Environnement et maladies respiratoires


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Environnement et maladies respiratoires

L'environnement en général est un sujet d'actualité, tant son impact sur la santé humaine est important. Plus particulièrement, l'influence de la qualité de l'air sur la survenue ou l'aggravation des maladies respiratoires est maintenant bien établie. Petit revue de détail où l'on découvre que chacun a sa part de responsabilité.

 

L'air est indispensable à la vie. On ne peut se passer de respirer plus de quelques minutes. Ainsi, un individu inhale entre 15 000 et 30 000 litres d'air par jour en fonction de l'endroit où il habite et de ses activités. De ce point de vue, on peut dire que l'appareil respiratoire est le principal point de contact entre l'organisme et son environnement.

Du nez au plus profond des alvéoles pulmonaires, en passant par les fosses nasales, le pharynx, les bronches, l'air inhalé va entrer en contact avec la muqueuse des différents étages de l'appareil respiratoire. Dans l'immense majorité des cas, tout se passe bien. Mais, si l'air contient des impuretés que l'on appelle « polluants », l'organisme va réagir soit de façon spectaculaire et brutale comme dans les allergies respiratoires (rhume des foins par exemple), soit de façon plus insidieuse par une désorganisation lente du fonctionnement cellulaire ou de la structure de la muqueuse comme dans l'asthme ou le cancer.

 

Responsabilité collective ou individuelle ?

L'actualité met en lumière la concentration de polluants dans l'air inspiré : dioxyde d'azote, particules fines, ozone,' La mise en place de mesures tendant à diminuer ces pollutions est du point de vue de la santé publique indispensable. Malheureusement, pour être efficaces, elles passent d'abord par des décisions politiques au niveau mondial. Est-ce à dire que cette lutte échappe au citoyen pris individuellement ? Non, car chacun peut à sa propre échelle faire des économies d'énergie et privilégier les gestes moins polluants. Les petits ruisseaux font les grandes rivières !

Par contre, il y a un toute une série de comportements individuels dont on parle peu et qui pourtant sont beaucoup plus préjudiciables sur la santé individuelle. Au premier rang desquels le tabagisme. Pour un fumeur et son entourage, le tabac représente une source de polluants beaucoup plus importante que la pollution industrielle ou automobile. Rappelons qu'un fumeur a toutes les chances de mourir d'une maladie due au tabac.

Dans le même ordre d'idées, la qualité de l'air dans les lieux de vie est essentiellement dépendante de leur aération. Les mesures menées dans les logements montrent qu'un défaut d'aération peut être à l'origine de taux de polluants très élevés dans les pièces à vivre. Rappelons à ce sujet qu'un bon air est un air pauvre en gaz carbonique, donc un air régulièrement renouvelé. Une bonne mesure est d'aérer au moins deux fois par jour durant un quart d'heure toutes les pièces de son logement.

 

Quelles sont les effets des polluants sur l'appareil respiratoire ?

Des niveaux élevés de pollution peuvent déclencher des poussées d'asthme et de broncho-pneumopathie obstructive (BPCO). La pollution atmosphérique augmente également le risque d'événements cardiovasculaires graves (infarctus du myocarde par exemple) et le développement d'une maladie coronarienne. Les personnes vivant dans des zones de trafic routier important sont notamment à risque, en particulier lorsque les inversions thermiques entraînent une stagnation de l'air,. Tous les agents polluants aériens (oxydes d'azote, oxydes de soufre, ozone, plomb, particules), sauf le monoxyde de carbone et le plomb, provoquent une hyperactivité des voies respiratoires. Une exposition à long terme peut augmenter les infections respiratoires et les symptômes dans la population générale, en particulier chez l'enfant.

 

L'environnement intérieur de mieux en mieux connus

Depuis une dizaine d'années, on connait mieux l'environnement intérieur (habitat, classe, lieu de travail non industriel, endroit recevant du public,').
Grâce à des études de grande envergure comme l'Observatoire de qualité de l'air intérieur, nous connaissons le niveau moyen d'exposition aux allergènes d'acariens à domicile de nos compatriotes. La concentration moyenne en allergènes majeurs est faible. Seules quelques maisons (moins de 10 %) ont des niveaux très importants. Des résultats semblables ont été retrouvés en Europe et également aux États-Unis. À côté des allergènes domestiques, d'autres polluants ont été découverts comme les endotoxines et les polluants chimiques.
Il ne faut pas oublier les moisissures qui représentent à elles seules un facteur de risque d'allergie mais aussi d'asthme. Elles sont capables, par les composés organiques volatils qu'elles libèrent et les mycotoxines, de provoquer une toux chez le nouveau-né, l'enfant et l'adulte.

 

Conséquences pour les sujets sensibles

La fréquence de l'asthme est de 10 à 12 % chez les 13-14 ans, celle de l'allergie clinique patente (asthme, rhinite, conjonctivite) de 30 % chez ceux nés après 1980 ; quant à la rhinite allergique, elle peut toucher entre 15 et 25 % de la population.

On sait que les allergiques subissent une aggravation de leur asthme (ou de leur rhinite) au contact des allergènes. La pollution joue un rôle délétère supplémentaire car les substances chimiques, soit augmentent les symptômes, soit déclenchent des crises pour des quantités d'allergènes de niveau faible. Ainsi, les allergiques vont être plus sensibles à un ensemble de polluants potentiellement présents dans l'environnement domestique. Pour proposer une prévention des symptômes, il faudra proposer une éviction globale de toutes ces substances. Ce qui n'est pas toujours possible, mais il est toujours faisable de respecter les règles d'hygiène et d'aérer abondement.

 

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