Burn out ou dépression


VPVC142 – –

Burn out ou dépression ?

 

Le syndrome d'épuisement professionnel -ou burn out- apparaît comme de plus en plus fréquent. Il ne s'agit pas réellement d'une maladie, mais d'une situation de souffrance psychique qui peut faire le lit de la dépression.

 

""

 

Selon la définition récente de la Haute Autorité de Santé (HAS), le syndrome d'épuisement professionnel, équivalent en français du terme anglais burn out, se traduit par un « épuisement physique, émotionnel et mental qui résulte d'un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel ».

On parle de burn out face à un « processus de dégradation du rapport au travail ». Attention, le syndrome d'épuisement professionnel n'est pas considéré comme une maladie par les spécialistes. Il s'agit d'une situation de souffrance psychique causée ou aggravée par le travail.

 

Un syndrome à trois dimensions

Les travaux scientifiques ont permis de définir le burn out comme un processus de dégradation du rapport subjectif au travail à travers trois dimensions.

1 ' L'épuisement émotionnel donne l'impression au sujet d'être totalement vidé de ses ressources, avec une fatigue extrême. Cet épuisement est aussi bien physique, qu'émotionnel ou psychique. Le temps de repos habituel (sommeil, congés,') ne soulage pas cette fatigue qui s'installe sur un mode chronique.

2 ' Le cynisme vis-à-vis du travail fait que l'individu devient négatif, dur, détaché vis-à-vis de son travail et des personnes (collègues, encadrement, clients, patients, etc.). Progressivement il se désinvestit de son travail et il érige (inconsciemment) une barrière entre lui et les autres : « si cela ne marche pas c'est la faute des autres ». Il s'agit d'un mouvement d'auto-préservation.

3 ' La diminution de l'accomplissement personnel dans le travail donne le sentiment d'être inefficace dans son travail et de ne pas être à la hauteur du poste. Malgré tous ses efforts, le sujet se sent dans une impasse et ne ressent plus de satisfaction, il peut même avoir le sentiment que son travail ne lui apporte plus rien.

 

Une prise en charge globale

La HAS, dans sa recommandation, insiste sur deux points : « la nécessité d'une collaboration entre médecin traitant et médecin du travail et l'importance d'un traitement individualisé qui ne fasse pas appel systématiquement aux antidépresseurs et dans lequel l'arrêt de travail occupe une place centrale. »

Un arrêt de travail est « le plus souvent » nécessaire ; celui-ci pourra être de 2 ou 3 mois selon la gravité des symptômes. De plus, si la situation de travail est vraiment toxique, il faut en extraire le sujet pour prendre du recul et voir avec le sujet et l'entreprise dans quelle mesure on peut changer les conditions de travail.

La prescription d'antidépresseurs ne doit pas être systématique puisqu'il ne s'agit pas d'une dépression. Mais une prise en charge faisant appel aux techniques psycho-thérapeutiques ou psycho-corporelles est souvent une aide utile et efficace.

 

10 %

C'est la proportion de travailleurs qui seraient potentiellement en burn out

Ce chiffre est en augmentation depuis une dizaine d'année et touche plus les hommes que les femmes.

Après les affections de l'appareil locomoteur, la souffrance psychique causée ou aggravée par le travail est le deuxième groupe d'affections d'origine professionnelle décrit dans la population salariée active française.

 

Dépression ou burn out??

Le burn out se manifeste par un épuisement à la fois physique, émotionnel et mental, souvent d'installation insidieuse. Mais fait majeur, cet épuisement ne concerne que la sphère du travail avec une démotivation selon trois axes : épuisement émotionnel, cynisme vis-à-vis du travail (déshumanisation, indifférence) et perte d'efficacité.

Bien sûr, les aspects émotionnels sont souvent ceux qui sont mis au premier plan : anxiété, tristesse, indifférence,', symptômes également retrouvés dans la dépression. D'où un risque de confusion avec la dépression.

C'est le contexte qui permettra au médecin de faire la différence. Dans la dépression, toutes les dimensions de la vie sont touchées, d'où un tableau clinique plus varié, avec un cortège d'idées noires. Le risque suicidaire doit être particulièrement évalué.

Bien évidemment ,on peut faire un burn out sans dépression, mais ce dernier peut faire le lit de la dépression.

Repérer les situations de burn out

Un changement dans l'attitude du salarié, un repli sur soi, un désengagement inhabituel sont autant de signaux qui doivent interpeller l'entourage professionnel.

Il faut être vigilant à un ensemble de signaux :

- Le salarié se plaint-il de manquer d'énergie pour accomplir son travail ?

- Fait-il part de problèmes de concentration, de manque de disponibilité mentale au travail ?

- Est-il facilement irritable ?

- Dévalorise-t-il le travail qu'il accomplit, sa propre efficacité et ses compétences ?

- Manifeste-t-il des signes de désinvestissement professionnel ?

Traquer les causes

Un récent rapport a mis en lumière les facteurs de risque à prendre en compte. Bien évidemment, il convient d'en détecter la présence pour aider au diagnostic, mais surtout pour mettre en place un plan de nature à les éviter ou à les corriger. Il s'agit essentiellement :

- intensité et organisation du travail (surcharge de travail, imprécision des missions, objectifs irréalistes, etc.) ;

- exigences émotionnelles importantes avec confrontation à la souffrance, à la mort,

- autonomie et marge de man'uvre trop restreinte ou trop importante ;

- relations dans le travail (conflits interpersonnels, manque de soutien du collectif de travail, management délétère, etc.) ;

- conflits de valeurs ;

- insécurité de l'emploi.

 

Iconograhie Phovoir/Atelier Frantz Lecarpentier

 

""