Le tabac chez les jeunes


VPVC136 – –

Le tabac chez les jeunes

 

Si le tabagisme chez les hommes adultes est en baisse par rapport aux années 70, celui-ci progresse chez les femmes et surtout chez les jeunes ! Ce qui est particulièrement inquiétant, car c'est l'avenir qui est ainsi hypothéqué.

 

 

""

 

 

Tout d'abord trois constats : le tabac tue directement 70 000 personnes par an (c'est plus que la pollution), 80 % des fumeurs mourront d'une maladie liée au tabac et 90 % des cancers du poumon sont dus au tabac.

Comme on sait qu'il est difficile d'arrêter (mais ce n'est pas une raison pour ne pas le faire), la meilleure mesure à prendre est de ne pas commencer. De ce point de vue, l'avenir est inquiétant lorsque l'on considère la montée du tabagisme chez les jeunes.

 

À 15 ans, plus de la moitié des jeunes ont déjà fumé

 

Le pourcentage de jeunes de 17 ans fumant au moins une fois par mois est de 42 %*. Et l'initiation commence tôt puisque 9 % des élèves de 11 ans ont déjà expérimenté le tabac, 25 % à 13 ans, 56 % à 15 ans. Expérimentation ne veut évidemment pas dire tabagisme régulier et addiction. S'il est normal de « tenter » des expériences à l'adolescence, il faut encore que celles-ci ne conduisent pas à des attitudes dangereuses. Est ainsi d'emblée posé le problème de l'éducation, de l'information et de l'encadrement.

Encore plus inquiétant, les jeunes filles aussi. Une proportion importante de celles-ci seront amenées à prendre la pilule dans les années à venir, or le tabac augmente très significativement les risques cardiovasculaires chez les femmes prenant une contraception orale, avec un risque d'embolie non négligeable.

 

Des jeunes fumeurs de plus en plus dépendants

 

Le passage à l'usage régulier de tabac chez les jeunes se fait environ un an et demi après leur initiation.

Chez les 15-25 ans, selon le mini-test de Fagerström (délai entre le réveil et la première cigarette et quantité fumée en moyenne chaque jour), le pourcentage de fumeurs réguliers dépendants est de 47 % (29 % en 2000 !).

 

Des facteurs prédictifs à surveiller

 

Sur le plan social, la fin de la scolarisation et l'absence de diplôme sont des situations à risque. Dans la tranche d'âge des 15-25 ans, les scolarisés (à âge égal) sont moins nombreux à fumer que ceux qui travaillent, qui eux-mêmes le sont moins que ceux qui sont au chômage.

De même, les jeunes vivant sans leurs parents ou dont les parents sont séparés fument deux fois plus (chiffres issus du Baromètre santé). Le rôle bénéfique de l'encadrement et de l'exemplarité familiale est ainsi manifeste.

On constate une prévalence tabagique statistiquement supérieure chez les jeunes filles ayant suivi des régimes que chez celles n'en ayant pas suivi. Si on analyse la fréquence de 3 types de troubles alimentaires chez les fumeurs : 1- se faire vomir volontairement, 2- redouter de commencer à manger et ne plus pouvoir s'arrêter, 3- manquer d'appétit, on constate que ceux-ci ont une relation avec le tabagisme. Parmi les filles et jeunes femmes, on trouve 28 % de fumeuses chez celles qui ne présentent aucun des 3 troubles, 29 % chez celles présentant un seul trouble, mais 40 % chez celles présentant au moins deux de ces troubles. Il n'est donc pas à exclure que le tabagisme puisse être pratiqué plus ou moins à titre de coupe-faim et son arrêt s'en trouver plus difficile.

On ne peut donc qu'inviter les parents et l'entourage à être particulièrement vigilants auprès de ces jeunes et à les aider à ne pas commencer ou à arrêter le plus tôt possible.

*La plupart des chiffres cités sont issus de l'enquête Escapad.

 

Photo AFL/Phovoir

 

 

""