Les urgences en médecine


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Les urgences en pharmacie

 

Qui n'a jamais eu le réflexe de dire, « je vais passer à la pharmacie, ils sauront m'aider ! » Face à certaines urgences, naturellement, nous pensons au pharmacien. Rien d'étonnant à cela tant les officinaux nous semblent tout à fait aptes à répondre à bon nombre de situations concernant notre santé.

C'est clairement écrit dans l'article L. 5125-1-1 A du Code de la santé publique qui définit les missions des pharmaciens d'officine, la pharmacie est le lieu naturel des premiers recours. Cela signifie qu'en plus de la dispensation d'une ordonnance et des conseils associés, le pharmacien, en concertation avec le médecin, s'implique pour un meilleur suivi du patient.  Ces missions passent notamment par le bilan avec le patient dans le cas de pathologies chroniques : hypertension, diabète, l'éducation, dépistage et prévention sanitaires ou la prise en charge du petit risque pathologique.

 

Ces actes relèvent d'un suivi logique. Il en est d'autres, plus urgents, que les pharmaciens assurent depuis bien longtemps. Cela est sans aucun doute lié au fait de pouvoir compter sur un réseau de professionnels de santé facile d'accès. Car bien sûr, il y a la proximité et qu'il y a-t-il de plus facile que de repérer une croix verte, même dans une ville inconnue. Mais, cette facilité d'accès n'explique pas à elle seule la confiance qui nous fait franchir la porte d'une officine quand l'urgence se fait sentir.

 

« En quelque sorte, c'est graver dans l'inconscient, me fait remarquer mon pharmacien. Une piqûre d'insecte ou une morsure, une chute dans la rue, une bosse sur le front, un méchant coup de soleil, une douleur dentaire insupportable, constituent autant de raisons de soigner, de conseiller, d'orienter ou de réconforter pour le pharmacien et son équipe. »

 

Parce que nous le savons tous, quand la pharmacie est ouverte, pas besoin de rendez-vous, nous y trouvons un accueil adapté et toujours bienveillant en cas de problème. Alors, oui la pharmacie se transforme parfois en centre de premiers secours. « Il n'est pas question de se substituer au médecin ou aux urgences de l'hôpital, me rassure mon pharmacien. Notre rôle est avant tout d'évaluer les besoins puis selon l'état ou la demande de prendre en charge ou d'orienter. »

 

Tous les pharmaciens ont vécu le nettoyage d'un petit bobo dans l'arrière de l'officine. Une maman affolée par un peu de sang sur des genoux écorchés rentre naturellement chez le pharmacien pour y trouver réconfort. « Nous avons tous suivi des cours de secourisme, c'est au programme de nos études, se souvient mon pharmacien. Alors, nous avons toujours une trousse d'urgence prête à servir pour ces petits accidents. Parfois, c'est une éruption de boutons qui poussent de jeunes parents à nous montrer leur bébé avant d'aller chez le médecin. D'autre fois, c'est un adulte qui vient de se faire piquer par une guêpe et qui ne se sent pas bien. Ou encore, une cheville tordue en descendant le trottoir, faut-il aller passer une radio ? »

 

On le voit, été comme hiver, le réflexe « je passe à la pharmacie » fonctionne bien. Comme me l'explique mon pharmacien, « depuis des décennies, nos concitoyens ont l'habitude de faire appel au pharmacien. Ils s'adressent à celui près de chez eux pour le quotidien ou dès qu'une question sur leur santé les taraude. De la même manière, ils se rendent à la pharmacie sur leurs lieux de vacances quand ils jugent nécessaire d'avoir rapidement l'opinion d'un professionnel de santé. Ce climat de confiance, nous le vivons chaque jour. »

 

Il n'est donc pas étonnant donc que les pouvoirs publics pensent eux aussi aux officinaux pour assurer un rôle de plus en plus important dans le parcours de santé des patients. Il importe que nous puissions tous bénéficier de la meilleure offre de soins même pour ce que parfois on nomme la bobologie.

 

Alain Grollaud

 

 

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