Les nouveaux concepts thérapeutiques


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Les nouveaux concepts thérapeutiques

Les avancées de la science en général et de la biologie en particulier sont à l'origine d'avancées majeures en thérapeutique. Certains n'hésitent pas à parler de révolution thérapeutique. Petit tour d'horizon non exhaustif évoquant les anticorps monoclonaux, les cellules souches et les nanoparticules.

 

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Les anticorps monoclonaux'

Sous cette dénomination un peu surprenante se cache l'une des innovations thérapeutiques majeures de ces dernières années, redonnant espoir dans plusieurs pathologies très difficiles à soulager jusqu'à présent.

Tout d'abord, qu'est-ce qu'un anticorps ? C'est une molécule dirigée spécifiquement contre une autre molécule, l'antigène. Cet anticorps est produit, entre autre, par les globules blancs, lors de la pénétration dans l'organisme d'agents extérieurs comme les bactéries, les virus ou les allergènes. Un anticorps est dit monoclonal lorsqu'il a été produit, de façon industrielle, par une seule lignée de cellules (le clone).

La pureté des anticorps monoclonaux permet une utilisation très ciblée soit à des fins de diagnostic (pour identifier spécifiquement un certain type de cellules ou de marqueurs, par exemple), soit à des fins thérapeutiques dans les maladies auto-immunes (maladies résultant d'un dysfonctionnement du système immunitaire qui s'attaque aux constituants normaux de l'organisme) ou certains cancers. Les progrès de la biologie moléculaire ont permis de synthétiser des anticorps dits humanisés. L'avantage est de disposer de molécules mieux tolérées.

 

'thérapeutiques actuelles pour de nombreuses pathologies

Les anticorps monoclonaux sont administrés par voie intraveineuse ou sous-cutanée. Trois mécanismes d'action sont alors possibles dans l'organisme : les anticorps peuvent bloquer l'action de certaines molécules ou récepteurs, ils peuvent cibler des cellules spécifiques ou agir comme des molécules de signalisation. Ces produits sont reconnaissables car leurs dénominations communes internationales se terminent par le suffixe « mab » ou « mumab » s'il s'agit d'anticorps totalement humanisés.

Parmi les maladies concernées par ces thérapies, l'on peut citer les maladies inflammatoires, l'asthme, les maladies rhumatoïdes comme la polyarthrite ou le lupus, les maladies auto-immunes, l'infectiologie, la cardiologie, les maladies du métabolisme, les cancers' La cancérologie, à elle seule, utilise 80 % des anticorps monoclonaux disponibles sur le marché.

Dans l'asthme, par exemple, l'anticorps est dirigé contre les immunoglobulines E directement impliquées dans les processus allergiques. En cardiologie, ce type de produit est indiqué dans la prévention de l'ischémie myocardique, donc de l'infarctus chez les patients souffrant d'angor ou en cas d'intervention coronarienne. Dans les maladies inflammatoires, les anticorps monoclonaux vont cibler le TNF alpha (molécule impliquée dans la diffusion de l'inflammation) en l'empêchant d'agir. C'est pour cette raison qu'ils sont appelés antiTNF. Leur efficacité est maintenant bien établie. Ils sont reconnus comme le traitement incontournable en cas de polyarthrite rhumatoïde à un stade avancé. Et on peut dire qu'ils ont radicalement changé la vie des malades.

 

Les cellules souches'

Chaque tissu et chaque organe du corps humain se compose de cellules distinctes. Chaque organe est spécifique et il est impossible de transférer une cellule d'un tissu à un autre. Cependant, l'embryogenèse nous montre que toutes les cellules proviennent d'une source cellulaire unique, l''uf. Celui-ci est formé de cellules initiales qui vont donner naissance à tous les types de tissus et d'organes. Elles ne sont pas encore spécialisées. Ces cellules de l'origine s'appellent cellules souches.

Il se trouve que nous gardons tout au long de notre vie une réserve de ces cellules souches. C'est à partir de ces dernières que les différents tissus se régénèrent. Elles possèdent en outre une caractéristique essentielle : leur pouvoir de se différencier et de donner naissance à des cellules de différents organes. D'où l'idée d'utiliser ces cellules souches pour reconstruire des tissus lésés, voir des organes entiers. Pour ce faire, il faut d'abord comprendre les mécanismes qui sont à l''uvre au cours de ces transformations et en particulier découvrir quels en sont les systèmes de commande. C'est tout le travail des chercheurs qui commence à porter ses fruits.

 

' un capital pour l'avenir

On distingue trois formes de cellules souches : les cellules embryonnaires qui proviennent des embryons, les cellules germinales embryonnaires qui proviennent des testicules et les cellules souches adultes comme celles de la moelle osseuse par exemple.

Les cellules souches embryonnaires sont pluripotentes, ce qui signifie qu'elles vont donner naissance à tous les tissus humains. Elles représentent un grand espoir, par contre elles posent de nombreux problèmes d'approvisionnement.

Il est beaucoup plus aisé de se procurer des cellules souches adultes, car celles-ci existent dans un grand nombre de tissus humains, dans le f'tus comme chez l'adulte. On sait maintenant que certains types de cellules souches adultes peuvent évoluer et devenir des cellules d'un autre tissu (par exemple, sous certaines conditions, des cellules souches de peau peuvent donner des cellules cardiaques). Cette plasticité ouvre de belles perspectives pour la fabrication des tissus divers tout en diminuant les risques de rejet des greffons.

 

' et déjà des applications thérapeutiques

Les premières recherches sur les cellules souches ont soulevé beaucoup d'espoir, en particulier dans la mise au point de nouvelles thérapies pour le diabète, le lupus, la maladie de Parkinson'La découverte du potentiel des cellules souches adultes a décuplé le champ du possible.

Les scientifiques ont maintenant la quasi certitude de pouvoir créer de nouveaux tissus, voire des organes entiers à greffer à partir de ces cellules souches. Nous n'en sommes malheureusement pas encore là, mais des applications font déjà partie des stratégies thérapeutiques.

La première application historique est la greffe de moelle osseuse. Celle-ci consiste à injecter des cellules souches de moelle sanguine à un individu en aplasie, c'est-à-dire ne disposant plus de cellules sanguines. Ainsi on permet à la moelle de ce sujet de « repartir ». Cette technique est souvent utilisée en cas de leucémie, par exemple.

On est maintenant capable chez des sujets, dans le cadre de travaux de de recherche clinique, de reconstruire du cartilage, des cellules du pancréas sécrétant l'insuline par exemple. Ce ne sont pas encore des techniques courantes mais cela ne saurait tarder.

 

Les nanoparticules ou comment pénétrer au c'ur des cellules

Une nanoparticule est une particule dont le diamètre est inférieur à 100 nanomètres (nm). Le nanomètre étant un million de fois plus petit que le millimètre. C'est dire qu'il s'agit de structures minuscules.

Déjà utilisées dans l'industrie (dans les peintures par exemple) ou en cosmétologie, les nanoparticules commencent à envahir le domaine du diagnostic et de la thérapeutique. L'intérêt en est évident : leur petite taille leur permet d'atteindre les endroits les plus inaccessibles de la cellule. Si on est capable de fixer sur une nanoparticule, une molécule médicamenteuse, on peut ainsi augmenter la concentration de ce médicament au site d'action et ainsi diminuer les effets indésirables sur d'autres organes. Cette voie est particulièrement intéressante pour les traitements anticancéreux. Ainsi, les cancérologues disposent maintenant de traitements spécifiques pour certains cancers du sein, du poumon, du pancréas'

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