans et plus (-13 %), selon les résultats observés en Bourgogne (région pilote ayant mis en place un observatoire spécifiquement dédié à cette affection). L'enjeu est de taille car l'AVC est la première cause de handicap acquis chez l'adulte et la deuxième cause de démence derrière la maladie d'Alzheimer. Quand il touche une personne jeune, le coût pour la société est doublé puisqu'à la prise en charge médicale s'ajoute la privation d'un travailleur actif.

 

Tabac, obésité et cannabis

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Le premier fautif expliquant la progression de l'AVC avant 55 ans semble bien être le tabagisme. Il n'a pas baissé chez les hommes jeunes et a nettement augmenté chez les femmes. L'augmentation de l'obésité et du diabète mais aussi la consommation de cannabis sont également incriminées. L'impact du cannabis s'expliquant par son effet vasoconstricteur.


 

Un poids économique considérable

Le poids économique lié à la prise en charge des maladies de l'appareil circulatoire reste considérable. Les maladies cardiovasculaires sont à l'origine de 10 % environ des séjours hospitaliers et constituent environ 30 % des affections de longue durée prises en charge par la Caisse nationale d'assurance maladie. Les coûts directs et indirects se situent autour de 30 milliards d'euros chaque année.

 

HTA

L'HTA est le facteur de risque sur lequel la population et les médecins ont été le plus sensibilisés. À juste titre car c'est le facteur de risque principal et aussi le plus sensible au traitement.L'étude Mona Lisa a montré que 41 % des sujets entre 35 et 74 ans présentaient une hypertension artérielle. Une étude plus récente montre que 80 % des personnes hypertendues connues sont traitées, la proportion augmentant avec l'âge pour les hommes et les femmes. Mais, et c'est inquiétant, parmi les personnes traitées seuls un quart des hommes et un tiers des femmes ont une pression artérielle contrôlée (c'est-à-dire ramenée en dessous de 140/90 mmHg). Soyons optimistes car, malgré tout, les chiffres s'améliorent petit à petit.


Et dans l'avenir ?

L'une des questions importantes qui se pose est celle des prévisions qu'on peut faire pour l'avenir. Peut-on considérer que les maladies cardiovasculaires sont « un problème réglé » et qu'on peut maintenant investir dans la prévention, la recherche et le traitement d'autres maladies ? Certainement pas car de nombreux arguments épidémiologiques font craindre une évolution péjorative.Par exemple, lorsqu'on examine les tendances de mortalité liées à la maladie coronaire au cours des deux dernières décennies par classe d'âge, on observe que la réduction est d'autant plus importante que les patients sont âgés, ce qui est naturel compte tenu du fait que la mortalité est plus élevée chez les patients âgés. Par contre, il n'y a pas de progrès pour les sujets les plus jeunes, on observe même une croissance chez les jeunes américains.L'explication, assez simple, est probablement à chercher du côté de la véritable épidémie de surpoids et d'obésité qui frappe les jeunes et donc de diabète qui s'ensuit. Celui-ci est évidemment un facteur de risque majeur de maladie coronarienne non seulement prématurée, mais également plus grave et plus difficile à traiter que chez les non-diabétiques. Pour cette raison, certains épidémiologistes occidentaux, et tout particulièrement nord-américains prédisent la possibilité d'un retournement de tendance et d'un futur rebond de mortalité cardiovasculaire.

 

Et les autres pathologies ?

Selon l'INSERM, les diminutions de la mortalité les plus fortes sont : les pneumonies-grippes (-29 %), les accidents (-26 %), notamment de transport (-46 %),les maladies cardiovasculaires (- 24 %),la mortalité par cancer n'a diminué que de 8 %.En revanche, la mortalité par la maladie d'Alzheimer montre la plus forte progression entre 2000 et 2008 passant de la 11e (8 137 décès) à la 4e place (17 283).

 

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