Les allergies alimentaires


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Les allergies alimentaires

De plus en plus souvent évoquée, souvent à tort, l'allergie alimentaire peut dans de très rares cas induire des situations cliniques gravissimes. Le diagnostic n'est pas toujours aisé et nécessite une enquête minutieuse.

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Qu'est-ce que l'allergie alimentaire ?

L'allergie alimentaire est un ensemble de réactions immunitaires anormales (cutanées, digestives, etc.) survenant après l'ingestion d'un aliment particulier. Il s'agit d'une pathologie typiquement allergique, consécutive à un processus de sensibilisation.

 

Quel est le mécanisme de cette allergie ?

Du point de vue physiopathologique, l'allergie alimentaire suit un processus en deux temps, identique à toute allergie. Dans cette allergie, la voie de pénétration de l'allergène (substance étrangère à l'organisme déclenchant l'allergie) est la muqueuse digestive.

Un premier contact avec l'allergène, cliniquement inapparente, entraîne une sensibilisation à l'aliment en cause et la production d'anticorps (immunoglobulines) dirigés contre lui. Ces immunoglobulines (surtout Ig E) se fixent sur les mastocytes (cellules participant à la défense de l'organisme).

Lors d'un second contact avec l'allergène, les mastocytes sont stimulés. Ils libèrent alors des médiateurs comme l'histamine qui déclenchent la réaction allergique.

 

Cette forme d'allergie est-elle fréquente ?

Les allergies alimentaires ont progressé au cours de ces dernières années, passant de 1 % en 1970 à 6 à 8 % de la population aujourd'hui.

7 à 8 % des enfants en bas âge sont touchés, soit une fréquence double de l'adulte. Une étude anglaise rapporte que les cas de chocs anaphylactiques (réactions extrêmement violentes provoquant une forte chute de tension menaçant les organes vitaux comme le cerveau) chez les enfants de moins de 4 ans, ont été multipliés part 7 en 15 ans.

 

Quelles sont les raisons de cette augmentation du nombre de cas ?

Les raisons de cet accroissement sont probablement à chercher dans les modifications du régime et des habitudes alimentaires. En effet, de nouveaux aliments ont été introduits, venant d'autres continents (Afrique, Asie,'), de nouvelles protéines permettant de rehausser le goût, modifier la couleur et la consistance des aliments sont ajoutés dans nos plats' Or, on sait que plus un individu est soumis à des molécules nouvelles, plus il est susceptible de présenter des allergies.

Dans un même ordre d'idée, la diversification précoce de l'alimentation chez les bébés ou les nouveaux modes de préparation sont incriminés par les spécialistes.

 

Est-ce une intolérance alimentaire ?

Non, il ne faut pas confondre allergie et intolérance alimentaire. Par exemple, l'intolérance au lactose (sucre présent dans le lait) ou l'intolérance au gluten (maladie c'liaque) ne sont pas des allergies. Ces intolérances entrainent des troubles digestifs, mais contrairement aux symptômes allergiques qui surviennent immédiatement après l'ingestion de l'aliment en cause, ceux-ci apparaissent progressivement et s'installent dans la durée.

Ne pas confondre également les symptômes liés à des aliments riches en histamine ou en tyramine (poisson, fromage fermenté, salaisons ou chocolat). En cas de déficit en enzymes spécifiques, ces substances s'accumulent dans l'organisme et peuvent provoquer des symptômes voisins de ceux de l'allergie, cutanés ou respiratoires.

 

Comment se manifeste l'allergie alimentaire ?

Les manifestations cliniques des allergies alimentaires sont variables. Bien sûr, les manifestations gastro-intestinales sont au premier plan : diarrhée et vomissement mais aussi reflux gastro-'sophagien, anorexie' Mais il faut savoir y penser devant des manifestations cutanées comme l'urticaire, ou plus généralement une dermatite. De même, le médecin y pensera devant des manifestations respiratoires asthmatiques, une rhinite, une laryngite ou une toux, une dyspnée inexpliquée.

Parfois les manifestations cliniques sont loin de faire penser à une cause allergique : palpitations cardiaques, picotement au niveau de la langue et de la gorge, chute de la pression artérielle' C'est dire la difficulté du diagnostic alors.

L'origine sera plus immédiatement évoquée devant un 'dème de Quincke ('dème au niveau de la gorge) ou un choc anaphylactique pour lesquels une enquête étiologique sera systématiquement entreprise.

Enfin, chez l'enfant, il faut savoir y penser devant une cassure de la courbe de poids comme devant tout état pathologique inexpliqué.

 

Comment le médecin établira-t-il le diagnostic ?

Tout d'abord, un interrogatoire soigneux et une analyse de l'alimentation du patient devront être menés. Ils permettront d'établir la suspicion d'une origine alimentaire. Les antécédents familiaux doivent être explorés minutieusement car si l'un des parents est atopique, l'enfant a 30 % de risque de l'être, 60 % si les deux parents le sont (versus 10 % seulement si aucun des parents ne l'est).

Les tests cutanés et le dosage des Ig E spécifiques (protéines de l'allergie) confirmeront la présence d'un terrain allergique. Ces tests devront être de large spectre car il existe des allergies croisées avec les allergènes respiratoires.

Parfois on peut avoir recours à des tests diététiques (réintroduction, test de provocation) permettant de confirmer ou d'infirmer le résultat des tests cutanés.

Comment les éviter ?

Il faut savoir prendre des précautions dès le plus jeune âge surtout pour les enfants de parents allergiques. Si les enfants à risque sont allaités uniquement par le lait de leur mère pendant les six premiers mois, et qu'après on introduit lentement les aliments en retardant un peu l'introduction de certains aliments comme le lait de vache, les 'ufs, le b'uf, le poulet et le blé, il semble que les enfants présentent moins de manifestations allergiques.

Le traitement repose d'abord sur l'éviction de l'aliment en cause. Elle doit être systématique surtout si le patient est sujet à des réactions anaphylactiques. En outre, l'immunothérapie spécifique (désensibilisation) est de plus en plus pratiquée.

 

Les médicaments peuvent-ils provoquer des allergies ?

Certains médicaments peuvent provoquer une réaction allergique par eux mêmes. Associés à un allergène alimentaire, ils peuvent aggraver les manifestations de l'allergie.

Parmi ces médicaments, les plus fréquemment incriminés sont l'Aspirine, les AINS (Anti-Inflammatoires Non Stéroïdiens) pris en cas de douleurs, les bêta-bloquants prescrits dans le traitement des troubles du rythme cardiaque, l'angine de poitrine ou l'hypertension artérielle, et les Inhibiteurs de l'Enzyme de Conversion prescrits dans le traitement de l'hypertension artérielle.

 

Les aliments les plus souvent en cause

Chez l'enfant

Le lait,

L''uf,

L'arachide,

Les fruits à coque,

Le gluten.

 

Chez l'adulte

Certains fruits (pomme, poire, prune, pêche, abricot, fraise) ;

Les poissons, crustacés et/ou mollusques ;

Le gluten.

 

Il existe aussi des allergies croisées

Allergies à des substances qui ont des parties semblables comme les pommes et le pollen de bouleau.

 

Comment évolue une allergie alimentaire ?

Tout dépend de l'aliment en cause. Si le lait de vache déclenche une réaction chez un bébé, l'allergie disparaît dans 80 % des cas vers l'âge d'un à deux ans. En cas d'allergie à l''uf, celle-ci guérit d'elle-même chez 60 % des enfants vers l'âge de trois ans ;

Si c'est l'arachide, les oléagineux, les poissons et/ou les crustacés qui sont en cause, celle-ci disparaît beaucoup moins fréquemment.

 

 

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