Qu'est-ce qu'une attaque de panique


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Qu'est-ce qu'une attaque de panique ?

Quand peut-on parler de trouble panique ?

 

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Le trouble panique est un trouble anxieux fréquent touchant 3 % de la population. Il constitue une entité pathologique bien spécifique aux répercussions sociales importantes pour les sujets qui en souffrent.

 

 

 

Qu'appelle-t-on attaque de panique ?

Les attaques de panique sont des crises d'angoisse aiguës, brutales et intenses, survenant spontanément ou face à certaines situations sans raison objective apparente.

 

Quelle est la différence entre attaque de panique et trouble panique ?

Le trouble panique est défini par la survenue récurrente d'attaques de panique. Pour dire qu'un sujet souffre de trouble panique, il faut qu'il ait subi plusieurs attaques de paniques suffisamment rapprochées : au moins deux en moins d'un mois. Dans la pratique, les experts conseillent de poser le diagnostic à partir de trois attaques en trois semaines.

 

Est-ce simplement une réaction de peur exagérée ?

C'est plus que cela. Il est normal de s'enfuir devant un danger imminent (explosion'). Dans ce cas, la peur est bonne conseillère car elle alerte le sujet d'un risque pour sa personne. Il est par contre déconseillé de céder à la panique, surtout dans une foule, car celle-ci va faire perdre les moyens d'analyse de la situation et la capacité à prendre la bonne décision. En un mot, il faut garder son sang froid sans céder à la panique. Mais dans ce cas, il existe bien une cause.

L'attaque de panique est tout autre chose. C'est une réaction exagérée et surtout sans cause réelle à une situation normale de la vie courante. Chaque jour, des millions de passants traversent la place de leur ville, sans inquiétude et avec bonheur. Pour certains sujets, cette situation déclenche la réaction dite d'attaque de panique.

 

Quelles en sont les répercussions sur la vie du sujet ?

L'impact au quotidien peut être redoutable et la qualité de vie très altérée. Le trouble panique peut en effet se compliquer d'agoraphobie (peur des grands espaces et de la foule) et imposer des conduites d'évitement des situations : détournement d'itinéraire, refus de sortir, changement d'activité professionnelle'

 

Combien dure une attaque de panique ?

La durée d'une attaque de panique est généralement de 20 à 30 minutes, excédant rarement une heure, s'achevant progressivement par un sentiment d'épuisement, de vulnérabilité et d'incompréhension.

 

Quelles en sont les manifestations ?

L'attaque de panique se définit par la présence de manifestations très désagréables à type de somatisation, de désarroi psychique, de difficultés à s'adapter à la situation.

La tempête somatique (l'angoisse) est au premier plan. Ces symptômes traduisent une hyperactivité neurovégétative : palpitations, transpiration, tremblements ou secousses musculaires, sensations de « souffle coupé » ou impression d'étouffement, sensation d'étranglement, douleur ou gêne thoracique, nausée ou gêne abdominale, sensation de vertige, d'instabilité, de tête vide ou impression d'évanouissement, frissons ou bouffées de chaleur ' Les patients peuvent même rapporter une sensation de déréalisation (sentiments d'irréalité) ou de dépersonnalisation (être détaché de soi), une peur de perdre le contrôle de soi ou de devenir fou, une peur de mourir

Le désarroi psychique (l'anxiété) perturbe l'affect : apparition d'un sentiment de peur sans objet avec une désorganisation des capacités intellectuelles : réflexion impossible, représentations mentales violentes, dépersonnalisation.

Un trouble de l'adaptation complète généralement le tableau, avec une brusque incapacité de se comporter de façon adaptée à l'environnement.

 

S'agit-il d'une situation d'urgence ?

D'un certain point de vue, oui. La richesse des symptômes confère à la crise un caractère d'urgence. Rapidement, en quelques minutes, aux yeux du malade, la violence des symptômes ne peut que témoigner d'un danger : crainte d'un accident cardiaque (risque d'un infarctus) ou respiratoire grave, peur de mourir, de perdre conscience, de devenir fou. Le diagnostic différentiel n'en est que plus important pour une prise en charge adaptée.

 

Avec quelles autres pathologies peut-on les confondre ?

Parmi les diagnostics qui peuvent donner des symptômes comparables, il faut penser aux intoxications (alcool, caféine, drogues), aux réactions de sevrage (alcool, tabac, opiacés, tranquillisants), aux pathologies cardio-vasculaires (angor, infarctus du myocarde, trouble du rythme), pulmonaires (asthme, embolie pulmonaire), neurologiques, endocriniennes ou métaboliques aiguës. Ceci explique qu'un patient en attaque de panique, dès qu'il est pris en charge par un médecin, va subir en urgence une batterie d'examens pour éliminer une pathologie somatique (électrocardiogramme, prise de sang,') et qu'il sera invité éventuellement à faire un bilan pulmonaire, cardiaque et biologique dans les jours qui suivent.

 

Comment s'adapte le patient souffrant d'une attaque de panique ?

L'unique désir du malade est de mettre un terme à la terrible expérience émotionnelle en cours. Les réactions comportementales sont de type fuir pour se soustraire à la souffrance, quitter le lieu public ou le magasin en courant, regagner son domicile, contacter un proche, se ruer aux urgences hospitalières.

Les tentatives d'explication de la part du malade sont anarchiques, brouillonnes, insaisissables vues de l'extérieur, laissant l'individu lui-même souvent perplexe.

 

Quelles sont les circonstances à l'origine de cette « peur d'avoir peur »

Une attaque de panique peut survenir lors de l'exposition à une situation particulièrement anxiogène pour le malade (examen professionnel à la préparation laborieuse, circonstance sociale, crises relationnelles ou affectives). Il s'agit de réactions anxieuses très ponctuelles, sans lendemain.

Chez le patient présentant un trouble panique, les crises se multiplient et surviennent sans exposition à un danger réel auxquelles s'associe une anxiété anticipatoire : la « peur d'avoir peur ».

D'une façon générale, le sujet va mettre en place tout un arsenal d'adaptation de ces activités pour éviter les situations à risque. L'anticipation anxieuse va faire naître chez le patient la crainte de la récidive d'une attaque de panique par le biais d'une anxiété anticipatoire quasi permanente. C'est cette anticipation qui a le plus d'impact sur la vie quotidienne du sujet, par la mise en jeu de tactiques d'évitement.

 

Est-ce une maladie chronique ?

Pour près de deux tiers des patients, le trouble panique va se chroniciser et durer plusieurs années. Le trouble panique se complique secondairement plus de quatre fois sur dix de dépression. Si les troubles anxieux sont fréquemment associés, il existe un lien privilégié entre conduites addictives (alcool, toxiques, médicaments) et trouble panique. Le risque suicidaire est important : 20 % de décès de paniqueurs sont dus au suicide, 44 % ont eu des idées suicidaires.

 

Quelle prise en charge proposer ?

Il n'existe pas de traitement spécifique de l'attaque de panique. Dédramatiser et informer doivent être les objectifs prioritaires face à une attaque de panique.

D'après un consensus international, les antidépresseurs, en particulier les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (certains ont cette indication), constituent le traitement préventif des attaques de panique.

Les anxiolytiques n'ont pas d'AMM pour l'indication « trouble panique », mais pour « manifestations anxieuses ». Il est donc logique de les prescrire face à une comorbidité anxieuse très présente.

Les psychothérapies comportementales et cognitives s'inspirent d'une méthodologie expérimentale permettant de comprendre et de modifier le handicap des patients. L'objectif d'une telle thérapie est, d'apprendre aux patients à mieux comprendre l'organisation de ses propres réactions afin d'en assimiler d'autres moins invalidantes.

 

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Photo Phovoir/AFL