Mieux vivre pour prévenir le cancer


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Mieux vivre pour prévenir le cancer


Le cancer fait peur et la vie moderne est accusée d'en favoriser la survenue. L'analyse montre que nos comportements individuels sont bien souvent en cause. Peut-on adopter un mode de vie qui diminuerait ce risque ? Et si oui, quelles précautions prendre ?

 

Prévenir le cancer, c'est l'ensemble de ce que l'on peut faire à titre individuel et collectif pour diminuer le risque d'être confronté un jour à cette maladie. On estime que 40 % des cancers pourraient être évités si l'on modifiait notre mode de vie. C'est tout l'intérêt de la prévention qui apparaît comme un moyen d'action essentiel pour diminuer l'impact du cancer.

 

Identifier les facteurs de risque

Il existe des facteurs de risque dits « internes », ceux qui sont liés à l'âge ou à notre patrimoine génétique. On ne peut rien faire (aujourd'hui) contre ceux-ci. 

D'autres facteurs de risque, dits « externes », sont liés à nos comportements ou à notre environnement, responsables de plus de cas de cancers que ceux générés par les facteurs internes. Par contre, on peut agir sur ceux-ci en les identifiant et en les corrigeant.

Parmi les facteurs liés à nos modes de vie, le tabac et l'alcool (voir encadré) sont respectivement le premier et le deuxième responsables. Mais il ne faut pas négliger le rôle du surpoids et de l'obésité, de l'exposition excessive aux rayonnements UV ou à certains virus ou bactéries. L'actualité a mis en avant récemment le rôle incontestable des habitudes alimentaires. En particulier, la consommation excessive de viande rouge et de charcuterie favorisent la survenue de cancers comme la faible consommation de fruits et légumes ou de fibres.



Les facteurs liés à notre environnement sont connus : certains produits physiques et chimiques (amiante, benzène, poussière de bois...), certaines substances polluantes présentes dans l'air, la terre ou l'eau et les rayonnements (d'origine naturelle, comme le radon, ou artificielle comme les rayons X).Agir au quotidien pour prévenir le cancerAttention, le « risque zéro » n'existe pas. Tout est malheureusement affaire de probabilité. Mais que ferions-nous si quelqu'un proposait un moyen efficace d'augmenter les chances de gagner au loto ? On l'adopterait. C'est ce que proposent de faire les spécialistes du cancer. Et il existe des preuves scientifiques incontestables. Pourquoi ne pas les écouter ? Ceci est une question qu'il faut se poser individuellement, sans compter sur la collectivité pour la résoudre. L'Institut national du Cancer (INCa) fait une analyse de ces facteurs de risque sur son site et propose des moyens pour les corriger. L'encadré en présente une synthèse.



Les bons conseils pour diminuer son risque de cancer

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Ne pas fumer ou arrêter

L'arrêt du tabac est immédiatement bénéfique pour le c'ur et le souffle. Quand on sait qu'un fumeur sur deux mourra d'une maladie due au tabac, il n'y a plus à tergiverser. D'autant plus que le cancer du poumon est dû à plus de 80 % au tabac et qu'il s'agit d'un des cancers les plus difficiles à guérir.

 

Limiter sa consommation d'alcool

Il est recommandé de limiter non seulement la quantité d'alcool bue à chaque occasion de consommation, mais aussi la fréquence de ces occasions. Voir l'encadré ci-joint sur cette importante question mal connue.

 

Manger équilibré

Il est recommandé de limiter la consommation de viande rouge à moins de 500 g par semaine, de charcuterie, de sel (attention, il y a du sel en grande quantité dans toutes les préparations industrielles). Parallèlement, il faut consommer au moins 5 fruits et légumes par jour et privilégier les aliments complets qui sont riches en fibres (riz, pâtes, céréales').

 

Surveiller son poids

Deux principes : diminuer l'apport énergétique et pratiquer une activité physique régulière, c'est-à-dire au moins 30 minutes d'activité physique, comme de la marche rapide.

 

Se protéger des rayons ultraviolets

Il est recommandé de protéger sa peau du soleil en évitant de s'exposer entre 11h et 16h et en s'enduisant régulièrement de crème solaire. Les bancs de bronzage artificiels sont déconseillés.

 

 

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L'alcool est la deuxième cause de cancer

La consommation de boissons alcoolisées augmente le risque des cancers des voies aéro-digestives supérieures, de l'oesophage, du côlon-rectum, du sein et du foie. La consommation de boissons alcoolisées est en France la deuxième cause de mortalité évitable par cancers, après le tabac.

Pour 2006, il a été estimé que la consommation d'alcool était responsable de plus de 9 000 décès par cancers en France. Ceci représente 9 % des décès par cancer chez l'homme et 3 % chez la femme.

L'alcool est classé cancérogène pour l'homme par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ). Les preuves, qui reposent sur de nombreuses études épidémiologiques, permettent de confirmer que la relation est convaincante pour les cancers de la bouche, du pharynx, du larynx, de l'oesophage, du côlon-rectum (chez l'homme) et du sein (chez la femme). Elle est jugée probable pour le cancer du foie et pour celui du côlon-rectum (chez la femme).

 

La relation alcool-cancer est scientifiquement établie

Des études de cohorte récentes (plus d'un million de femmes) confirment une augmentation de risque de cancer du sein de 12 % pour 10 g d'éthanol consommé par jour (correspondant à environ un verre). L'augmentation du risque pour le cancer des voies aérodigestives a été récemment estimée à 1,14 chez l'homme et 1,23 chez la femme pour 10 g d'alcool supplémentaire.

 

Le risque commence au premier verre

Le risque de cancer augmente de manière linéaire avec la dose d'alcool ingérée. Aucun seuil de consommation sans risque n'a été identifié. De plus, tous les types de boissons alcoolisées augmentent le risque ! Le facteur en cause est la quantité d'alcool pur consommée. Donc un verre égale un verre ! (voir illustration).L'arrêt de la consommation réduit le risqueDes études récentes rapportent que le risque de cancer diminue après 10 ans d'arrêt de consommation et qu'après 20 ans il redevient équivalent à celui des personnes n'ayant jamais bu.

 

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Respecter les recommandations de dépistage

Le dépistage ne permet pas toujours d'éviter le cancer. Mais il permet son diagnostic soit à un stade précoce au cours duquel le taux de guérison est important, soit à un stade de pré-cancer qui permet d'ôter la tumeur avant qu'elle ne se transforme en cancer.

C'est le cas du dépistage du cancer du col de l'utérus. Le frottis cervico-vaginal pratiqué par toute la population concernée (tous les 3 ans pour toutes les femmes jusqu'à 65 ans au moins) éradiquerait totalement ce cancer qui tue encore 1 000 femmes par an pour 3 000 nouveaux cas.

Dans le même ordre d'idée, le dépistage du cancer colorectal par test immunologique ou par coloscopie assure un repérage des polypes dont on sait qu'ils peuvent se cancériser.

La mammographie, en dépistage de masse, a prouvé qu'elle abaisse la mortalité chez les femmes de 50 ans et plus. Malheureusement, à peine la moitié des femmes la font pratiquer.

 

 

 

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