Les rhinites allergiques


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Les rhinites allergiques

L'allergie est une réaction exagérée de notre organisme contre des substances étrangères, les antigènes. En l'occurrence, à l'époque où paraît ce numéro, ce sont les pollens qui sont incriminés. Sans gravité, cette affection est malgré tout très invalidante. Les traitements actuels permettent d'offrir un confort de vie appréciable. Détails.

Quand évoquer la rhinite allergique ?

On évoque une maladie allergique devant des symptômes nasaux apparaissant dans des circonstances précise, toujours les mêmes pour un patient donné et en rapport avec une exposition à un allergène. Les allergies les plus classiques sont les rhinites, l'asthme et certaines urticaires.

 

La rhinite allergique est-elle une pathologie sévère ?

Non, la rhinite allergique n'est pas habituellement une maladie sévère. Par contre, elle altère la qualité de vie, les performances scolaires et la productivité au travail. Il s'agit d'un problème de santé publique en progression constante. La rhinite allergique concerne en Europe 10 à 15 % de la population, avec une augmentation de 300 % en 20 ans.

 

Quels sont les symptômes cliniques de la rhinite allergique ?

La rhinite allergique (RA) est évoquée en présence d'au moins deux des symptômes suivants : écoulement nasal, prurit nasal, obstruction nasale, éternuements, conjonctivite. Les symptômes nasaux apparaissent dans les 5 à 10 minutes après le contact avec l'allergène et sont suivis après 5 à 8 heures par une phase tardive dominée par l'obstruction nasale.

 

Pourquoi parle-t-on de sensibilisation ?

Dans l'allergie, la notion de sensibilisation est importante. Durant cette phase inapparente, l'allergène entre en contact avec l'organisme et induit une série de réactions immunologiques qui « sensibilisent » cet organisme à cet allergène. Ceci veut dire qu'à chaque fois que l'allergène entrera en contact de nouveau avec l'organisme, ce dernier réagira en déclenchant une réaction inflammatoire (l'allergie) pour éliminer cet élément reconnu comme étranger.

 

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Pourquoi pratiquer des tests immunologiques ?

L'histoire clinique est fondamentale pour l'identification de l'allergène. Mais il est préférable d'objectiver l'allergène en cause par des tests allergéniques.

 

La rhinite allergique est-elle fréquente ?

La prévalence de la RA est estimée à 25 % dans les pays développés. Sa fréquence est en augmentation constante. Il s'agit d'une affection de la personne jeune : la majorité des patients (90 %) ont moins de 40 ans et il s'agit surtout d'hommes.Les allergènes en cause sont le plus souvent des pollens d'arbres ou de graminées, des acariens (fréquence moindre des conjonctivites), des poils d'animaux, des traces de moisissures (fin d'été et automne) et, pour les maladies professionnelles principalement, la farine et le latex.

 

Comment se présente le rhume des foins ?

Les symptômes de la rhinite allergique saisonnière (mai, juin, juillet) apparaissent tous les ans à date variable selon le ou les pollens en cause. Des calendriers polliniques sont établis à partir des compteurs polliniques de chaque région. La rhinite pollinique (rhume des foins) atteint 10 % des enfants en âge scolaire et 15 % des adolescents et adultes jeunes. Sa fréquence diminue ensuite pour disparaître chez le sujet âgé. La rhinite allergique perannuelle concernerait quant à elle entre 5 et 10 % de la population.

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Une rhinite allergique peut-elle se transformer en asthme ?

La rhinite est une maladie inflammatoire des voies respiratoires. L'asthme aussi. Ceci explique qu'il existe un lien entre asthme et rhinite allergique : 80 % des asthmatiques présentent ou ont présenté une RA, et 15 à 40 % des sujets atteints de RA ont présenté des crises d'asthme.

 

Quels sont les types classiques de rhinite allergique ?

La classification habituelle des rhinites allergiques est fonction de la nature des allergènes responsables. On distingue la rhinite allergique saisonnière (RAS), encore appelée pollinose ou « rhume des foins », parce que liée aux pollens des graminées, des arbres et des herbacées. À ne pas confondre avec la rhinite allergique perannuelle (RAP) essentiellement liée à des allergènes domestiques (acariens, phanères animales, blattes,') ou professionnels. Cette forme survient à tout moment de l'année.

 

Comment classe-t-on les rhinites ?

Cette classification classique ne reflète qu'imparfaitement la réalité clinique de la rhinite allergique, c'est pourquoi une nouvelle classification chronologique a été créée : « intermittente » et « persistante ».Cette nouvelle classification de la rhinite allergique, qui date de 2001, utilise à la fois des symptômes et des paramètres de qualité de vie. Elle est fondée sur la durée, permettant la distinction entre maladie « intermittente » et maladie « persistante », ainsi que sur le retentissement sur la qualité de vie, accordant la distinction entre maladie « légère » et maladie « modérée-sévère ».

 

Qu'est-ce qu'une rhinite intermittente ou persistante ?

Une rhinite est considérée comme intermittente lorsqu'elle survient moins de quatre jours par semaine ou moins de quatre semaines consécutives par an. Elle est considérée comme persistante lorsqu'elle survient au contraire plus de quatre jours par semaine et plus de quatre semaines consécutives par an.

 

Qu'appelle-t-on rhinite légère ?

Une rhinite est considérée comme légère si le patient ne ressent aucun des symptômes suivants : troubles du sommeil, gêne entraînant une diminution des activités sociales, sportives, professionnelles ou scolaires, symptômes invalidants. À l'inverse, une rhinite est considérée comme modérée à sévère lorsque le patient souffre d'au moins un des troubles cités plus haut.

 

Pourquoi conseille-t-on d'éviter le contact avec l'allergène ?

L'idéal est d'éviter au patient d'être en contact avec l'allergène. Mais, l'éviction n'étant pas toujours possible, il est souvent nécessaire de traiter les symptômes de l'allergie.

 

Quels traitements ?

Le traitement est de deux types : soit symptomatique, soit de fond. Le traitement symptomatique fera appel aux antihistaminiques (H1), en forme orale ou locale, aux corticoïdes et aux décongestionnants nasaux. Le traitement symptomatique s'oppose aux manifestations cliniques de la maladie. Il bloque la libération ou les effets d'un ou de plusieurs médiateurs impliqués dans la réaction allergique. Le traitement de fond repose sur l'immunothérapie spécifique ou désensibilisation. Celle-ci consiste à donner de petites quantités d'allergène au patient pour que son organisme apprenne à ne plus réagir à cet allergène. Il s'agit d'un processus thérapeutique proche de la vaccination.Le médecin généraliste ou l'allergologue adaptera le traitement en fonction de la sévérité de la maladie et de son caractère persistant ou intermittent.

 

Pourquoi conseille-t-on un traitement de fond ?

Les symptômes de la rhinite allergique sont clairement secondaires à l'inhalation de l'allergène, mais il a été clairement démontré que même en l'absence de l'allergène, il persistait en dehors des phases d'exposition une inflammation de la muqueuse nasale expliquant l'hyperréactivité de la muqueuse nasale en dehors de tout contact allergénique.La nouvelle stratégie thérapeutique propose de traiter non plus en fonction des symptômes dont le patient se plaint, mais en fonction de l'inflammation de la muqueuse nasale. Avec, par conséquent, une durée de traitement prolongée, c'est à dire ne se limitant pas seulement à la période où le patient présente des symptômes.

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